Ceux qui me connaissent comprendront, avec deux mots seulement, l'intérêt qu'il faut porter à Fugue : post-punk. Car je ne suis fan ni de Joy Division ni des Cure ni d'aucun de ces groupes cultes qui sont les sempiternelles références pour ce rock froid aux sonorités synthétiques. Mais les 5 morceaux du deuxième EP ont réussi à me toucher : les distorsions glaciales et les mélodies désenchantées sonnent juste (ce n'est pas toujours le cas pour d'autres !), la rythmique apporte une chaleur bienvenue (la basse de "Whisper" a eu très vite raison de mes quelques retenues initiales dues à un "The door" inaugural plutôt simpliste) et lie le tout pour en faire plus que du simple post-punk. Et même quand le groupe ose se perdre dans une obscurité classieuse, le titre garde une dynamique accrocheuse ("Lost"), même constat quand le ton se durcit ("Moon"), la tension monte, un électro-chaos semble vouloir s'installer et le rock montre les dents, Fugue maîtrisant alors ses fuites en avant, haussant le niveau de leur implication personnelle dans la musique laissant apparaître une fragilité dans les émotions, alors que les instruments sont plus durs. Les amateurs de post-punk ont donc un nouveau groupe à apprécier et surveiller, les autres devraient y porter une oreille attentive pour également y trouver leur compte.
Publié dans le Mag #66





