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Biographie > Post-électro pop-rock réfrigéré

Depuis 2000 et une poignées d'EP, Frigo, trio quimpérois s'amuse à allier bidouillages éléctroniques et instrumentations post-rock pour un résultat que l'on pourrait rapprocher du son des anglais de 65Daysofstatic, mais la densité en moins. Dès ses débuts discographiques et la démo 6 titres Hot songs en 2001, Frigo est soutenue par une presse spécialisées sous le charme des compositions du trio français et ne s'arrêtera pas de tarir d'éloges au fil des sorties successives du groupe. XYZ (2002), puis Teleportation en 2003, deux EP précéderont la sortie du premier véritable album et Frigo se retrouve à passer sur les ondes du réseau Férarock et des titres du groupes se retrouvent sur des samplers de magazine papiers (Elegy notamment). Malgré une promo relativement discrète mais intelligemment menée, le trio commence à se faire un petit nom sur la scène indépendante hexagonale et enregistre courant 2005 son premier LP : Funambul. Un disque qui sort dans les bacs courant mars 2006 et qui se voit accompagné d'un DVD live complètement autoproduit et intitulé Voices from the sea.

Frigo / Chronique LP > World is science fiction

Frigo - World is science fiction "Sci-Fi post-rock", là c'est presque un concept à part entière créé de toutes pièces par le trio Frigo sur ce nouvel opus. Une sorte de post-rock multi-facettes aux textures robotiques et mélodies synthétiques qui confère aux douze titres composant cet album un aspect artificiel original et pas si casse-gueule qu'on aurait pu le penser au départ. Faussement lumineux, World is science fiction est de ces œuvres retro-futuristes que l'on accueille comme de vraies curiosités. Car à l'étiquette "post-rock", les Quimpérois opposent la carte de l'originalité, la doublure électronique qui apparaît indissociable de sa griffe musicale, lui conférant un statut d'OVNI sur la scène musicale hexagonale (ouais c'était facile...). Un disque Funambul(e), porté par un timbre grave et des titres enlevés et efficaces, excellemment produits (condition sans doute nécessaire pour être ici crédible...), un résultat presque symbiotique, sur lequel éléments rock "traditionnels" et séquences électroniques parviennent à évoluer de concert sans que l'on effleure trop souvent les limites d'un concept qui aurait pu facilement devenir casse-gueule. On aime ou on n'aime pas, facile à écrire comme cela, mais l'écoute répétée de World is science fiction projette fatalement en nous cette évidence. Par ses partis-pris artistiques (de la pochette kitchissime au chant "robotique" sur certains morceaux...) comme sa réalisation quasi irréprochable, Frigo nous oblige à choisir. Soit on adhère, soit on rejette en vrac. Car ce groupe a presque inventé le post-rock pour les nerds, un cocktail sonore spatial, électro-psychédélico-cold-wave mais armé de guitares à découvrir pour les amateurs de geekeries musicales qui ne se réduisent évidemment pas qu'à ça.
"Live long and prosper" dirait ce cher Spock...

Frigo / Chronique DVD > Voices from the sea

frigo_voices_from_the_sea_dvd.jpg Un DVD autoproduit pour un jeune groupe qui sort tout juste son premier album. Info, intox ? Expérience assumée jusqu'au out ou objet vide et produit juste pour la frime ? Connaissant le travail du groupe, on pencherait pour la première hypothèse. On met la galette dans le lecteur et la réponse ne se fait attendre que quelques dixièmes de secondes. Et là non seulement on est rassuré, mais en plus on a droit à une belle surprise, car pour de l'autoproduit ça a carrément la classe. Visuellement, la présentation est élégante et les menus, fonctionnels. On passe à la découverte du contenu en se disant que décidément, Frigo après un premier album très soigné, fait les choses de manière très professionnelle. Souvent la marque des plus grands du reste... Au programme donc de ce Voices from the sea, deux lives enregistrés à Brest et St Brieux, deux clips de titres inédits ("Big grey city" et "One track mind") filmés avec une économie de moyens inhérente à la situation de tout groupe indépendant à l'heure se son premier album, un docu sur les coulisses de l'enregistrement de Funambul et last but not least des bonus comprenant des extraits live et d'interviews. Si les deux clips inédits pâtissent du peu de moyens dont diposaient le groupe pour les produire, les deux titres n'en sont pas moins des morceaux qui auraient très bien pu figurer au tracklisting de l'album. En ce qui concerne les deux lives, Frigo y interprètent des morceaux de leur album et plusieurs autres extraits de leurs précédents EP. N'ayant découvert le groupe que via Funambul, je ne suis donc pas familier de tous les morceaux joués sur ces deux lives, mais pour ceux présents sur l'album, comme "Deadly summer trip" ou "Borderline", le passage du studio à la scène se fait sans encombre. Et ce que l'on perd en acoustique (le concert à Brest se déroulant sur la Place de la Liberté et donc en plein air), on le gagne en ambiance. La musique de Frigo est en effet toujours aussi soyeuse et envoûtante, les sonorités éléctroniques se font parfois omniprésentes, parfois plus discrètes, laissant leur place aux arrangement instrumentaux et à un songwriting dépouillé. A l'instar de son premier LP, Frigo suggère habilement que tout ce que le trio fait, il le fait bien et ça, c'est sans aucun doute la marque de gens passionnés, d'artistes inspirés à l'avenir tout tracé...

Frigo / Chronique LP > Funambul

frigo_funambul.jpg A l'image de Dont Look Back, Somna ou Utopium, lorsque l'on découvre pour la première fois la musique de Frigo, on ne peut s'empêcher de penser que la scène dite "post-rock" hexagonale ne manque décidément pas de vitalité ni d'inventivité. Evidemment, des groupes tels que Mogwai ou Explosions in the Sky, tous deux américain ou écossais sont plus reconnus sur la scène internationale mais cet état de fait est plus un problème d'ordre culturel que qualitatif. Après tout, dans un autre genre, on a bien des formations telles que The Strokes ou Amusement Parks on Fire qui cassent tout outre-Manche, quand chez nous Curtiss ou A Red Season Shade peinent à percer... Question de mentalité, d'ouverture d'esprit sans doute et à ce petit jeu là (transition quand tu nous tiens...), Frigo est très fort. "Pictures of melancholy", "Draft" défilent sur la platine et l'on se dit que l'on a déjà cerné le style du groupe : post-pop nappé d'éléctro synthétique. Ce n'est pas tout à faux, mais pas non plus complètement vrai, tant le trio natif de Quimper a encore de belles surprises à nous réserver. A ce stade de Funambul, on ne comprend pas encore le sens du titre de l'album avec son contenu, mais "Lost in time" et ses mélodies lancinantes, puis "Comportment notice" et ses riffs sinueux vont nous éclairer. Toujours sur le fil du rasoir, à l'intersection de deux styles musicaux propres : l'éléctro et le post-rock, Frigo distille une musique à haute teneur émotionnelle, à la fois influencée et personnelle. On pensera évidemment à Radiohead, Mogwai, 65Daysofstatic voire Pavement et pourtant les français s'affranchissent sans difficulté de leurs modèles pour s'affirmer avec une matûrité que l'on imagine acquise au fil de leurs précédents travaux. Produit par mario Thaler (OMR), Funambul est un album qui joue avec les styles, varie sans cesse les atmosphères entre saturation appliquées, beats hypnotiques et mélodies tenues ("Westcoast voices", "Borderline"). Au milieu de ces titres tous soignées et très aboutis, deux perles ressortent du lot : "Sweetheart" et l'apparition de Troy Von Balthazar en guest de luxe puis "Deadly summer trip", sorte de voyage éléctro-pop comateux au fin fond de l'inconscient. Deux titres qui témoignent de la puissance sonique et de l'intensité émotionnelle qui ressort de ce premier album en forme de pépite mélodique aux harmonies feutrées.