Greenleaf - Nest of Vipers Cinq années voire un peu plus se sont écoulées depuis le très solide Agents of Ahriman et les suédois du super-groupe Greenleaf sont de retour aux affaires avec Nest of vipers, toujours distribué par l'une des références en matières de desert-rock/stoner/psyché qu'est Small Stone Records (Abrahma, Acid King, Dozer, Hackman, Lo-Pan, Roadsaw...) et porteur d'un joli contingent de titres power-rock foudroyant et accrocheurs. Back to business.
Neuf titres joyeusement propulsés dans les enceintes en un peu moins de quarante-quatre minutes, une grosse palanquées de riffs furieusement rock'n'roll, des mélodies qui nous arrivent dans les écoutilles bien droites dans leurs bottines et une sacrée envie de cracher du décibel, les scandinaves ont goûté aux joies du désert américain sous un soleil de plomb et y ont pris goût.

Foncièrement rock, au sens le plus strict du terme, inflammables et enflammés, les premiers titres déboulent avec une grosse envie contaminatrice et "Jack Staff", "Case of Fidelity" ou "Lilith" balancent une bonne dose de cool sur la platine. Les morceaux sont drôlement bien fuselées, les mélodies ficelées pour satelliser la concurrence par leur efficacité et Greenleaf se laisse écouter avec un plaisir immédiat, non feint, et là encore communicatif. Mais démontre aussi avec des titres comme "Tree of life" puis "Dreamcatcher" qu'il sait y faire aussi dans une veine plus heavy blues désertique et enfumé façon The Dead Weather, avant de réeclencher les turbines sur "Sunken chips". Dans ce registre-là, la recette des nordiques, qui réunissent désormais des membres de Dozer et Truckfighters de manière à former très officiellement un véritable all-stars band venu froid, a beau être un peu immuable, elle fonctionne encore et toujours aussi bien ("The timeline's history").

Même sur un final psyché et vintage à souhait (l'éponyme "Nest of vipers") pour lequel le groupe s'est attaché les services de l'orgue de l'ex-Opeth Per Wiberg, pour un résultat aussi personnel qu'inspiré. Une bonne manière de boucler un album à qui il ne manque finalement que quelques étincelles pour flirter avec l'excellence. Mais en l'état, du bon boulot bien rock'n'roll solidement ouvragé.