feeder_pushing_the_senses.jpg Cinquième album pour les anglo-saxons de Feeder et toujours aucune reconnaissance en France? Et bien si, justement. Après avoir notamment sorti l'excellent Echo Park et un Comfort in Sound de très bonne facture, Feeder débarque avec sous le bras un opus intitulé Pushing the Senses. Et surprise., le single "Tumb and fall" inonde les radios de notre beau pays. Les programmateurs français ont enfin perçu le potentiel des mélodies de Feeder. Il était temps.
En toute honnêteté, il faut reconnaître que le groupe a des arguments pour convaincre avec des titres tels que "Feeling a moment", "Bitter Glass", "Tender" ou "Frequency"; tous des tubes en puissance. Feeder n'a pas cherché dans la complexité à outrance, sa musique est ici, plus encore que sur ses albums précédents, simple, accessible et surtout terriblement efficace. Grant Nicholas (qui compose tous les titres) est définitivement un excellent song-writer, ses mélodies envoûtent et apaisent, sa voix se pose à merveille sur des titres très bien écrits et produits.
Certes, certains titres sont franchement dispensables ("Morning Life", "Dove Grey Sand" et "Pushing the Senses"), les fans hardcore du groupe trouveront sans doute qu'ils sont là pour faire du remplissage et atteindre les 10 titres réglementaires. Mais le mélancolique "Pain on pain" et l'énergique "Pilgrim" relèvent largement le niveau du disque et nous fait oublier que le groupe a parfois tendance à se laisser aller à la facilité.
Avec Pushing the Senses, Feeder s'oriente vers une power-pop efficace agrémentée de sonorités rock, c'est calibré mais de très bonne facture, malgré quelques moments de faiblesse. Un EP aurait sans doute été préférable et aurait permit de mettre de côté certains titres somme toutes très oubliables, mais le grand public s'y retrouvera aisément. D'autres seront sans doute plus dubitatifs, mais la musique est aussi faite pour être écoutée. et Feeder sait rendre cette écoute agréable.