Filago - Dance ordinaire Le trio parisien Filago franchit un cap cette année en sortant son premier album long format après deux EPs (en 2014 et en 2016), un exercice toujours périlleux mais ici bien négocié malgré l'ambition du groupe qui prend plaisir à délayer son indie rock sur dix titres tous aussi doucement aventureux les uns que les autres. Adepte d'un son et des ambiances venus du passé (années 70'/80'), Filago assume son amour pour Nick Cave et son style désenchanté, faisant mine de poser un chant (en anglais forcément) un peu au hasard sur une musique aux partitions savamment déconstruites. Maîtres dans l'art de la nonchalance, Jim, Marc-Antoine et Nico (rien à voir avec le Velvet Underground, encore que...) installent leurs mélodies dans nos crânes sans crier gare. Ils prennent des risques dans l'écriture, sortent des schémas simplistes mais arrivent toujours à trouver le son pour faire de cet album, un travail à la fois très personnel et intemporel. Je regrette juste le changement d'artwork, un autre (une photo retournée et en noir et blanc) était prévu et collait davantage à leur univers, plaisant au premier coup d'œil mais forçant à réfléchir pour en profiter davantage.