Gunslinger - Earthquake in E Minor Gunslinger, un groupe dont le premier album écrit au tout début des années 80 sort finalement quasi trois décennies plus tard. Earthquake in E Minor, un disque au titre finalement un peu incongru certes (le gros son metal des années 1990/2000 et depuis passé par là...), mais au feeling qui renvoie invariablement aux heures de gloire de la musique amplifiée. Et il faut dire que dès "Night song", titre inaugural de ladite plaque, on part sur les chapeaux de roue, les guitares électrisent l'atmosphère, le côté power-rock prend parfois le pas sur l'aspect psyché de la musique du trio, d'autres fois, ce sont quelques relents de punk originel qui transpirent des riffs que nous lâchent ces anglais qui ont forcément été marqués à jamais par le son "made in Hawkwind". Un "If the bombs don't get ya, the bullets will" mené à fond les manettes avec une maestria technique de tous les instant, un "Shellshocked" très prog dans l'âme, pas de doute possible : l'esprit des 70's s'est littéralement emparé de ce disque. Et les titres qui le composent rendent systématiquement justice au groove bien heavy des combos de l'époque.
Riffing accrocheur ("Savage love"), solo dément (la grosse tuerie qu'est "Blitzkrieg baby"), si les débuts de l'album pouvaient paraître un peu timides, Gunslinger gagne en puissance et en lourdeur au fil des morceaux. Place donc aux "Cyanide" et autres "Hymn of the wild", véritables manifestes écrits en hommage aux Dieux du Rock. Et tout y passe. Depuis les mélodies qui font mouche, jusqu'aux petits breaks sulfureux en passant par un chant complètement en phase avec ses lignes de gratte qui flinguent à tout va. Space rock aux tendances heavy, Earthquake in E Minor est un disque qui assume son caractère psychédélique ("Warhorse") mais ce, sans oublier d'offrir quelques bonnes rasades de gros son bien puissant aux esgourdes des fidèles inconditionnels du genre (l'éponyme "Gunslinger"). Un petit tube pour refermer cet album avec la bombe "Going for the kill", un rythme de fou furieux, des guitares qui crachent le feu et un chorus entêtant. Là pas de doute, les vieilles gloires du rock sont de retour... et font la leçon aux jeunots qui veulent se prendre pour des durs (on cite des noms ?). Et comme ça fonctionne à plein régime, le groupe s'est reformé pour honorer comme il se doit cette galette gorgée de pépites old-school au feeling rock intemporel.