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Voici une formation originale qui s'exerce depuis cinq ans dans un post-rock tout aussi peut conventionnel. Prenez une formation "classique" de rock (chant/guitare/basse/batterie), ajoutez-y 3 saxophones (alto, ténor et baryton) et vous voilà avec un groupe à 7 têtes qui n'est autre que Fordilem. Le groupe est suisse, basé à Genève et c'est grâce à leur label GPS Productions (originellement un webzine, qui parallèlement à son activité de départ, a monté un label) que le groupe a pu sortir son premier album début 2005. Coté scène, Fordilem a déjà joué avec Meï Teï Shô, Bertrude Bartok, Donkey Skonk ou Three Feet Cats. [ GPS Productions: site du label (9 hits)External ]

Fordilem / Chronique LP > Post laborem

Fordilem : Post laborem Présentée comme une formation de post-rock, Fordilem s'enveloppe parfois de teintes ska par l'intermédiaire des 3 saxophones composant le groupe. Alors, Fordilem, serait-ce du post-ska ? Je sais, c'est dur à expliquer mais ce n'est pas vraiment le cas.
Avec ce disque, ce n'est déjà pas au petit jeu des ressemblances qu'on pourra dresser un portrait de ces 7 là ! Car Fordilem développe des arguments rarement rencontrés. Là où la plupart des groupes emploient des cuivres pour apporter la joie et la bonne humeur dans leurs compositions, les Genevois n'abordent pas les choses de la même manière. Une atmosphère très spéciale se dégage de ce Post laborem, ambiance difficile à retranscrire, toute en nuances. A l'image de la pochette : des dégradés de gris vacillants entre obscurité inquiétante et éclaircies réconfortantes. Fordilem s'enfonce dans une sorte de dépression qui, paradoxalement, n'est jamais déprimante, laissant toujours entrevoir là-bas un horizon plus chaleureux ("Repos").
Le groupe s'amuse avec les titres du disque, par exemple en intitulant la quatrième piste "Epilogue" ou en désignant d' "Ephémère" la dernière piste qui s'exprime pourtant sur plus de 6 minutes et offre une riche conclusion à cet album.
La grosse base rock du groupe ne l'empêche pas de s'aventurer sur des territoires plus éloignés. Ainsi "Simple et sincère" jouxte un ska énergique tandis que les cuivres de "Mon sang" font transparaître une touche jazz. En ce qui concerne la guitare, il lui arrive d'emprunter des riffs des plus racés, pouvant être plus facilement étiquetés de "métal". Mais ces éléments n'ébrèchent en rien la cohérence des 12 titres de Post laborem. Si les compositions ne font pas preuve de faiblesse, la production, elle, semble fournir un son compressé, écrasant la voix de Cyril.Ceci est d'autant plus dommage car les textes, exclusivement en français, ne sont pas dénués d'intérêt ("La fin du mythe","Un sur cinq").
Au final, on a un album d'aplomb, riche et cohérent, qui charmera par ses contrastes clairs/obscurs et son approche un tantinet différente de l'emploi de cuivres.