Gaelle Buswel Gaelle Buswel Comment vis-tu le contexte actuel ?
C'étaient des montagnes russes émotionnelles cette période, des galères pas possibles pour tout le monde, j'ai eu très peur pour le monde des indés, de savoir ce qu'on allait devenir et on a beau faire du rock, quand ça touche à ton âme d'artiste, ça peut vite te faire sombrer. Mais on a réussi à maintenir un cap, mais ça nous demandé une énergie folle.

Tu as sorti ton album au mois de mars après une campagne participative. Quels sont les retours sur l'album ?
L'album est super bien accueilli, les fans sont aux anges, la presse a l'album en coup de cœur, ça fait vraiment plaisir. Cette aventure est juste dingue et sans les fans, cet album n'existerait pas aujourd'hui de cette façon. J'avoue quand les premières chroniques sont sorties, j'étais hallucinée, car la presse rock, féminine, et la presse nationale en ont parlé. Il faut croire que cet album touche tous les secteurs de la musique et ça, ça fait vraiment plaisir.

Comment se passe la composition car derrière ton nom, il y a une formation stable, une famille ?
Oui, c'est la famille. J'ai commencé mon premier album avec le guitariste Neal Black, il a fait tous les arrangements de mes compos et on a commencé à coécrire ensemble et j'ai trouvé ça tellement enrichissant, que sur les albums qui ont suivi, j'ai travaillé avec toute mon équipe, Michaal, Steve, JB, Angéla.

Le choix de l'anglais s'impose avec tes compos ?
J'ai toujours chanté en anglais, mes influences viennent du rock des 60s-70s, Jimmy Hendrix, Janis Joplin, ZZ Top, Joe Cocker... et puis le folk à la Neil Young... Musicalement, c'était évident.

Tu sors d'un live stream début mai fait dans un endroit magnifique, comment as-tu choisi le lieu ?
Le Village du Cirque Micheletty ! J'ai eu un vrai coup de cœur pour cette famille et pour le lieu. La pandémie m'a vraiment fait voir les choses différemment. J'avais envie de faire des collaborations que l'on ne prend jamais le temps de faire quand tu es dans la course folle de la vie de tournée. Et en plus quand tu es indé, tu passes ton temps à développer ton projet, et à enfiler toutes les casquettes pour le défendre. Et quand l'album Your journey est sorti, on avait un peu de visibilité et je me suis dit, "OK, on n'a pas de concerts, les autres secteurs de la culture souffrent autant que nous, quel secteur du spectacle on pourrait faire découvrir à nos fans et soutenir ?" J'avais ce rêve de gosse du spectacle féerique du cirque et je me suis dit, tiens pourquoi le rock n'irait pas à la rencontre du cirque. J'avais envie de surprendre le public en leur apportant quelque chose que nous n'avions jamais fait et qui fait renaître ton innocence de gamin. Et le cirque représente tout ça, et dans le cirque Micheletty, il y a une magie qui émane de ce chapiteau. Et c'était dingue ce moment de live, l'équipe d'Alidia et de l'Atelier 58 nous ont suivi dans cette folie et nous avons réussi à réunir toutes nos forces pour mettre ça en place. Un mois et demi d'organisation pour 40 minutes de live virtuel, à travers ce live, on voulait un peu redonner d'espoir aux gens et les faire rêver avec quelque chose de beau, et de dire ça, ça existait avant, c'est encore là et vous allez le retrouver bientôt, et de se dire qu'une fois qu'on sera sorti de tout ce bazar, ces moments de vies seront possibles tous ensemble.

gaelle buswel - your journey Quelle est ta chanson préférée de l'album ? Tu as préféré jouer "Your journey" en intro plutôt qu'en final de ton set. Pourquoi ce choix ? C'était en lien avec l'artiste qui faisait du tissu aérien et le côté libellule ?
Je les aime toutes, je ne peux pas choisir, mais j'ai un faible pour le texte de "Perfect Foil".... "Your journey" en début d'album et début de set de concert, je pense qu'on le doit à ZZ Top !! C'est le 1er titre qu'on a joué sur leur tournée, je me suis dit que ça nous porterait peut-être chance. Et pour "Perfect lullaby" lors du live au cirque, c'était pour le côté poétique, et on ne s'est même pas posé la question, c'était évident que ce serait sur ce titre que Jennifer Ramos nous accompagnerait au Tissu Aérien. D'ailleurs, le live complet est enfin disponible en Full HD sur Youtube !

Quand nous avons reçu le CD, nous avons été intrigués par la pochette, elle est superbe mais renvoie plus à l'esthétique Deutsche Grammophon qu'à du rock, avec une étreinte à la guitare. Cette pochette semble plus "straight to the point" que les précédentes, c'est une impression ou tu as muri au fil des albums ?
(rires) Je n'aime pas les codes, je n'aime pas les clichés, et encore moins de rentrer dans les cases. J'ai juste envie d'être moi sur une pochette d'album, c'est mon ami Guillaume Malheiro qui a réalisé cette photo et j'aimais cette sensibilité et ce côté plus posé. Eh oui, en 4 albums j'ai quand même mûri... Un album est un instant de vie.

Nous ne te referons pas le coup de la distanciation sociale sur le clip "Your journey", mais nous aimerions savoir où a été tourné le clip et ou tu rêves de voyager après le confinement ?
Oui, je pense que niveau distanciation sociale, on est bien là. Il a été tourné avant la pandémie ce clip par chance, il a été réalisé par Vincent Cerda et nous sommes allés le tourner dans le désert du Sahara, et par chance nous sommes tombés sur cette station-service hors du temps lors de notre périple.

Tu as posté sur les "Gens du spectacle". Un message très engagé et constructif. Tu es patiente ou résignée par rapport à ce qui se passe ?
J'essaye de rester positive en me disant qu'on va bien finir pas trouver une sortie de secours, mais il faut qu'on se batte. Ça a beau être mon nom sur la pochette de l'album, il y a des gens avec qui je travaille, j'ai toute une équipe derrière moi et je m'en sens responsable. Mais oui, c'était important d'en parler car sans les techniciens, un spectacle n'existe pas et nous sommes les gens du spectacle. Ce sont des structures de scène à monter, des backliners, des techniciens son, lumières, des régisseurs.... Ça représente un nombre d'emplois hallucinant en France. Et ce qu'il s'est passé pour la culture en générale est vraiment tragique je trouve, car on a retiré aux gens la seule chose qui leur permet de s'évader de leur quotidien. Pour moi, sans culture, un pays ne vit pas, car la culture artistique elle est là pour rassembler les gens, les unir et faire tomber toutes les barrières de jugements qu'on peut rencontrer au quotidien, du moins c'est ce que nous cherchons avec mon équipe à défendre dans cette musique.

Quels sont tes projets pour la suite ?
J'espère que nous repartirons au 15 juin sur la route des concerts. Mais on prépare de grandes choses pour la rentrée, une très belle tournée au rendez-vous. Nous allons nous rattraper de ce manque de concerts ! Et surtout un grand rendez-vous parisien le 27 novembre au Café de la Danse car nous comptons bien faire un concert de sortie d'album dans une de nos salles préférées !

Le mot de la fin ?
A très vite sur la route des concerts et des spectacles !