Goodbye Diana : Odds & ends Après un Mobilhome convaincant, Goodbye Diana sort son premier opus longue durée et sans perdre de son humour nous torture gaiement les méninges avec des constructions alambiquées, saturées mais savoureuses.
Autant l'annoncer tout de suite, si tu es migraineux, inattentif ou du genre à vouloir tout comprendre ce qui passe par tes oreilles, passe ton chemin et farcis-toi le dernier (on peut l'espérer) Coldplay. Car les Héraultais ne jouent jamais la facilité et préfèrent les chemins tortueux bordés par des ravins que les autoroutes radiophoniques. Perte de contrôle, demi-tour sans les rétro, poursuite, arrachage des ligaments, en moins de 10 minutes, on pourrait avoir rebaptiser Goodbye Diana en Goodbye Ribery tant la prestation du footeux contre l'Italie lors de l'Euro 2008 ressemble au départ d'Odds & ends, difficile à suivre et toujours proche de la rupture... Sauf que Ribery a explosé et que dans le cas présent, c'est nous qui explosons et pas le groupe qui change de peau pour celle d'un sélectionneur qui fait rentrer un joueur et le remet sur le banc quinze minutes plus tard, n'essayez pas de comprendre et subissez, voilà le message. Cessons les analogies foireuses car ici il n'est pas question d'échec ou de rencontre apathique et défensive, bien au contraire, Goodbye Diana va toujours de l'avant, pas forcément en ligne droite mais avec appels, contre-appels et jeu dans l'espace, arrive à donner le tournis à toutes nos défenses sensorielles. Le rythme n'est pas toujours celui d'une contre-attaque, mais quand ça se calme, ça devient inquiétant ("Saccado"). "Saccado" justement, encore un nom pas choisi au hasard ! Croisement de "saccade", "staccato" et "sac à dos" (!), il montre toute la finesse et l'humour d'un groupe sans textes qui en dit long en quelques titres (toi aussi, retrouve d'où viennent les créations "Bigglenot" ou "Marwine"...).
Odds & ends, plus que les fins, Goodbye Diana explore les possibilités d'une musique rock instrumentale où les fractales croisent le chaos, une musique qui demande beaucoup d'énergie à son auditeur qui, bien que malmené, risque d'en redemander...