Flying Colors - Third Degree Si au départ, les membres de Flying Colors pouvaient considérer ce projet comme un truc "à côté", l'importance prise par le combo fait que leur emploi du temps se dégage plus facilement quand il s'agit de bosser sur de nouvelles compositions. Et il doit leur en falloir du temps pour écrire des titres aussi complexes et aux architectures aussi travaillées que ceux présentés sur ce troisième album (le Third degree est certainement à rattacher à cette troisième galette, pas la peine d'aller chercher des interprétations autres). Côté influences/inspirations, parmi les nombreuses qu'on peut citer, je n'en citerais que deux : Pink Floyd et 2001 l'odyssée de l'espace. Quand je dis Pink Floyd, c'est celui des années 90 et de The division bell, plus accessible, plus pop et non le groupe de Roger Waters et ses démons ou celui plus psychédélique des années 60/70. Les pistes donnent dans le rock progressif avec une tonalité très douce et la mise en avant des mélodies quels que soient les instruments responsables de celles-ci. Les titres sont plaisants dans l'instant mais ce n'est qu'après de nombreuses écoutes qu'on peut en découvrir tous les secrets, les mécanismes et les détails qui font la différence. Pour 2001 l'odyssée de l'espace, le visuel entre en ligne de compte avec ces monolithes qui ne sont pas sans rappeler la pierre noire du film (et du roman) et rappelle ô combien le rock spatial est l'essence de Flying Colors. Dans le détail, on peut pousser plus loin la comparaison avec un humanoïde (un humain ? un robot ? un humain évolué ?) qui semble vouloir retenir la troisième pierre en train de tomber provoquant la chute des autres tels des dominos. Pouvons-nous changer l'ordre des choses ? Pouvons-nous éviter l'inévitable ? Les changements technologiques nous permettront-ils de construire un nouveau monde ? Autant d'interrogations qui passionnent les auteurs de science-fiction (Clarke donc mais aussi Asimov (Les robots), Heinlein (Histoire du futur, Starship Troopers), Dick (Blade Runner, Total Recall, Minority Report), Simak (Demain les chiens)...). Voyage sensationnel et introspectif, ce nouvel album du supergroupe allie écriture complexe et écoute facile (juste un poil trop pour "Love letter"), un mariage peu évident mais qui aimantera tous les amateurs de prog actuel.