Foggy Bottom J'ai entendu parler pour la première fois de Foggy Bottom il y a quelques mois, alors que le trio existe depuis la fin des années 90. Shame on me ! Ou plutôt honte sur moi car le groupe lorrain (ici c'est Thionville, pas Paris, même si un de leur titre dit le contraire), après une rapide escapade dans la langue de Shakespeare à ses débuts, a très vite eu l'audace et l'envie d'utiliser celle de Molière. Et Johnny. Quand le label Nineteen Something fait un travail salutaire d'archivage digital et de rééditions physiques des plus beaux fleurons de la scène rock hexagonale (Les Thugs, Les Rats, Dirty Hands...), sa filiale Twenty Something, se concentre elle sur la scène actuelle et les plus ou moins jeunes talents que sont LANE, Zero Gain, Les Soucoupes Violentes et donc, Foggy Bottom.

Une histoire à l'envers, leur troisième album est sorti en janvier, faisant rapidement suite à Sur le fil, si l'on compare à Foggy Bottom LP, le premier, datant lui de 2004. Bon, jeune n'est peut-être pas le qualificatif le plus adapté au groupe mais pour ce qui est du talent, ce n'est là pas du tout usurpé. A la première écoute les morceaux nous happent, les refrains restent en tête, à la deuxième on les connaît par cœur et dès la troisième, on se surprend à siffloter inconsciemment le riff de "Je te vois encore" (ou n'importe quel autre des nombreux tubes du disque), le matin en marchant pour aller au taff. C'est rarement chose aisée de faire correctement rimer power pop, puisque c'est de cela dont il s'agit et chant en français, sans que cela ne tourne à la mauvaise variété (pléonasme), au putassier mais ici cela fonctionne à merveille. Grosse guitare bien mise en avant dans le mix, par nappes avec des accents shoegaze et des chouettes mélodies, des paroles faussement naïves pour au final des chansons ultra efficaces. En gros on a une sorte de mélange improbable entre Etienne Daho et Bob Mould ou, pour citer des références plus coutumières du W-Fenec, entre Billy The Kill et Les Thugs (encore eux). Si si, je ne dis pas "Que des conneries" (un autre des tubes du disque), embarquez donc "Dans ce train" (LE tube !) distopop et vous verrez. Oui, il y avait ce terme dans leur bio et force est de constater qu'il leur convient parfaitement. Si les programmateurs radio avaient bon goût, on retrouverait les sept titres qui composent ce disque en heavy rotation ou plutôt rotation lourde, sur les ondes mais au lieu de ça on a ... (insérez qui vous voulez) et c'est bien dommage. Tant pis pour les autres, éteignez votre radio et ruez-vous sur le bandcamp du groupe où l'on retrouve toute leur discographie.

Ah oui et pour finir, je croyais benoîtement qu'ils traînaient et tiraient leur nom d'une mauvaise blague post adolescente (bottom = fesses en argot anglais), comme on en connaît quelques-unes dans l'Est, Flying Donuts, The Rebel Assholes pour ne citer qu'eux mais non, c'est un quartier brumeux de Washington DC.