Hey! Hello! Il y a différentes façons de chroniquer un disque. Evidemment, pour celle que vous êtes en train de lire, il m'a fallu mon ordinateur, car je ne suis pas du genre à écrire mes textes à l'encre et à scanner le tout pour que mon ami Keipoth s'amuse à recopier l'ensemble de ses petits doigts agiles. Non, je ne parlais pas de la mise en page ou tout ça. Je vous parle d'appréhender la chronique d'un album. Parfois, deux écoutes me permettent, dans une excitation extrême, de coucher numériquement mon appétit de faire partager mes sensations. Il m'arrive également d'écouter la galette des dizaines de fois pour être certain de ne pas me planter dans mon récit. Et puis, il y a le cas Ginger Wildheart avec Hey! Hello!. Un album dont je suis tombé amoureux à la première écoute, et que j'ai envoyé dans mon autoradio, mon iPod, ma chaine hifi et même dans mes songes des centaines de fois. Et je n'exagère pas. Je connais, à force d'écoutes attentives et admiratives, ce disque par coeur. Pour ne rien vous cacher, l'album sera dans les bacs dans quelques semaines, mais ayant souscrit à la sa production l'automne dernier, je suis l'heureux propriétaire, via la plateforme Pledge Music, des fichiers numériques depuis plusieurs mois. Et alors que sa version physique ne devait rester qu'une exclusivité pour les souscripteurs, l'engouement suscité par la mise en ligne "publique" de deux vidéos par le Sieur Ginger a poussé ce dernier, et après consultation des "pledgeurs", à prévoir une sortie mondiale.

Hey! Hello! est donc un des innombrables projets du leader des Wildhearts. Le gazier y joue de tous les instruments, accompagné par la voix douce et mélodieuse de Victoria Liedtke, artiste New Yorkaise et membre du Ginger Wildheart Band. Dix titres power pop acidulés et plaisants à l'écoute. Dix morceaux absolument parfaits. Rien que ça. A l'instar de "Black Valentine", première décharge de ce skeud indispensable, tout est là pour passer un bon moment : intro accrocheuse, couplets sans failles, refrain absolument génial. Si bien que j'ai conscience que mes mots ne peuvent pas retranscrire assez fidèlement le bien être que me procure ce disque, certes sans véritablement prise de risque et à la production peut être trop parfaite, mais où le génie de Ginger perfore chaque chanson. Les morceaux composés par le rouquin n'empruntent pas les structures alambiquées des Wildhearts et se contentent d'aller à l'essentiel. Tantôt rock ("Feral days"), tantôt pop ("Swimwear" et ce refrain qui te reste dans la tête pendant des décennies, le fun "I'm gonna kiss you."), les « tubes » sont sublimés par la grâce de Victoria ("Lock for rock and other sporting cliches", "The thrill of it all") qui propose une alchimie parfaite avec la voix mélodique de Ginger. Mais la pièce maitresse de Hey! Hello! est paradoxalement le morceau OVNI de ce disque : "How I survived the punk wars" est inclassable, (sur)puissant et (sur)prenant, massif et rugueux, abrasif et mélodieux. Un hymne aux textes non dénués de sens.

A la lecture de cette élogieuse chronique où mon sens de la critique est ébranlé face à ce coup de coeur, certains d'entre vous pourraient être déçus à l'écoute de disque noisy pop dégueulant de mélodies imparables et de riffs remuants. Mais j'assume et je réitère : oui, Hey! Hello! est formidable et même si ce disque restera méconnu du grand public, il fait partie de mon top 10 de ma rockothèque idéale de toute une vie. Rien que ça.