Gran Mono - Ocean of nothing Ils sont trois, ils sont expérimentés (puisque déjà à l'œuvre avec différents combos genre Geneva, 10 000, Poumon ou Superbock Matador) et envoient du gras bien lourd et distordu. Voici Gran Mono et un premier EP qui navigue entre noise et sludge avec un son bien dégueulasse comme il faut et un truc qui ressemble parfois assez peu à du chant qui dégouline par-dessus. Si j'hésite entre poisseux, gluant et marécageux au rayon des adjectifs, tu comprends l'idée... La voix agressive est bien plus excitante que celle qui laisse traîner la justesse avec le timbre, c'est donc vers les ambiances et la tonalité globale du combo qu'on tourne les oreilles pour profiter de cet Ocean of nothing. On se retrouve à faire un saut dans un garage des années 90 où des instruments rouillés sont accrochés au mur, les tâches d'huile humidifient le sol et trois gaillards s'excitent sur leurs instrus faisant fi des schémas classiques de la composition rock au profit d'un esprit,d' une mentalité. On veut bien être sympa mais à un moment donné, faut que ça fasse mal et qu'on sature l'espace ("Down" le titre est-il un clin d'œil au groupe ou ne sert-il que le propos laissant penser que les noms des morceaux forment une phrase ?). Oreilles sensibles s'abstenir.