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Feeder existe depuis 1992 et en est déjà à son 3ème album quand je les découvre réellement... C'est en 1995 que Grant Nicholas (guitariste chanteur) et Jon Lee (batteur) quittent leur Pays de Galles natal pour Londres où ils rencontrent Taka Hirose (bassiste), le trio signe rapidement sur le label indé Echo (The Motorcycle Rebel Club, Morcheeba). Leur power pop s'exprime pour la première fois en 1996 via un EP Swim qui leur permet de tourner davantage et de se faire connaître. C'est juste un avant-goût de leur premier album Polythene qui fait un carton Outre-Manche, Feeder participe alors aux festivals d'été et joue live un nouveau titre "High", le public en fait un tube et le groupe intègre le morceau aux rééditions de leur premier album ! Phénoménal ! Le groupe poursuit sa carrière aux Etats-Unis où ils enregistrent leur deuxième album en 1999, Yesteday went too soon est mis en boîte par Andy Wallace (Nirvana, Slayer...). La popularité du groupe grandit, ils jouent à Reading, à Glastonburry et s'attaquent même au Japon puis à l'Australie... Grant continue néanmoins de composer et leur troisième album est enregistré par Gil Norton (Pixies, Foo Fighters) en Angleterre à la fin de l'année 2000. Echo Park est l'album de référence du groupe. Fin 2001, le groupe est au sommet de sa carrière et n'imagine pas que quelques semaines plus tard, son destin va basculer avec le suicide de Jon Lee.
Feeder continue pourtant sa route et sort Comfort in Sound un an plus tard. L'album est un succès mais le groupe disparaît du devant de la scène… pour revenir au début de l'année 2005 avec son cinquième LP : Pushing the Senses.

Feeder / Chronique LP > Pushing the senses

feeder_pushing_the_senses.jpg Cinquième album pour les anglo-saxons de Feeder et toujours aucune reconnaissance en France? Et bien si, justement. Après avoir notamment sorti l'excellent Echo Park et un Comfort in Sound de très bonne facture, Feeder débarque avec sous le bras un opus intitulé Pushing the Senses. Et surprise., le single "Tumb and fall" inonde les radios de notre beau pays. Les programmateurs français ont enfin perçu le potentiel des mélodies de Feeder. Il était temps.
En toute honnêteté, il faut reconnaître que le groupe a des arguments pour convaincre avec des titres tels que "Feeling a moment", "Bitter Glass", "Tender" ou "Frequency"; tous des tubes en puissance. Feeder n'a pas cherché dans la complexité à outrance, sa musique est ici, plus encore que sur ses albums précédents, simple, accessible et surtout terriblement efficace. Grant Nicholas (qui compose tous les titres) est définitivement un excellent song-writer, ses mélodies envoûtent et apaisent, sa voix se pose à merveille sur des titres très bien écrits et produits.
Certes, certains titres sont franchement dispensables ("Morning Life", "Dove Grey Sand" et "Pushing the Senses"), les fans hardcore du groupe trouveront sans doute qu'ils sont là pour faire du remplissage et atteindre les 10 titres réglementaires. Mais le mélancolique "Pain on pain" et l'énergique "Pilgrim" relèvent largement le niveau du disque et nous fait oublier que le groupe a parfois tendance à se laisser aller à la facilité.
Avec Pushing the Senses, Feeder s'oriente vers une power-pop efficace agrémentée de sonorités rock, c'est calibré mais de très bonne facture, malgré quelques moments de faiblesse. Un EP aurait sans doute été préférable et aurait permit de mettre de côté certains titres somme toutes très oubliables, mais le grand public s'y retrouvera aisément. D'autres seront sans doute plus dubitatifs, mais la musique est aussi faite pour être écoutée. et Feeder sait rendre cette écoute agréable.

Feeder / Chronique EP > Comfort in sound

feeder_comfort_in_sound.jpg Janvier 2002, Jon Lee, batteur du groupe met fin à ses jours et laisse donc Feeder orphelin. Désormais deux, Grant Nicholas (chant/ guitare) et le bassiste Taka Hirose ne se séparent pas pour autant, continuent de jouer ensemble et entament l'écriture d'un album qui a la lourde charge de succéder à Echo Park. Celui-ci étant un album de power pop de référence pour tout bon spécialiste du genre, la tâche s'annonçait ardue. Mark Richardson, ex-batteur de Skunk Anansie rejoint alors le groupe et l'année suivante, sort le nouvel album de Feeder : Comfort in Sound.
Etant donné les circonstances dans lesquelles le duo a écrit le disque, les morceaux de ce nouvel opus s'orientent vers une pop mélodique empreinte de mélancolie ("Just the way I'm feeling", "Child You".) liée au décès de Jon Lee. Résultat des courses, si le groupe à parfois tendance à tomber un peu dans le pathos ("Forget about tomorrow", "Find the colour"), il se rattrape avec les sublimes mélodies de "Summer's Gone" ou de l'incontournable "Moonshine", des ballades pop tristes à la sensibilité à fleur de peau.
Pour autant, Feeder n'abandonne pas complètement le côté rock "rentre-dedans" qui faisait aussi le charme de leur musique dans les albums précédents. Avec "Come back around", "Helium" ou "Godzilla", les trois anglais nous offrent des titres plus catchy et énervés. Sans doute une forme de thérapie pour Grant Nicholas et Taka Hirose.
Précédé de critiques élogieuses et gros succès auprès du public, Comfort in Sound est un album réussi, impeccablement produit par Gil Norton (The Pixies), qui voit le groupe revenir de très loin pour mieux rebondir.
Qu'on se le dise, Feeder n'est pas mort et Jon Lee n'aurait pu rêver mieux comme hommage. Paix à son âme.

Feeder / Chronique LP > Echo Park

Feeder : Echo Park Feeder a la particularité de posséder à la fois un son d'ensemble identifiable "Feeder" et à la fois des compos assez différentes les unes des autres, certaines plus rock, d'autres plus électro... Ainsi, le premier titre de Echo Park "Standing on the edge" sonne très électronique, avec un rythme très marqué, une voix trafiquée, une basse sombre et une guitare qui se déchire électriquement dans le fond... La mélodie est imparable, le refrain remet tout en place, comme sur tous les titres d'ailleurs. C'est là leur force... Le sacro-saint sens de la mélodie... Celui que possède un Weezer dont nous ne sommes pas loins sur leur premier single extrait de cet album "Buck Rogers". Les guitares rock succèdent aux passages pop, c'est le plan bateau de la power pop mais ça marche à chaque fois ! Après un "Piece by piece" très teinté électro pop (dont Echo, leur label raffole, cf Big Yoga Muffin !), des titres un peu plus musclés avec "Seven days in the sun" et "We can't rewind" où la guitare est plus agressive sur les refrains et où les dédoublements de voix donnent du rythme. Cette superbe voix que Grant met en valeur sur "Turn"... Le groupe par moment peut nous faire penser aux Foo Fighters (surtout sur "Tell all your friends" !), tant ils trouvent facilement l'équilibre entre mélodie et énergie, avec un son moins électrique que Ash, plus asceptisé aussi... Mis à part sur le dernier morceau, "Bug", ils ne se lâchent pas vraiment et gardent en tête les structures qui peuvent faire de chaque titre un tube. Au Royaume-Uni la recette est connue, mais ils ne sont pas si nombreux à s'en sortir honorablement. Feeder se débrouille plutôt pas mal avec tous les ingrédients. L'album est si facile à écouter... allez goinfrons-nous !