Gender Roles - Prang Ils ont un nom à faire faire des cauchemars à Christine Boutin ou n'importe quel autre participant de La Manif Pour Tous. Ils sont Anglais et sur le label Big Scary Monsters, un sacré dénicheur de talents UK (Martha, Nervus, Gnarwolves...) et distributeur européen de groupes ricains de la scène indie/emo des 90's, toujours en activité (The Get-Up Kids, Cursive, Pedro The Lion...). Ça faisait déjà deux bonnes raisons de jouer la carte curiosité, sans trop faire chauffer la carte bleue, le label en question ayant la bonne idée de proposer chaque année, entre Noël et le jour de l'An, l'opération "pay what you want" (même 0 € !) pour toutes ses prods sur bandcamp. Sympa ! Et ils sont donc la preuve auditive que la curiosité n'est pas toujours un vilain défaut mais aussi qu'il ne faut pas forcément se fier à la pochette. Je n'ai pas franchement de compétences en la matière donc je m'abstiendrai de critiquer l'artwork mais j'en ai déjà trop dit, je crois... En revanche, j'ai écouté ce disque en boucle tout le mois de janvier, converti pas mal de potes dont certains sont venus grossir les rangs de leur concert parisien le mois précédent, il était alors normal que j'en touche quelques mots ici et ce n'est pas Gui de Champi, fan transi lui aussi qui me contredira. Prang est le premier album du trio de Brighton et dès le titre d'ouverture, "You look like death", on a tous les ingrédients de leur recette pour confectionner des tubes imparables. La rythmique mid tempo bien soutenue fait le job mais ce sont surtout les mélodies de chant et parties guitares aux nombreux effets (il avait une vingtaine de pédales devant lui au concert), qui permettent au groupe de se démarquer, tout en rappelant des sonorités très nineties. Ça tricote parfois gentiment mais ça envoie surtout des gros refrains à base de power chords ("Hey with two whys") et quelques solos (mention spéciale à "Always", mon préféré), que n'auraient pas reniés Superchunk ou Dinosaur Jr, quand la bande à J. Mascis s'adonnait à ce genre de power pop grungy. Le tout réuni et synthétisé à merveille dans "Bubble", dixième et dernier morceau apothéose de l'album, alternant pendant 6 minutes passages catchy et mélancoliques, sans qu'on s'ennuie une seule seconde. Vivement la suite, même si on ne le cache pas, ça va être difficile de faire aussi bien.