the flicker rock band LP Je vais être honnête, j'ai un peu traîné des oreilles avant d'écouter ce disque. Déjà, dans le colis promo envoyé par Frank Frejnik du label Twenty Something, il y avait l'album de Do Not Machine et ce dernier n'a pas arrêté de tourner. Ensuite, j'avais quelques a priori sur ce rock band The Flicker, que j'associais de par ses membres à du punk rock à papa. Rien de péjoratif là-dedans mais plutôt typé années 80, pas exactement ma décennie de prédilection, donc. Enfin, c'est pas la tronche des gars à l'intérieur du cd digipak ou la première phrase de la bio "malgré leur moyenne d'âge élevée, les membres de The Flicker (Angers) ont survécu à la pandémie..." qui allaient me faire changer d'avis. D'autant que la période actuelle, pas très funky (doux euphémisme que de dire ça), n'est pas franchement propice à écouter de la musique non essentielle, termes malheureusement à la mode en ce moment. On n'a pas envie et encore moins besoin de ça. Sauf que Frank m'avait dit avant de m'envoyer les disques : tu vas voir, ça va peut être te plaire. Et une fois n'est pas coutume, il avait raison.

Surprise, dès les premières secondes, la rythmique basse/batt' et les guitares pleines de wah-wah me font penser à un morceau d'Öfö Am, groupe de stoner rock instru de Montpellier, impression néanmoins vite balayée quand le chant arrive. Je n'accroche pas tout de suite, au début, du fait des sonorités, tonalités qui me sont moins familières et petit à petit, je m'en acclimate et cela passe bien. Très bien même. Ce sont les morceaux garage punk'n'roll qui me font d'abord pleinement rentrer dans Your last day on Earth. Des titres comme "The dark side of the hill", "Generation surrenders" ou encore "Nero playing lyre", le plus rapide, avec son refrain "They want to conquer the sun" qui renvoie au "I want to conquer the world" de Bad Religion. En tout cas c'est ainsi que je l'entends. En parlant de conquête, c'est avec "Swimming in a sewer", se révélant davantage après quelques écoutes que je finis par l'être complètement, conquis. Enfin, ok, ce n'est peut être pas le disque que j'écouterais lors de mon dernier jour sur Terre mais j'ai diamétralement revu mon jugement un peu hâtif sur le groupe et remis le CD plusieurs fois dans la platine depuis. C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes, il paraît...

Your last day on Earth est certes leur premier album mais les gars ont de la bouteille, certains jouaient dans Casbah Club il y a une trentaine d'années, si cela vous évoque quelque chose. Les deux derniers morceaux me parlent un peu moins en revanche, même si leur reprise "Radioaktivitat" de Kraftwerk a le mérite d'être personnelle et ne dénote pas trop dans l'album. Mais je vais plutôt remettre le début et notamment "Swimming in a sewer", que je mentionnais précédemment. J'adore ce titre. Il sonnait un peu comme un autre groupe et je n'arrivais pas à mettre un nom dessus, ça m'énervait. Il y avait un truc dans la voix, la manière de chanter par moments, les guitares (très mises en avant dans tout l'album, enregistré et mixé par Camille Belin au passage, de Lane, Do Not Machine... décidément le monde est petit à Angers et Twenty Something !) et tout d'un coup c'est l'illumination. Je ne sais pas si c'est voulu, si c'est une influence mais j'y trouve un côté The Bomb, excellent groupe de Chicago avec Jeff Pezzati (ex Naked Raygun) au chant.

Bon, cette chronique part un peu dans tous les sens si on fait la liste des divers groupes mentionnés mais n'hésite pas à te faire ta propre opinion et fais moi confiance, ne traîne pas des oreilles comme j'ai pu le faire.