Guano Apes arrive dans mes oreilles via la télé allemande et un hit "Lords of the board", un titre terrible qui m'a lancé dans une quête incroyable, celle de l'album de Guano Apes. Un groupe de jeunes (Dennis à la batterie, Sandra au chant, Henning à la guitare et Stefan sur la basse) qui a gagné un concours "Local Heroes" et qui grâce à la radio Ffn et à la chaîne Viva se retrouve propulsé sur le devant de la scène médiatique alternative. On doit être en 97, quelque chose comme ça et aucun disquaire n'a de "quoi ? Kouano heps ?", non Guano Apes est inconnu en France. Sur les bonnes chaînes allemandes, les clips s'enchaînent, "Open your eyes" me rend encore plus dingue de ne pas trouver l'album. "Rain" puis "Dont' you turn your back on me" sont des vraies tubes, les français passent à côté et pourtant, l'Allemagne, c'est juste à côté aussi... Il n'y plus de ligne Maginot mas la frontière semble étanche. Et voilà que Superock sur MTv Europe en rajoute une couche, au milieu de la nuit les clips commencent à tourner... Mais les disquaires sont toujours incapables de fournir le sacro-saint-skeud : Proud like a god. Et puis un jour, alors que ma quête semblait perdue, le hasard m'amène chez un petit dealer de disques, dans ses bacs, le Graal (et un autre Graal, l'album d'Ethyline) : Proud like a god.
Aprés avoir vu (toujours sur les chaînes allemandes et surtout Viva Zwei) un concert ahurissant du groupe, je m'arrange pour choper un pirate. Et oui ! Je n'étais pas le seul en France à avoir découvert la mine Guano Apes, HIVer en est tout aussi dingue. Le boot arrive donc jusqu'à me soreilles avec le morceau de la révélation ("Lords of the board") en live et le "Dont' you turn your back on me" en live et en studio. La quête est achevée. Enfin non, puisque ce premier album en appelle un deuxième, il se prépare, outre-Rhin, on trépigne et de ce côté-ci on se demande s'il va sortir et être distribué comme il le mérite... La sortie de l'album Don't give me names se rapproche, on calme les fans avec un digipak et le clip de "Big in Japan" (une reprise d'Alphaville) qui font fureur en Allemagne, on n'en trouve pas trace en France mais l'album y sera quand même distribué ! BMG se charge de tout, Guano Apes cartonne partout en Europe, tourne aux USA, il serait dômmage que le marché français ne s'en empare pas. La maison de disque a donc envie (d'en vendre) de les faire connaître. Enfin, pas trop non plus, si les WebZines réclament des CDs pour en parler maintenant... Enfin, on le trouve presque partout ce superbe digipak alors ça va... L'attaché de presse en France est lui beaucoup plus enclin à faire connaître le groupe et l'interview est une formalité, tout se passe dans un trés bon esprit et le 1er concert français du combo réjouit les fans ! En attendant le suivant, on peut toujours mater les chaînes allemandes et s'écouter les disques...
Prés de trois ans plus tard, nos rapports avec les maisons de disques se sont bonifiés (proportionnellement à l'augmentation de notre nombre de visiteurs (c'est étrange non ?), bref, BMG est aux petits soins (ils ont aussi certainement revu leur politique vis-à-vis du web) et on aura droit à l'advance de Walking on a thin line, ça tombe bien parce que la chaîne allemande de référence, Viva Zwei, a rendu l'âme au profit (!) de Viva Plus qui ressemble Plus à Bloomberg TV qu'à MTV 2, les clips de Guano Apes et de rock en général s'y font rare... L'album sort en février, fait un carton dans plusieurs pays européens, arrive même N°1 en Allemagne où la tournée affiche complet, un concert est retransmis en direct sur le net... Guano Apes assume désormais son statut de groupe leader en Allemagne ... mais se fait toujours aussi discret en France...

En 2004, le groupe se sépare, Sandra Nasic se lance dans une décevante carrière solo pendant que les trois autres forment Tamoto.