God Damn Trio anglais se définissant comme groupe de black country (voilà qui est original), God Damn (UK) (à ne pas confondre avec les God Damn déjà chroniqués ici) a choisi la date symbolique du 14 février pour dégouliner avec rage et noirceur onze titres composant God damn, son troisième album. Grand bien lui en fasse. Car God Damn (UK), c'est bien plus efficace qu'un bouquet de roses et bien plus percutant que la divulgation sous forme de révélations de la vie sexuelle de Benjamin Griveaux.

Résolument noise, délicieusement pop et indéfiniment rock, God Damn (UK) pilonne sans retenue pendant près de quarante minutes l'auditeur qui a intérêt à avoir le cœur bien accroché. À la manière d'un Baby Chaos, d'un Smashing Pumpkins grungy ou d'un Jesus Lizard des grands jours, God Damn excelle dans la distorsion des sons sous fond de mélodies entraînantes ("Hi ho zero", single parfait), d'éléments pop so british ("High frequency words") ou d'envolées high energy ("We are one"). Ça dégueule de fuzz (même sur la supposée ballade "Satellite prongs" qui se révélera être un sacré bordel sonore), ça transpire d'influences diverses et variées avec toujours en toile de fond de véritables mélodies attachantes, et jamais ça ne manque de bon goût. La production sert à la perfection l'univers torturé du trio en constante quête de (mal)saines expérimentations sonores (certaines prises de batterie ont été enregistrées dans une station de métro !) dans le but premier d'hurler au monde son mal être ou sa colère.. Les esprits sont torturés, et ça se ressent dans l'écriture de cet album presque parfait. Si bien que God Damn (UK) pourrait bien reprendre le flambeau d'un Frank Carter en panne d'inspiration noise tordue.

Onze titres, onze manières de dire merde au conformisme, et onze preuves que le rock dérangé et dérangeant a encore de belles nuits noires devant lui. I believe in God Damn (UK) !