J'avais découvert et laissé le gang du Massachusetts en 2010, avec l'album Enemy of the world, quintessence d'un courant musical de l'époque («easycore», porté par le groupe Set Your Goals notamment), partant d'une base punk-rock galopante, avec une combinaison de chants ultra mélo et parfois plus criés, quelques gros riffs metôl appuyés par des synthés et une production mamouthesque. Tout était poussé à l'extrême, dans un pur mode entertainment à l'américaine, et en faisait la bande son idéale pour mes séances de sport/renforcement musculaire. Il y a de la musique pour tout, celle-ci se prêtant fort bien à cela.
14 ans et 4 albums plus tard, je les retrouve donc avec Analysis paralysis, quelque peu surprenant à la première écoute. L'ambiance punk-rock fun n'est plus ce qui prédomine, "Aftermathaftertought" qui ouvre le disque a un côté Nine Inch Nails et j'ai eu la bande à Trent Reznor en tête à d'autres moments, "Out of touch" ou "Dead end friend" sonnent comme du rock californien, quand "Daddy of mine" part dans absolument tous les sens (du metalcore bourrin au refrain ultra mainstream). C'est peut-être là, que paradoxalement on reste en terrain connu ; avec un jeu de guitares ne se fixant aucune limite et jouant sur différents tableaux. J'en veux pour preuve "Rollercoaster", mais je pourrais citer quasiment tous les titres.
Une fois la surprise passée - les trois albums précédents ont sûrement servi de transition - si l'on n'est pas trop réfractaire à la prod' très calibrée (à la Zebrahead) et qu'on ferme les yeux (et surtout les oreilles) sur quelques passages un poil too much, Analysis paralysis est un très bon disque pour faire le ménage ou la vaisselle. Il y a de la musique pour tout je disais, et celle-ci est importante également...
Publié dans le Mag #62


