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Biographie > Couleurs volantes

Un album, un live, les Flying Colors savent que le spectacle qu'ils offrent est ce que veulent garder leurs fans et que leur maîtrise live est plus excitante que leur travail en studio. Quelques jours après la sortie de Second nature (en septembre 2014) le combo enregistrait son concert au Z7 de Pratteln (la banlieue de Bâle, au Nord de la Suisse) en vue d'une édition double CD+BluRay ou double CD + DVD (celle chroniquée ici) et même triple vinyle.

Flying Colors s'est construit sur la renommée de ses musiciens puisque c'est une sorte de "boys band" du rock prog' ! Au départ (en 2008 !), c'était une idée folle, celle du producteur Bill Evans, il voulait regrouper des talents divers pour créer une alchimie innovante. Le résultat de ses recherches l'ont amené à convaincre et garder Mike Portnoy à la batterie (Dream Theater ou Transatlantic entre autres) qui a dans ses relations Neal Morse (aux claviers dans Transatlantic mais aussi dans Spock Beard) et le chanteur Casez Mc Pherson (ex-Alpha Rev), le tout complété par Steve Morse à la guitare (Deep Purple, Dixie Dregs) et Dave Larue à la basse (Dixie Dregs lui aussi mais également au service de Joe Satriani...). Une belle brochette qui va travailler plus ou moins ensemble (leurs emplois du temps sont chargés) sous la houlette de Peter Collins (Gary Moore, Bon Jovi, Rush, Alice Cooper, Suicidal Tendencies, The Cardigans...) et qui depuis ont donc livré deux opus studio et deux lives.

Flying Colors / Chronique LP > Third degree

Flying Colors - Third Degree Si au départ, les membres de Flying Colors pouvaient considérer ce projet comme un truc "à côté", l'importance prise par le combo fait que leur emploi du temps se dégage plus facilement quand il s'agit de bosser sur de nouvelles compositions. Et il doit leur en falloir du temps pour écrire des titres aussi complexes et aux architectures aussi travaillées que ceux présentés sur ce troisième album (le Third degree est certainement à rattacher à cette troisième galette, pas la peine d'aller chercher des interprétations autres). Côté influences/inspirations, parmi les nombreuses qu'on peut citer, je n'en citerais que deux : Pink Floyd et 2001 l'odyssée de l'espace. Quand je dis Pink Floyd, c'est celui des années 90 et de The division bell, plus accessible, plus pop et non le groupe de Roger Waters et ses démons ou celui plus psychédélique des années 60/70. Les pistes donnent dans le rock progressif avec une tonalité très douce et la mise en avant des mélodies quels que soient les instruments responsables de celles-ci. Les titres sont plaisants dans l'instant mais ce n'est qu'après de nombreuses écoutes qu'on peut en découvrir tous les secrets, les mécanismes et les détails qui font la différence. Pour 2001 l'odyssée de l'espace, le visuel entre en ligne de compte avec ces monolithes qui ne sont pas sans rappeler la pierre noire du film (et du roman) et rappelle ô combien le rock spatial est l'essence de Flying Colors. Dans le détail, on peut pousser plus loin la comparaison avec un humanoïde (un humain ? un robot ? un humain évolué ?) qui semble vouloir retenir la troisième pierre en train de tomber provoquant la chute des autres tels des dominos. Pouvons-nous changer l'ordre des choses ? Pouvons-nous éviter l'inévitable ? Les changements technologiques nous permettront-ils de construire un nouveau monde ? Autant d'interrogations qui passionnent les auteurs de science-fiction (Clarke donc mais aussi Asimov (Les robots), Heinlein (Histoire du futur, Starship Troopers), Dick (Blade Runner, Total Recall, Minority Report), Simak (Demain les chiens)...). Voyage sensationnel et introspectif, ce nouvel album du supergroupe allie écriture complexe et écoute facile (juste un poil trop pour "Love letter"), un mariage peu évident mais qui aimantera tous les amateurs de prog actuel.

Flying Colors / Chronique DVD > Second flight : Live at the Z7

Flying Colors - Second flight live at the Z7 Le show est assuré essentiellement par les qualités techniques des zicos car pour le reste, il n'y a pas grand chose : pas d'écrans géants, pas de laser, pas de jeu de scène époustouflant, un light-show très léger pour un groupe de ce calibre... Vraiment, c'est à la fois les prouesses techniques (chant d'une pureté éclatante, guitares capables de tout, basse absolument superbe et pas seulement sur les gros passages de slap, et batterie... tenue par Mike Portnoy ce qui veut tout dire) et la couleur général de ce prog rock qui fait tout le charme d'un concert de Flying Colors. Des moments assez magiques quand le groupe est à l'unisson pour servir la cause d'un rock enlevé et dynamique mais aussi quand Casey McPherson sort sa guitare sèche et sa plus belle tonalité pour interprêter "Colder months"; un titre jusque-là inédit où le groupe trouve peu à peu sa place, c'est vraiment classe. Pour le reste, c'est toujours très bon avec d'autres moments de grâce comme pour leur délicat tube "Kayla" qu'ils ont l'audace de placer avant le puissant "Shoulda coulda woulda". Le concert passe en revue Second nature de A presque Z (seul "Lost without you" manque à l'appel) et replace 5 titres de leur album éponyme dont le labyrinthique "Infinite fire" qui termine la soirée.

Outre la possibilité d'écouter le concert de trois façons différents (depuis la table de mixage ou le premier rang ?), Second flight : Live at the Z7 compile 4 clips réalisés avec des images de studio, de live ou tournées pour l'occasion ("Kayla", "Mask machine", "The fury of my love" et "A place in your world"). Image ultra léchée, caméras bien placées, montage fluide, énorme qualité de son, Flying Colors fait profiter de son expérience à son public au travers de cette sortie qui ravira les plus fans et permettra aux autres d'entrer de plein pied dans leur univers.