frigo_funambul.jpg A l'image de Dont Look Back, Somna ou Utopium, lorsque l'on découvre pour la première fois la musique de Frigo, on ne peut s'empêcher de penser que la scène dite "post-rock" hexagonale ne manque décidément pas de vitalité ni d'inventivité. Evidemment, des groupes tels que Mogwai ou Explosions in the Sky, tous deux américain ou écossais sont plus reconnus sur la scène internationale mais cet état de fait est plus un problème d'ordre culturel que qualitatif. Après tout, dans un autre genre, on a bien des formations telles que The Strokes ou Amusement Parks on Fire qui cassent tout outre-Manche, quand chez nous Curtiss ou A Red Season Shade peinent à percer... Question de mentalité, d'ouverture d'esprit sans doute et à ce petit jeu là (transition quand tu nous tiens...), Frigo est très fort. "Pictures of melancholy", "Draft" défilent sur la platine et l'on se dit que l'on a déjà cerné le style du groupe : post-pop nappé d'éléctro synthétique. Ce n'est pas tout à faux, mais pas non plus complètement vrai, tant le trio natif de Quimper a encore de belles surprises à nous réserver. A ce stade de Funambul, on ne comprend pas encore le sens du titre de l'album avec son contenu, mais "Lost in time" et ses mélodies lancinantes, puis "Comportment notice" et ses riffs sinueux vont nous éclairer. Toujours sur le fil du rasoir, à l'intersection de deux styles musicaux propres : l'éléctro et le post-rock, Frigo distille une musique à haute teneur émotionnelle, à la fois influencée et personnelle. On pensera évidemment à Radiohead, Mogwai, 65Daysofstatic voire Pavement et pourtant les français s'affranchissent sans difficulté de leurs modèles pour s'affirmer avec une matûrité que l'on imagine acquise au fil de leurs précédents travaux. Produit par mario Thaler (OMR), Funambul est un album qui joue avec les styles, varie sans cesse les atmosphères entre saturation appliquées, beats hypnotiques et mélodies tenues ("Westcoast voices", "Borderline"). Au milieu de ces titres tous soignées et très aboutis, deux perles ressortent du lot : "Sweetheart" et l'apparition de Troy Von Balthazar en guest de luxe puis "Deadly summer trip", sorte de voyage éléctro-pop comateux au fin fond de l'inconscient. Deux titres qui témoignent de la puissance sonique et de l'intensité émotionnelle qui ressort de ce premier album en forme de pépite mélodique aux harmonies feutrées.