I Scream FFF est un groupe qui a façonné mon identité musicale. Free For Fever et son titre phare "Silver groover" ont considérablement marqué mes esprits tandis que FFF, le troisième album, m'a définitivement fait passer du coté lumineux de la fusion (avec le génial Persona non grata des bataves Urban Dance Squad, certainement le groupe qui m'a le plus marqué, scéniquement parlant). J'ai écumé à la fin des années 90 les salles et les festivals pour assister aux concerts de la formation de Barbès, j'ai été membre de leur fanclub et j'ai tenté de jouer dans ma chambre tous les plans de guitares de Yarol. Bref, FFF a été et demeure important pour moi. Et même si le groupe mourrait à petit feu suite à la sortie de Vierge (sans toutefois annoncer officiellement un split), j'ai toujours eu une affection particulière pour le désormais quatuor à tel point qu'il était inconcevable que je rate les retrouvailles scéniques au printemps 2014, en attendant un hypothétique retour discographique qui vient de se réaliser. FFF, Fabuleuse Formation Fantasmatique ? NON. FFF est bien vivant !!

Je suis toujours sceptique à propos des revivals musicaux qui, la plupart du temps, sont souvent bien plus navrants que constructifs. D'autant plus quand ils sont à l'initiative d'un tiers plus ou moins intéressé. Mais tout semblait réuni pour que les quatre FFFantastiques reprennent le chemin des studios pour une bonne raison. Et ils ont bien fait, car dès la première écoute d'I scream, j'ai été saisi de frissons et de bonnes vibrations. Ces sensibilités que seule la musique comme entertainment peut me procurer. Me voici de nouveau parcouru par cette sensation enivrante d'une euphorie incandescente que me procurait il y a presque trente ans déjà la découverte des disques de ces Fantastiques et Fantasques Furieux. FFF est inclassable, même si ses albums ont toujours été orientés. I scream est un disque addictif, dans l'ère du temps, composé de pépites jouissantes et de morceaux imprégnés d'une forte identité. Dès ses premières notes, ses premières mélodies vocales et ses refrains magiques, "Les magazines" envoute autant qu'il rassure : l'alchimie fonctionne toujours. La voix de Marco Prince est aussi charismatique qu'autrefois, les arrangements sont exquis et le disque ne pouvait pas mieux débuter. Alternant chant en français et en anglais, Marco est l'énergie motrice d'une formation qui fait exploser les papilles auditives dans une effusion de sonorités excitantes et étourdissantes. "All right" est langoureux et impétueux à la fois, alors que "Must let you go" et "I'm there" sont aux antipodes dans leurs sonorités mais avec comme dénominateur commun de provoquer le plaisir. Mais tout ceci n'était qu'une mise en bouche pour préparer l'auditeur à la bombe "On devient FFFou", un futur classique funk de la set list en live qui va mettre le feu aux salles et aux festivals.

La deuxième partie du disque sera un enchaînement de titres aboutis et attachants, "Tout ce qu'on FFFait" et l'accoutumant "Won't you" en tête de gondole. Rock, dansant, excitant, fiévreux, ténébreux, lumineux, libre, I scream est un peu tout ça à la fois. Le disque de quatre copains aux louables intentions et aux magiques inspirations. Retour gagnant ? Bien plus que ça : retour renversant.