Flying Donuts vs I'm Afraid to Depress : le split Incroyable... franchement incroyable. Quand on voit des groupes hypra nazes (je ne citerai pas de nom, comme ça, je ne recevrai pas de mail de leur guitariste, enfin pas de risque là, ils sont on tour avec Kyo !) claquer des doigts pour sortir un skeud sur une grosse boite de disque et que les valeureux guerriers de l'indé se retrouvent obligés, faute de labels, distributeurs et autres voulant distribuer leurs albums. Objectivement, ils ne savent pas ce qu'ils perdent. Du coup, nos bons amis de Flying Donuts et leurs compères de I'm Afraid to Depress ont décidé de sortir leur split album... sur le net. Profitons en, c'est pas sûr qu'il reste 666 ans sur le site des Flying. Cinq titres (deux pour les punks, trois pour les coreux) et enfin un "disque virtuel" pour graver "digitalement" leur union après la création de leur asso José Records. Flying Donuts, on connaît, merci, on va pas en remettre une couche et affirmer sans équivoque que c'est bien l'un des meilleurs groupes du circuit en ce moment. I'm Afraid to Depress, on connaît peut-être un tout petit peu moins. Groupe lui aussi des Vosges, les IATD roulent leur bosse depuis 2002. Dans un style mixant pas mal de hardcore, de grosses suées de rock et quelques piments de punk, I'm Afraid to Depress fait son petit bonhomme de chemin en sortant un maxi 5 titres en 2003 et en donnant des concerts francs et énergiques, ayant déjà partagé les scènes avec Blockheads, Nostromo, Seven Hate... et bien sûr les Flying.
C'est justement à ces derniers d'ouvrir le bal avec deux morceaux bien connus pour ceux qui suivent le groupe de prés, notamment en allant voir leurs concerts. "Versatile" et "Runnin' to survive" sont de purs produits Flying époque quatuor. Et sans vous mentir, en m'enfournant les deux titres dans mes oreilles, j'ai quelque peu halluciné. Maturité aussi bien dans la mise en place que dans l'enregistrement pour un groupe qu'on a plus l'habitude de voir suer des couilles sur scène et qui par ces deux titres tire un super parti de son expérience studio. Putain mes enfants, quand je pense à l'album qui va sortir dans quelques semaines (mois ?) et mis en boite par Harvey Birrell (Therapy?, Buzzcocks, les Sheriffs, ça risque de développer un maximum ! "Versatile" est un véritable tube qui a son quota de guitares, de breack de batt' et de jolis passages de basse. Mais ce titre a un vraiment un "truc", LE truc mélodique qui fait la différence. C'est sûrement parce que c'est joué en mineur. Et la voix de Mimi a vraiment la classe, vraiment à l'opposé du registre discographique du groupe. A noter les duels de guitares qu'on a jamais vraiment eu l'occasion d'entendre sur des morceaux studio des Flying. Quand à "Runnin' to survive", c'est 96 secondes de putain de bonheur. Je pensais sincèrement avant d'avoir découvert ce titre que le désormais trio avait déjà sorti son tube, son titre emblématique, sa chanson culte avec "I wanna rock". Je me suis trompé. "Runnin' to survive" la détrône largement. D'accord, "I wanna" jouait dans un registre plus lent et stoner, alors que "Runnin" est au contraire un hommage au speed métal des géniaux Motorhead (et peut être aussi aux furieux de Zeke). Titre court mais intense, absolument rock baby ! En deux titres, la boucle est bouclé, tu te poses encore des questions sur Flying Donuts ? Et bah nous, sur le W-Fenec, ça fait bien longtemps qu'on ne s'en pose plus !
Il est temps de se pencher sur le cas d'I'm Afraid to Depress qui dispose de trois titres pour convaincre. Mission réussie. "Grass" nous transporte dans un univers sombre, glauque, mailsain, avec un hardcore très lourd, des voix d'outre-tombe (je reconnais très bien l'ami Jo "Alf" Aenima aux choeurs !). La puissance est là, même si le son, tout en étant correct, ne met pas en valeur ladite puissance du groupe. "Be afraid" donne également dans le registre du dérangeant. On a l'impression que le groupe part dans tous les sens tout en gardant le cap et franchement, c'est hypra efficace. Changements de tempos, breaks de folie toutes des vingt-deux secondes, des cris, des cris, IATD tabasse grave. Et "Reaction" nous achève de fort belle manière avec encore un morceau estampillé hardcore avec une bonne dose de rock. Les trois titres sont assez courts, ce qui les rend d'autant plus efficaces. Je suis de ceux qui, dans ce genre musical, préfère dix morceaux de deux minutes plutôt que cinq de quatre minutes. Je sais pas si tu piges ? Bref, chacun son truc. En tout cas, coup gagnant pour I'm Afraid to Depress qui engrange pas mal de points avec ce split sans nom. La scène vosgienne tient le bon bout, et ça, c'est pas des salades (comprendra qui voudra !).