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fan attic weezer "Summertime, I press rewind and go back to a simple place" ("I need some of that", Van Weezer, 2021)

C'est pénible pour moi de revenir sur 21 ans de fanatisme consacré à Weezer, petit groupe formé en Californie un jour de Saint-Valentin en 1992. C'est pénible, parce qu'en faisant appel à mes souvenirs, j'ai peur de moins y trouver Weezer que moi-même, et ça ne sera pas pénible que pour moi. J'ai des souvenirs très précis concernant beaucoup de choses et ça pèse un peu lourd à un moment où faire de la place est mon seul remède. Un petit reset est nécessaire pour faire sang neuf. Je suis bien conscient que c'est un comble alors que je m'apprête à parler de Weezer qui a usé de ce thème assez souvent : souvenirs d'enfance et d'adolescence dans un premier temps, souvenirs de jeunesse du groupe par la suite. Pourtant, quand Guillaume m'a demandé de parler de ce rapport de fan vis-à-vis du groupe qui l'anime, je me suis dit que j'allais me forcer un peu et que finalement, ça ne pourrait pas faire de mal. Parce qu'en même temps, je ne suis pas à une contradiction près, je trouve qu'on piétine trop la nostalgie. Elle ne mérite pas ça. Alors je ne vais pas la piétiner. Je vais remettre dans son contexte ma découverte du groupe et la façon dont je l'ai suivi et le suit encore. Avant de commencer, je voulais trouver quelques mots pour décrire ce qui se cache derrière celui de "fan" tel qu'il peut décrire le rapport que j'ai entretenu avec Weezer depuis 2001. Sans trop réfléchir, enfin un petit peu, mais assez spontanément quand même, je pense que c'est une obsession guidée par une certaine tendresse doublé d'une volonté ferme de ne conserver que des impressions sans trouver la moindre preuve. Ouf ! Vous me suivez ? Le plus dur, ça va être d'achever ce que je veux dire et de laisser les preuves où elles sont.

La vie sans musique n'existe pas.

Au moment, où j'écris, j'ai 38 ans, je suis exactement dans la même pièce où, à 17/18 ans en 2001/2002, j'ai découvert mes premiers disques de Weezer. Je suis là, au milieu de la campagne, au même endroit, mais il n'y a rien qui me fasse grande impression. La pièce est la même mais "The World has turned and left me here." comme dirait l'autre. Il y a des disques partout mais ce qui n'a pas changé, c'est que j'aime toujours écouter Weezer, le récent comme l'ancien. Si ça fait 20 ans que je les écoute, Weezer eux, ça fait trente ans qu'ils courent les chemins, bigarrés pour certains, toujours les mêmes pour d'autres. C'est pas un luxe de se le répéter à haute voix. Trente ans, quasiment le même groupe de quatre personnes qui a connu de maigres variations (20 ans pour la dernière formation en date).

On est en 2022. On est aussi loin des années 90 qu'elles-mêmes l'étaient des années 60. Et au milieu de ces années 90, les années 60 étaient enfouies dans un passé lointain dont la réalité me passait à des kilomètres. Au milieu des années 90, donc, j'avais dix ans et pas de lecteur CD à la maison. On avait un tourne-disque mais il prenait la poussière, et aucun disque de rock à l'horizon. Mais la musique est présente tout le temps : les membres de la famille qui chantent sans arrêt, les chansons à la radio, dans les magasins. Histoire classique en milieu rural. Toute la musique que j'aime de ces années 90 où j'ai 10 ans, c'est-à-dire grosso-modo le rock indé, je ne l'ai découvert qu'après coup, et Weezer en est le déclic. Mais je me rappelle avoir entendu quelques trucs qui me faisaient me sentir fébrile et me faisait respirer un air pour le moins rafraîchissant. Je retiens deux moments qui ne sont que des souvenirs à moitié embrumés, à moitié solides comme un roc : la pub du Live from the Muddy Banks of the Wishkah de Nirvana qui m'ouvrait les oreilles au sens propre et figuré et "You and me song" des Wannadies qui donnait envie de fredonner. Ce qui me fait penser, avec le recul, que j'avais des prédispositions naturelles pour la pop à guitare. Mais ça n'allait pas plus loin.

Sinon, j'étais contre tout ce que j'entendais à la radio sans savoir exactement si on pouvait trouver mieux. Je trouvais que le goût de la mélodie se perdait par rapport aux chansons que je connaissais des années 60 ou 70. Aujourd'hui, forcément, je me rends compte que l'omniprésence de la variété française de cette époque s'est bien profondément enfoncée dans mon crâne et que tout n'était pas nul comme je le pensais à 10 ans. Il y a bien Souchon toutefois, qui contredit ce que je viens de dire. J'aimais déjà à l'époque. A croire que le mash-up d'"Island in the sun" et de "Foule sentimentale" sorti l'année dernière s'adresse à moi personnellement, comme un pied de nez à ces deux mondes que j'ai longtemps tenus à l'écart l'un de l'autre.

Une ritournelle entendue sur NRJ, un CD 2 titres et un tournant à prendre

En 2001, je vais au lycée à Montauban. C'est ma voisine qui m'y conduit tous les matins. Et ma voisine écoute NRJ dans la voiture. Et sur NRJ, à ce moment-là passe une chanson qui se démarque des autres. Une bonne journée commence inexorablement par un "roulez jeunesse, petit pignon grande vitesse" que lance le père de ladite voisine quand on monte en voiture et puis plus tard, pendant le trajet, la diffusion de cette chanson que j'aime à la radio. Ce qui me frappe quand je l'entends, c'est les harmonies, mais je lui trouve des défauts. Franchement aujourd'hui, je ne sais plus qu'est-ce qui me déplaisait. Je pense qu'il s'agissait de détails infimes. En tous cas, ça tranche avec le reste de la programmation d'NRJ et je respire. Je l'attends et j'en profite. Je n'entends pas les "hip, hip" au début, qui m'apprendront un nouveau mot : gimmick, je n'entends qu'un flot harmonieux qui pourrait être plus harmonieux. Je n'entends pas le passage où les guitares se déploient, je crois que ça ne s'entend jamais bien à la radio. J'entends une mélodie qui me plaît et une voix qui me plaît, dont j'ai encore aujourd'hui un peu de mal à me déscotcher. C'est une voix qui n'en fait pas des caisses, pas complètement banale, mais pas techniquement exceptionnelle. Une voix d'outsider. J'aime bien quand elle passe, cette chanson. Et puis elle finit par passer souvent. Mais je ne peux pas dire que j'y prête non plus une attention démesurée. Il se trame que les paroles ne volent pas haut, mais c'est tout ce qui se dit d'"Island in the sun" dans mon lycée. Les paroles, aussi simples soient-elles, raison pour laquelle Rivers Cuomo ne les a pas incluses dans le livret, je ne les comprends pas. Et ne pas les comprendre, ça laisse les portes grandes ouvertes. Je pense que l'histoire se terminerait là si mes sœurs ne m'avaient pas acheté le CD 2 titres de cette chanson.

La face B de ce CD 2 titres, c'est "Oh Lisa", une super chanson power pop-punk. Les guitares sont compressées mais je n'ai aucun point de comparaison à ce moment-là et contrairement à la critique redondante de l'époque, je ne pense pas que ce soit un défaut, mais il faut se mettre à la place de quelqu'un qui n'avait pas entendu Weezer depuis Pinkerton l'abrasif, de son deuxième prénom, qui lui-même avait dérouté son monde après le Blue album. En tous cas, ces guitares sur "Oh Lisa", elles remplissent le moindre recoin pendant toute la durée du morceau : TOUTE. Le solo reprend la mélodie, autre critique qui sera souvent faite au Green album, incompréhensible pour moi. C'est puissant et concis. Je n'avais jamais entendu ça et c'est là, je pense, que les choses prennent une tournure différente. Je suis complètement mordu. Je ne sais pas encore ce qu'est la power pop, mais je peux vous dire que j'aime ça ! Donc en fait, c'est purement et simplement un choc esthétique et musical. Ça aurait pu tomber sur un autre groupe, un autre morceau, mais non c'était "Oh Lisa", un truc que j'avais jamais entendu, ce qui me fait bien marrer quand je l'écoute aujourd'hui. Et pourtant, elle a une saveur particulière. C'est ce morceau que j'ai le plus réécouté en écrivant ce texte pour me rappeler de tout ça. Il sent bon ce morceau. Il sent mes 18 ans.

En tous cas, une chose est sûre, il va me falloir le Green album pour en écouter davantage. Comme "Island in the sun" est un de leurs plus grands succès en France, super, je le trouve facilement au Centre Culturel Leclerc. Montauban étant pauvre en disquaires, il n'y avait que ça et Tempo, mais je n'en étais pas encore au stade d'aller chez Tempo. Et là, j'écoute tout avec la plus grande attention, je retourne le livret dans tous les sens. "Torniamo all antico e sarà un progresso", paraît-il. Je me familiarise avec le nom de Ric Ocasek, avant de tomber amoureux de la reprise (très lo-fi) qu'a faite Weezer de "Just what I needed" et d'acheter Candy-O, premier album des Cars que je trouverai (c'est pas sur celui-là qu'il y a "Just what I needed", non). Je me familiarise aussi avec les membres du groupe. Je ne sais pas encore qu'il y a eu un autre bassiste très cool avant le très cool Mikey Welsh, ni que ce Mikey Welsh, il vient de Boston et qu'il a joué avec Juliana Hatfield. Ni qu'il sera remplacé par Scott Shriner très rapidement. Ni qu'il mourra en 2011 après avoir arrêté la musique et dédié les dernières années de sa vie à la peinture. Et puis les autres qui sont toujours là : Brian Bell à la guitare (qui a remplacé Jason Cropper au tout début), Pat Wilson et son jeu de batterie poum-tchaka-poum personnel et détendu, et puis Rivers Cuomo, le cerveau, l'homme aux mille looks, l'électron libre qui me fascinera et m'agacera de mille manières.

fan weezer C'est le CD du Green album que j'ai entre les mains mais je vois instantanément une séparation en 2 faces. La première est plus bariolée. "Hash pipe" tranche par son chant aigu et sa bizarrerie qui ne laissera pas Todd Rundgren indifférent au point qu'il en fera une reprise. Celui qu'il a laissé indifférent par contre, c'est Ozzy, à qui Cuomo avait proposé la chanson sans qu'il y eut de retour. "Island In the sun" fait rentrer un peu d'air par sa légèreté plus tangible. Ces deux morceaux cassent le schéma power pop grosse guitare / gros refrain entraînant à la "Don't let go" ou "Photograph". La face B, qui commence par un "Knock-down drag out" des grands jours, c'est le contraire, elle file comme si c'était un seul morceau, ce qui lui sera souvent reproché. Et encore une fois, je vois pas le problème. L'homogénéité de cette face B, je l'aimerai tellement qu'elle me manquera fort sur certains albums par la suite. Et puis sur cette face B, j'aime la mélancolie douce-amère toute légère mais bien là qui culmine sur "O'girlfriend", la plus Posies des chansons de Weezer, dont on ne connaît hélas qu'une seule version jouée en concert. Autre point noir soulevé par la critique de l'époque : l'album est court. Il fait moins d'une demi-heure je crois. Ce point noir est pour moi un soleil. J'aime les albums courts, je chante les albums courts, je veux juste des albums concis, rien de plus. L'assouvissement de cette passion pour les albums concis connaîtra un autre point culminant en 2006 quand je découvrirai l'album des Lemonheads sorti cette année-là (mais lui dépasse un peu la demi-heure je crois). Je vais conclure sur le Green par l'évocation de Bob Mould qui, en 2014, pour The Quietus, sélectionne quelques-uns de ses albums favoris parmi lesquels figure le Green album et voilà ce qu'il en dit : "'Island in the sun', 'Hash pipe' not so much, but it's more like 'Don't let go', 'Knock-down drag-out', 'Simple pages' - those mid-tempo, really heavy ones, like the ones that have the Copper Blue feel, and that's Ric Ocasek that produced that one, so it's got that super compressed modern everything-up-front sound, it's really cool." Merci Bob !
Ce mini-événement de l'année 2001 marquera un tournant déterminant dans la forme que prendront les 20 prochaines années.
1) Je ne découvrirai plus aucun groupe sur NRJ (mais à la radio, oui, quand même).
2) La musique, je ne la découvrirai plus que rarement par hasard, dorénavant, c'est moi qui vais aller la chercher et provoquer les découvertes.
3) Cela implique que je ne ferai pas attention aux dates, aux sorties et aux actualités. Je vais tout imbiber sans souci de contemporanéité, aucune date limite.
Toutes les vieilles choses ont-elles une âme ? Oui. Nous l'allons montrer tout à l'heure.

Un maladroit et un triangle rose sur l'épaule

J'ai déjà passé beaucoup de temps à décortiquer le doux album de verdure, sans pour autant que ce soit mon album favori. D'ailleurs, je ne sais plus ce que ça veut dire aujourd'hui un album favori mais imaginons que quelqu'un vienne me voir et qu'il me demande de garder un seul album de Weezer - imaginons un peu cette situation tout à fait vraisemblable - peut-être alors que ma vraisemblable réponse serait Pinkerton, à n'en point douter. Fin du terrible suspense. Toujours est-il que pour pas faire un livre de 200 pages, on va accélérer un peu. Après le Green album, Maladroit arrive sans prévenir. Et là c'est autre chose. Un album assez varié, une pochette cool, un titre cool, de la pop aux grosses guitares mélodiques 70's, plus heavy que le Green album, plus mid-tempo. Je l'aime de suite. Je saignerai aussi toutes les démos de cet album où on voit tantôt un Weezer plus heavy ("Serendipity"), tantôt un Weezer aux mélodies moins instantanées et plus 70's ("Acapulco"). Pour moi jusque-là tout est parfait.

Je continue mes investigations. A la médiathèque, je tombe nez-à-nez avec Pinkerton, ils n'ont pas le bleu. Je dirais qu'on est en 2002, peut-être l'été après le bac, je ne sais plus. Et là, c'est le bouleversement sidéral qui me décroche une droite. Je ne vais pas refaire toute l'histoire du disque, le Cuomo qui se confie avec une sincérité qu'il regrettera par la suite, comme au lendemain d'une cuite. Moi, tout ça, ça me dépasse au début, ce que j'entends, c'est un album bruyant, une voix sur le fil (à la fin de "Getchoo", c'est terrible) et malgré tout, des mélodies, et encore des mélodies tenues par une batterie solide et rebondie. Mais surtout, j'entends des structures de morceaux souvent coupées par des ponts et si je retrouverai cette construction sur certains morceaux du Blue album, c'est un truc qui me manquera bien souvent par la suite, autant que la fantaisie de Matt Sharp et ses secondes voix. Encore aujourd'hui, plus que n'importe quelle autre chanson, je prends toujours énormément de plaisir à écouter "Pink triangle" (pour l'anecdote, la fille de "Pink triangle" était une bonne amie de Fat Mike de NOFX). 

Un torrent de démos et une nuit blanche

Il n'y avait pas de lecteur CD à la maison, mais vers 2000/2001, on venait d'avoir un ordinateur tout beau tout neuf, grâce au tonton qui s'intéresse à l'informatique. Donc, à ce niveau, on est un peu en avance (il deviendra obsolète six mois après et on le gardera environ 6 ans !). C'est là-dessus que j'écoute des disques aux casques. J'achète déjà la presse et je commence à voir les spécificités des uns et des autres (Rock and Folk, Rock Sound, Punk Rawk...), mais je reste un peu sur ma faim. Et c'est là que la magie opère, l'apparition de la connexion internet 56k et son doux crouic-crouic qui coupe la ligne téléphonique quand on se connecte. De l'autre côté, le monde de Weezer m'attend. Il se matérialise d'une part par le site officiel américain tenu de main de maître par le fidèle Karl Koch (le même que je verrai scotcher les setlists avant le concert d'Amsterdam en 2016), d'autre part par le site français Weezer France, tenu de main de maître par Sophie que je rencontrerai plus tard, et avec qui j'irai voir ce concert à Amsterdam, mais à ce moment-là je ne le savais pas encore. Il en reste des ruines ici-même (du site, pas de Sophie). Tout ça pour dire qu'un nouveau monde s'ouvre à moi, un monde de démos et de faces B. Car, ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que jusqu'à Maladroit inclus, Weezer ne sera jamais avare en démos et faces B. Et ça, ça forge un fan ! Dans une interview, Ben Fox Smith, chanteur de Serafin, n'oublie pas de rappeler que le fan, c'est celui qui commence à aller fouiner du côté des faces B. Il n'a pas tort le coco. Je deviens encore plus mordu qu'il y a de chansons à découvrir. Au début, je passe du temps à les écouter au format MIDI sur le site officiel du groupe. C'est une musique faite avec l'ordinateur, qui sonne comme un synthétiseur. Ca donne un côté très enfantin comme des comptines jouées sur un jouet. Je tombe encore et toujours amoureux des mélodies. Je me souviens très bien avoir écouté plusieurs fois "Teenage victory song" et "Jamie" sous ce format. Plus tard, à la résidence étudiante, où l'ADSL coule à flot, je tombe sur le filon, j'ai des frissons : un torrent de chansons classées de périodes en périodes, d'avant le Blue album jusqu'aux futures chansons prévues pour un cinquième album. Je n'en dormirai pas de la nuit. C'est à peu près à ce moment-là aussi que j'achète le Blue album au feu Virgin Capitole. Je mets un peu plus de temps à l'apprivoiser que Pinkerton, je ne sais pas pourquoi. Aujourd'hui quand je l'écoute, je repasse au moins deux fois "The world has turned and left me here", et son savant mélange de guitares électriques et acoustiques, à l'instar d'autres chansons de pleins de groupes que j'aime désormais (Lemonheads, Posies, Buffalo Tom, Guided By Voices, Bob Mould...).

Puis en 2004 sort le DVD : Video capture device. On suit le groupe dans son quotidien, en tournée, en studio, en concert. C'était quelque chose ce DVD. De tous les looks de Cuomo, celui qui me touche le plus, c'est celui qu'il arbore sur la vidéo d'un concert hommage à Mikel and Karli, les deux sœurs qui ont monté le fan club, décédées dans un accident de voiture. La chanson "Hear you me" de Jimmy Eat World leur est également dédiée. C'est ce Cuomo romantique qu'on y voit, cheveux longs, vêtements larges, fils de hippie, qui serait bon pote avec Evan Dando (dans mes rêves !).

Le fan esseulé trouve soudain de la compagnie

Il n'échappera à personne que tout ça se joue en solitaire. Je ne connais pas de fans du groupe à ce moment-là. Y'a bien quelques gars un peu snobs dans mon horrible école d'ingé qui tiltent quand ils entendent "El Scorcho" dans ma bagnole : "Pinkerton, non je connais pas. Ouais l'album bleu, il est bien". C'est à ce moment où je me rends compte que c'est un groupe cool mais l'incruste de Weezer dans la réalité de mon quotidien s'arrête là. Internet va changer cette perception. Des groupes de tous horizons parlent d'eux, les communautés de fans sont solides, mais il faudra attendre quelques années avant que je me fasse de bons potes parmi les fans de toute la France. Des bons potes avec qui j'irai voir beaucoup de concerts. Et avec certains, j'irai même voir mon premier concert du groupe, ce qui n'a jamais été une fin en soi en ce qui me concerne. Malgré tout, le concert à Amsterdam en 2016, à la sortie du White album, reste un souvenir important avec l'impression marquée d'avoir visité les lieux de tournage d'un film que j'avais vu et revu.

Attente de l'étape suivante ou la complainte du fan déçu

Je me rappelle d'un article de Thomas VDB qui décrivait l'annonce d'un album de Weezer comme un moment où on commençait à avoir les jambes qui flageolent. C'est ce qui va m'arriver en attendant Make believe qui sort en mai 2005. Jusque-là tout allait bien mais, hélas, cet album va changer la donne. Grande déception. J'avais rien trouvé de nunuche avant, même pas "I do", une face B du Green album, qui essaye de son mieux de faire tirer une larme à l'auditeur, mais là, ça passe pas. Ça m'empêche pas de l'écouter en boucle, car je me rendrai vite compte que quelques morceaux sont quand même pas mal. Et ce sera ainsi, pour tous les albums qu'ils sortiront ensuite. J'y trouverai toujours des trucs que j'aime, en proportion variable, mais à chaque fois, je voudrais qu'ils soient tout à la fois : le Weezer qui en doit aux Pixies, le Weezer heavy, le Weezer power pop à trois accords, le Weezer qui sonne comme sur Pinkerton, le Weezer qui joue de l'acoustique, le Weezer qui en doit aux Beach Boys, le Weezer qui jouerait dans la cour du Grand prix de Teenage Fanclub comme sur "The organ player". J'attends. Souvent je suis déçu. Je les écoute en boucle. Je commence à les aimer. Et c'est des albums qui se feront patiner par la nostalgie. Je suis même nostalgique du temps où j'écoutais Make believe à l'hôpital après une lourde opération en mai 2005.

Fin 2020, toutes les démos de chansons que Cuomo avait retenues jusque-là sont lâchées sur un petit site qu'il a construit lui-même. C'est la débandade comme en 2004 quand le torrent que j'avais téléchargé débordait de mes oreilles. Mais, à l'instar de la discographie de Guided By Voices, y'a beaucoup de tri à faire. Surtout, je suis beaucoup moins mordu. Néanmoins, en se forçant un peu, on se rend compte d'un nouvel âge d'or aux alentours du White album et d'Everything will be alrtight in the end où l'effort de composition est redoublé. On a toujours l'impression d'un vivier de chansons extraordinaires qui contrastent avec les chansons retenues sur des albums finalement en demi-teinte. Les morceaux laissés de côté de cette période font ressurgir le plaisir que j'avais eu à découvrir les raretés de l'époque du Blue album et de Pinkerton ("The rule of life", "Bless the whole wide world", "She's just a girl", "Pacific sunset"...).

Cette année, ils sortent un EP pour chaque saison. Celui du printemps m'a laissé de marbre, jusqu'à nouvel ordre. Pas plus tard qu'hier, je lis la description que Rivers Cuomo donne des EP prévus pour l'été et l'hiver. Celui de l'été doit sonner comme du "Beach Boys crunchy" et celui de l'hiver comme Elliott Smith. Il ne m'en faut pas plus, j'attends l'étape suivante avec impatience. [  [fr] ici-même (10 hits)  External  ]

Biographie > Killing Joke

killing joke - fan attic En ce magnifique automne lyonnais gris, froid et pluvieux de 1980, je me rends comme tous les mercredis et samedis depuis 2 ans dans ma chapelle ardente, "Bruit Bleu", un magasin de disque du centre-ville, à l'affut de nouveautés auditives à ajouter à ma bruyante discothèque.
Depuis 1978, passant tout mon temps libre de jeune punk solitaire à écouter tout ce qui ressemble de près ou de loin à du Punk, de la New-Wave, de la Cold Wave ou de l'expérimental, mon œil est attiré ce jour-là par un maxi 45 tours à l'énigmatique pochette noire et blanche où l'on voit un personnage accroupi juste à côté du mot "Requiem", au-dessus duquel on retrouve le nom du groupe : Killing Joke.
Casque posé sur les oreilles, une note de synthétiseur répétitive s'échappe des microsillons, bientôt suivi par un terrifiant riff de guitare sursaturée, puis par 4 coups de toms tout droit sortis d'un Pow-Wow navajo et enfin par une incantation vocale envoutante toute droit sortie d'une orgie païenne, avant que le morceau ne se mette définitivement en branle pour 3 minutes de pur cauchemar urbain. La face B, "Change", est du même calibre, même si le rythme disco-punk et l'ambiance sautillante sont complètement différents.

J'ai découvert les premiers albums de PIL, Siouxsie and the Banshees, Cure ou Joy Division à leurs sorties respectives, mais là, on monte clairement d'un ton du côté Post Punk avec ce froid mélange d'agressivité, de désespoir et de noirceur : j'ai trouvé mes nouveaux Dieux païens à vénérer !
La semaine suivante, je tombe sur le premier album éponyme, à peine sorti, qui devient aussitôt la bande-son pour la bande de jeunes dépravés avec laquelle je traine depuis quelques mois. Rien à foutre à Lyon ? On s'enferme dans un appart, on picole, on sniffe de l'eau écarlate (enfin, pas moi, hein !) et on se met "Wardance", "Complications" ou "The wait" à fond en cassant des trucs ou en shootant dans les peluches de la petite sœur !
Killing Joke passe définitivement pour nous du statut de groupe à celui de religion à l'été 81 lorsque sort What's this for ?, que j'achète dès sa sortie et que je vais écouter tout l'été, m'évertuant à travailler les plans de batterie tribale (ha, ces rythmiques de toms !) de l'extraordinaire Big Paul Ferguson, auquel j'aurais le plaisir de dire merci 30 ans plus tard pour avoir été le meilleur prof virtuel dont j'aurais pu rêver.
"The fall of because", "Unspeakable" ou "Follow the leader" : absolument rien à l'époque ne pouvait rivaliser avec la puissance et la grandeur de ces véritables hymnes à la fin du monde. Les riffs de guitare de Geordie Walker sont absolument incroyables et donnent l'impression d'être joués par une armée de guitaristes.
Cet été 81, je supplie le malin d'assister à un concert du Joke pour ce qui va être mon premier séjour solo à Londres : las, je dois me "contenter" d'un plateau Punk avec les créteux d'Exploited, mais je complète ma discographie de Killing Joke par le single de "Wardance" et le maxi "Turn to red", auquel va bientôt s'ajouter un excellent nouveau single, "Empire song", annonciateur d'un troisième album encore meilleur.

A cette époque, Lyon a l'énorme chance de bénéficier de l'existence de Radio Bellevue, une des premières radios libres, dont la programmation est assurée par des fondus de musique qui ont accès à une collection de près de 70 000 albums (dont très peu de chanson française !). Un des DJs a récupéré, on ne sait trop comment, une K7 promo du troisième album de Killing Joke dont il diffuse quelques titres, qui sont immédiatement enregistrés et partagés par les auditeurs : je me procure ce nouveau Graal de douzième génération K7 qui me prépare parfaitement au tremblement de terre qu'est Revelations, troisième album sorti à l'été 1982.
Dès l'introduction de guitare de "The hum", les poils se hérissent, la chair de poule apparaît par-dessous et les larmes coulent. "Slowly, slowly, all fall down..." : si la fin du monde est aussi belle, vivement qu'elle arrive ! Killing Joke, c'est bien plus que de la musique, c'est le son de la Terre qui vomit, comme le dira si bien Big Paul. Entre cauchemar et espoir, la voix calme et mélodieuse du gourou chantant Jaz Coleman prépare ses ouailles au pire tout en leur faisant accepter leur triste sort.
"Empire song", "We have joy", "Chop-chop", "The pandys are coming"....les morceaux de la première face du LP s'enchainent, tous plus phénoménaux les uns que les autres.... On se pose alors la question : comment font-ils pour arriver à pondre des titres toujours plus fantastiques, qui te vrillent le cerveau jusqu'à toucher le plus profond de ton âme ?!

Hélas, toujours pas de concert à se mettre dans les esgourdes... mais le Malin veille sur nous, pauvres français : 30 minutes d'un concert filmé à Londres par l'équipe de "Mégahertz", l'émission Rock de... TF1 (non, vous ne rêvez pas!) doivent être diffusées un samedi après-midi à 14h (non, vous ne rêvez toujours pas !) !
La pauvre télé noir et blanc de mes parents n'étant pas digne d'un tel événement, je me tape une heure de bus pour aller assister à cet événement en couleur chez une bande de potes, pour apprendre, à peine arrivé, qu'il y a une panne de courant dans tout le quartier. Mais donnez-moi une corde !
Heureusement, une copine a enregistré l'émission sur le Bétamax (regardez sur Wikipédia ce que c'est...), on pourra enfin se mater l'ouragan sonore et visuel avec quelques mois de retard.

Mais quelques semaines plus tard, une terrible nouvelle surgit des pages du New Musical Express, notre unique source d'information de l'époque : prophétisant une Troisième Guerre Mondiale, Jaz Coleman a quitté le groupe pour se réfugier... en Islande !! Il est bientôt suivi par Geordie, qui laisse Big Paul et le bassiste Youth fonder un nouveau groupe, Brilliant... avant que Big Paul ne rejoigne à son tour Jaz et Geordie en Islande ! On ne comprend rien à l'époque à tout ce salmigondis, si ce n'est que l'on n'aura jamais vu Killing Joke...

Sauf que....
Une annonce dans le NME nous fait frôler la crise cardiaque : une tournée anglaise de Killing Joke est annoncée pour octobre 1982, dont une date au Lyceum de Londres, là-même où j'avais vu Exploited l'année précédente ! Hors de question de rater ça pendant les vacances de la Toussaint : une dizaine d'entre nous faisons le voyage pour une semaine de débauche Punk. Le soir du concert venu, on retrouve 2 autres bandes de Lyonnais qui ont fait le voyage, on se cale au premier rang et la Messe ou plutôt la guerre peut commencer : après une étrange introduction Cornemuse/tambours tribaux, les accords de "The hum" résonnent, le son de guitare est surpuissant, le volume nous fracasse le crâne, on est complètement hypnotisés et pris dans un immense pogo avec les 3000 punks anglais, c'est juste monstrueux ! Raven, le nouveau bassiste, est déjà au niveau des trois ex-Islandais et le groupe enchaine les tubes des trois premiers albums, ainsi que les 2 titres du tout nouveau EP, "Sun goes down " et "Birds of a feather", qui sont largement au niveau du répertoire passé du groupe. "The gathering" et "Lust almighty" sont 2 nouveaux titres qui apparaitront sur le quatrième album Fire dances, sorti en 83.

Fire dances perpétue la tradition des grands albums de Killing Joke, toujours plus tribal et dansant. Précédé par le single "Let's all go", j'ai le plaisir de pouvoir me l'ingurgiter à haute dose juste avant la première date Lyonnaise de Killing Joke ! Je suis tellement excité par leur venue que je suis le premier à acheter mon ticket, numéroté 0001 ! Mais je ne vais pas avoir besoin de l'utiliser car le groupe de première partie, Le Pacte Noir, m'embauche comme roadie, ce qui me permet d'assister au soundcheck de Killing Joke, un rêve de fan ! Je me trouve devant la scène lorsque Geordie apparaît, branche le jack de sa guitare demi-caisse sur l'ampli, monte le volume et se met à caresser les cordes de son instrument avec son style nonchalant si caractéristique : une avalanche de notes dissonantes envahit mes chastes oreilles, un maelstrom d'harmonies aussi délicates qu'une charge de mammouths me frappe l'estomac, un dégueulis d'effets distortion/flanger me défonce le crâne....l'expérience ultime ! Je ne m'étendrais pas plus sur le concert du soir, fabuleux comme il se doit.

J'attendrai un an de plus pour assister à un concert du Joke, le 1er janvier 1984, tu parles d'une façon de commencer l'année, un pogo géant avec la gueule de bois du jour de l'An ! Quelques singles toujours aussi bons ("A new day", "Wilfull days", sans oublier le mythique "Eighties") font patienter les fans en attendant le nouvel album Nightime, dont un premier extrait sort en single : "A love like nlood" ! Aujourd'hui encore, je me demande comment ce titre a pu se retrouver tout en haut du Top 50 de notre beau pays : le Malin avait sans aucun doute réussi son plus bel exploit, enlever la merde des oreilles de nos compatriotes ! Enfin, on avait un morceau sur lequel on n'avait pas honte de danser au West Side Club ! Ce club rock Lyonnais jouxtait le Palais d'Hiver, salle de concert Lyonnaise mythique que Killing Joke revient visiter en 85 pour mon quatrième concert et mon premier déhanché dans le pit sur "Love like blood" au milieu des midinettes en folie.

L'année suivante, Killing Joke persévère dans un style moins sauvage, plus commercial mais toujours aussi foutrement bon, avec les 2 maxis "Sanity" et surtout "Adorations". "Adorations" sera la bande-son de mon premier voyage solo aux US à l'été 86, en particulier pendant les trajets en avion et à ce jour, j'ai toujours un pincement au cœur quand je l'écoute, en me remémorant mes premières aventures solitaires à New York, Washington, San Francisco et LA ...

A l'automne 86 sort Brighter than a thousand suns, sur lequel, outre les singles précités, on ne retrouve que 6 titres supplémentaires, dont l'excellent "Twilight of the mortals" et surtout le fabuleux "Chessboards". Mais on trouve aussi une paire de titres beaucoup plus commerciaux qui annoncent la catastrophe industrielle de l'album suivant, Outside the gate, sorti en 88. Prévu à l'origine comme un album solo de Jaz Coleman, la maison de disque insiste pour que le disque sorte sous le nom Killing Joke en pensant capitaliser sur l'effet "Love like blood". Hélas, cette ignoble daube ne conduit qu'à une chose : l'implosion du groupe. Big Paul, le batteur, se casse en plein enregistrement non sans avoir distribué quelques baffes au passage : il faudra attendre plus de 20 ans avant que son aventure avec le Joke reprenne. Jaz pète un plomb, se retrouve à l'asile, c'en est terminé de l'histoire d'un de mes groupes préférés...

killing joke Mais le Malin a plus d'un tour dans son sac ! En mai 89, j'hallucine en tombant sur un flyer annonçant un concert de Killing Joke au Truck, une nouvelle salle de la région Lyonnaise : je ne savais même pas que le groupe s'était reformé, ni avec qui. Un concert de Bérurier Noir sold out a lieu le même soir à Lyon, ce qui fait que le Truck sonne terriblement vide. Je me demande à quoi je vais bien avoir droit : l'immonde bouillabaisse d'Outside the gate et ses synthés insupportables ? Que Nenni : c'est le grand retour de la machine de guerre ! Le Joke n'est pas là pour plaisanter et alterne les classiques de son premier LP avec des nouveaux titres qui sont absolument terrifiants, énergiques et darks à souhait. Le nouveau batteur est phénoménal et apporte une nouvelle énergie au groupe : j'apprends quelques mois plus tard qu'il s'agit de Martin Atkins, ex-batteur de Public Image et futur Ministry et Pigface.
Ce concert signe pour moi la renaissance du groupe : on se déchaine et on hurle dans le pit ! J'achète un flexi-disc de The beautiful dead qui renvoie aux plus belles heures de Revelations et annonce la bombe nucléaire qu'est Extremities, dirt and various repressed émotions, sorti en 90 et que je considère encore aujourd'hui comme l'un des trois meilleurs des 15 albums studio de Killing Joke. Brutal ("Money is not our god"), noir ("Inside the termite mound"), incantatoire ("Intravenous"), majestueux ("Slipstream") et anti-commercial au possible, Extremities n'est même pas un retour aux sources, c'est une avancée sans retour vers les sommets de la musique extrême : terminé les tentatives de succès commercial... du moins le croyais-je !

Car après un silence de 4 ans et des retrouvailles avec Martin "Youth" Glover, bassiste originel du groupe (producteur de génie et co-réalisateur de 2 albums avec... Paul Mc Cartney!!!) Killing Joke sort un EP, "Exorcism", sur lequel on retrouve des remix technos complètement barrés qu'on écoute en boucle dans le camion pendant la tournée 94 de Garlic Frog Diet. Killing Joke a toujours réussi à s'inspirer des courants du moment, tout en restant lui-même. Dans la foulée sort Pandemonium, l'album le plus vendu du groupe, sur lequel on retrouve quelques-uns de leurs meilleurs titres, dont le fabuleux "Millenium", qui passe en boucle sur MTV ou M6 et sur lequel le Joke se permet de foutre la branlée à tous les groupes de métal de la Terre. Putains de riffs et de refrain !

Deux ans plus tard sort l'album le plus sous-estimé de Killing Joke : Democracy est un chef-d'oeuvre passé inaperçu, alors que contrairement à Pandemonium", absolument tous les titres sont excellents. Les riffs de "Savage freedom", "Another bloody election" et surtout "Absent friends" me foutent toujours autant la gigitte comme dirait l'autre, tandis que l'hypnotique "Aeon" et ses 8 minutes jouissives ou "Lanterns" et sa guitare acoustique emmènent l'auditeur sur des territoires jusqu'alors inexplorés par Killing Joke. J'assiste à un concert du Joke au Transbordeur de Lyon, mon dernier concert avant de devenir papa (encore un coup du Malin !), mais déception : Youth n'est pas là, Jaz est malade et le concert ne dure que 40 minutes... Heureusement, l'album tournant en boucle me fait oublier ce léger faux-pas. Si nouvel album il y a un jour, ce sera dur de faire mieux....

Les années passent, je lis dans la presse qu'un album de Killing Joke est en préparation avec le batteur de System of a Down et Dave Grohl derrière les fûts ! Lorsque paraît Killing Joke en 2003, 7 ans après Democracy, l'excitation est à son comble lorsque je vois que et Youth et Raven ont participé à l'album... et que Dave Grohl est l'unique batteur. Ma main tremble en insérant le CD dans le lecteur... un riff Geordien ouvre le bal, suivi de la voix incantatoire de Jaz, puis d'une titanesque patate de batterie avant que le "Death & resurrection show" ne se mette en branle sur un étrange rythme dansant proche de la musique latino (?!) et qui groove à mort, avant qu'un terrifiant refrain hurlé à la mort par Jaz finisse de me mettre à genoux !! La suite de l'album me met au supplice et Grohl est juste inhumain ! Si Extremities était une bombe nucléaire, Killing Joke condense la puissance de toutes les centrales nucléaires de la Terre en même temps ! Putain de branlée que cet album ! Le groupe n'a jamais été aussi puissant, inventif et déchainé que sur des titres comme "Total invasion", "Asteroid", "Blood on your hands" ou "Seeeing red"...et si "You'll never get to me" te fais pas chialer, tu as un cœur de pierre ! Tous ces brave gens ont réussi l'impensable : produire à la fois le meilleur album de Killing Joke et le meilleur album du XXIème siècle ; et pour Dave Grohl, surpasser son jeu de meilleur batteur de la planète, sachant qu'il a enregistré ses parties en dernier et en les doublant : un extra-terrestre !

Pas de Dave Grohl, hélas, sur le fabuleux DVD/double LP du 25ème anniversaire du groupe XXV Gathering : let us prey, mais un jeune prodige de 25 ans, Benny Calvert, qui torche sans aucun problème toutes les parties de Grohl ou Big Paul. C'est lui qui enregistre l'album suivant, Hosannas from the basements of hell, enregistré à Prague, et qui sort en 2006. Hélas, après la bombe de 2003 produite par Andy Gill de Gang of Four, la production ne rend pas justice aux excellents morceaux que sont "Hosannas", "Implosion" ou "Gratitude". "Invocation" fait appel pour la première fois à un orchestre symphonique, ce taré de Jaz étant chef-d'orchestre à ses heures perdues !

Un triste événement se produit en 2007 : Raven décède d'une crise cardiaque alors qu'il enregistrait un album pour Treponem Pal. Mais au lieu de signifier la fin du groupe, cela a pour effet de ressouder les 4 membres d'origine. C'est donc le grand retour de Big Paul Ferguson derrière les fûts et de Youth à la basse ! Si les changements de personnel ont été durs à suivre en 43 ans de carrière de Killing Joke, ces 14 dernières années, le groupe a retrouvé sa stabilité, ainsi que l'inspiration pour trois albums magistraux : Absolute dissent (2010), MMXII (2012) et Pylon (2015), tous les trois truffés de morceaux incroyables, beaux à pleurer comme "Euphoria", "Big buzz", "In cythera" et "The Raven king" ou annonciateurs du bordel à venir comme "I am the virus", "Corporate elect", "Colony collapse", "New cold war" ou "Endgame"... qu'attendre d'autre des messagers du Malin, hein ?!

J'ai le plaisir d'assister de nouveau, enfin, à un concert de Killing Joke à Lyon en 2012 et de papoter avec Big Paul, un des maîtres Jedi virtuels de batterie de mes jeunes années, grand moment pour moi. Je retrouve aussi tous les vieux guerriers de mes années punks Lyonnaises des 80s, c 'est cool de les retrouver eux et leurs grands enfants (!) dans le pogo ! Enfin, fin 2019, je fais le voyage de Montpellier à Paris pour aller assister à la grand-messe au Cabaret Sauvage. Je me pose près de la console pour être tranquille, mais dès la première nappe de synthés et l'intro de toms d' "Unspeakable", le tube de mes 16 ans, la folie me frappe au cervelet, mes vieux jambonneaux font la Danse de St-Guy, je démolis la foule comme des quilles sous la boule du Dude Lebowski pour rejoindre le pit et là je saute et je hurle à la lune sur tous ces hymnes de fin du monde de la Plaisanterie qui Tue... C'est gigantesque, je suis de nouveau à Londres, c'est le 24 octobre 1982, je peux mourir heureux, j'ai vu Killing Joke !

Biographie > Julien, fan de Bad Religion

bad religion bad religion Je m'appelle Julien, j'ai 44 ans. J'en avais 17 en 1993, quand j'ai découvert Bad Religion. Je ne connaissais rien au punk-rock. J'écoutais essentiellement du Metal à l'époque. C'est sur une compile que j'ai découvert la chanson "Generator". Ça m'a scotché. La vitesse, la guitare, la batterie, mais surtout la voix de Greg Graffin... l'impression que c'était fait pour moi.

Mais en 93, pas d'internet pour tout savoir sur le groupe et sa discographie en deux secondes. Il m'a fallu gratter un pote au lycée pour qu'il me ramène deux cassettes avec 4 albums dessus, et c'était parti.

Dès le départ, j'ai eu l'impression que leurs textes avaient quelque chose de plus recherché que ce que je pouvais entendre ailleurs. Les textes de Graffin et Gurewitz regorgent d'un vocabulaire exigeant et sont remplis de références littéraires, politiques, environnementales... Alors au milieu des années 90, je me suis lancé le défi de traduire tout ça avec mon dictionnaire Robert & Collins. C'était chaud !

Au début des années 2000, j'ai décidé de concevoir un site internet avec mes traductions et de rassembler la communauté de fans francophones. Cela m'a amené à administrer un forum, un chat, bref, les outils de l'époque. C'était cool. Des fans français, québécois, suisses, belges s'inscrivaient et échangeaient tous les jours. Au bout de trois-quatre ans, j'ai arrêté, faute de temps.

20 ans et 7 albums de Bad Religion plus tard, j'ai remis ça ! J'ai retraduit les 276 chansons du groupe en m'aidant d'outils en ligne (qui ne font pas tout, loin de là). Très vite, je me suis dit qu'il fallait que j'en refasse quelque chose, que je partage ce boulot. "Bad Religion France" est donc né cet été. Site web, page Facebook, compte Twitter et chaine Youtube proposant les vidéos sous-titrées du groupe que je fais dès que j'ai deux heures devant moi... la totale ! J'ai de très bons retours, c'est vraiment gratifiant.

Et puis il y a "Do what you want", cette biographie sortie en août. On attend toujours qu'elle sorte en français. Et moi, j'attends qu'on me propose de la traduire !

Bad Religion et moi, ça fait 28 ans. Comme je le dis souvent, pour moi, c'est désormais bien plus que de la musique. J'ai un tatouage sur le bide (le fameux crossbuster), je les ai vus en concert une petite dizaine de fois : en France, en Italie et même une fois à Brooklyn. Leur album de l'année dernière (The age of unreason) est une merveille. Je trouve fascinant ce niveau d'écriture, sans parler de l'énergie déployée sur scène alors que ces types ont bientôt 60 balais. [ [fr] BadReligion-fr.com (267 hits)  External / [fr] Bad Religion France: youtube (377 hits)  External  ]

Fan Attic / Chronique LP > Not Scientists

Not Scientists fan addict Je (enfin, plutôt, on) m'appelle par mon prénom (et parfois mon surnom). La quarantaine bien tassée et actuellement basé dans une région au climat océanique dégradé à influence continentale. Ça peut sembler mystérieux au premier abord, mais même si cette rubrique est censée mettre en valeur le "fan attic" que je suis, je préfère en rester là avec les présentations et rester focus sur la raison de ces quelques lignes consacrées à un groupe auquel je voue une passion : Not Scientists.

Not Scientists, tout le monde connaît. Ou, tout du moins, tout le monde devrait connaître. Groupe formé en 2013 sur les cendres encore incandescentes d'Uncommonmenfrommars (la paire Ed et Jim), flanqué du batteur de No Guts No Glory et Supermunk (Basile) et de Thib' à la basse (aujourd'hui remplacé), Not Scientists a déjà à son actif un 45 T, deux splits, un EP et deux albums. Sans parler des participations aux compilations diverses et variées. Le quatuor a joué un peu partout en Europe et sur le continent Américain (Canada et USA) et a notamment forgé son identité sur scène. C'est surtout un groupe accessible, loin du Star System et vraiment sympathique. J'ai suivi d'assez près les débuts et l'évolution du groupe, une fois le premier EP Leave stickers on your graves paru chez Delete Your Favorite Records (label de l'ancien manager des UMFM). Un disque que j'ai trouvé assez rafraîchissant, loin des activités précédentes de ses membres, avec pour fil conducteur des sons de guitares cristallins, des voix géniales et des compositions abouties. J'ai ensuite vu quelques concerts sympa (qui se sont révélés être les premiers de Thib' avec des vrais retours alors que l'imposant bassiste commençait à marquer son style sur scène). C'était vraiment chouette et presque assez touchant de revoir Ed et Jim, ayant à leur actif des centaines de concerts dans les pattes, jouer avec deux nouveaux zicos qui ont quasi une génération musicale d'écart. Puis est arrivé le premier album que j'ai mis du temps à enfourner dans ma platine, de crainte peut être de ne pas ressentir la même flamme que pour l'EP. L'écoute de ce disque (qui n'était pas encore officiellement sorti, si mes souvenirs sont bons) a coïncidé avec un concert donné à l'étage d'un caf' conc' vosgien. Pas de scène, petit système son, le strict minimum. Et je pense que ce concert restera gravé à vie dans ma mémoire. Ce genre de moment spécial que tu n'oublies pas. J'ai peut-être été le seul dans la maigre assistance à ressentir ça. C'est fort probable. Ce concert a été pour moi le déclic. L'énergie déployée par le groupe m'a laissé sans voix. Les morceaux étaient joués avec une telle classe et un enthousiasme si débordant que Not Scientists a réussi à me faire passer ses ondes positives ! C'était il y a sept ou huit ans, mais je m'en souviens comme si c'était hier. Ce concert n'a peut-être pas été inoubliable pour le groupe, mais il a changé pour moi la perception que j'avais de ce groupe que je trouvais très bon et que je trouve depuis absolument génial. Peut-être que pour lui, c'était un bon concert, sans plus. Mais pour moi, c'était un moment magique.

Destroy to rebuild, ce fameux premier album, je l'ai poncé. Je le connais par cœur. Tous les breaks de batterie de Basile. Toutes les notes de Jim. Toutes les lignes de basse de Thib'. Tous les textes de Ed. Non, pas tous les textes car je ne suis pas fortiche en anglais. Detroy to rebuild est un disque essentiel dans ma rockothèque. Et Not Scientists est un groupe essentiel dans ma perception des émotions véhiculées par la musique. J'ai beau aimer des tonnes de groupe, j'ai pu organiser des vacances et des weekends autour d'un groupe qui jouait dans mon lieu de villégiature, je pense que c'est Not Scientists qui m'a procuré mes plus beaux émois musicaux ces dix dernières années. Et je peux affirmer que ce groupe est ce que j'ai écouté de mieux ces dix mêmes dernières années.

La notion de fan m'a toujours un peu dérangé. Elle est pour moi négativement connotée, et synonyme d'excès et même de déraison. Ne parlons même pas de l'adjectif fanatique. Le Robert (le dictionnaire, pas mon voisin) le définit d'ailleurs par celui qui a une passion, une admiration intense pour quelqu'un ou quelque chose. Passionné, je le suis. Sans excès. Enfin, je pense. Ce n'est pas ce qu'en dit ma femme. Je n'ai pas un buste de Ed dans mon salon, mais elle n'arrive pas à comprendre pourquoi je possède trois LP du premier album (label français et US, couleurs différentes). Ainsi qu'une version japonaise en CD, sans parler de la version K7. Et que je suis à l'affût pour acheter la seule version du premier EP qui me manque (un pressage avec un insert spécialement imprimé à vingt exemplaires lors d'un passage du groupe au Québec). J'ai récidivé quand Golden Staples, le deuxième album, a pointé le bout de son nez en 2018. J'ai précommandé toutes les versions vendues par le label Allemand avant sa sortie. Thib' n'en revenait pas et du coup, il m'a envoyé les fichiers numériques un ou deux mois avant la sortie du skeud. Quand j'ai reçu les LP et CD, je connaissais le disque par cœur. Autant j'ai très peu de merch « textile » du groupe, autant je possède (à une exception près, avec ce fameux faux pressage québécois) tous les formats existants des disques (même les promos). Je collectionne tout ça pour le fun et pour soutenir à ma manière le groupe. Les zicos doivent me prendre un peu pour un fou, mais ça les fait marrer quand même.

Je connais les musiciens depuis longtemps, bien avant que le groupe n'existe. Très peu Basile que j'avais croisé une fois ou deux, mais les trois autres, ouais. J'ai déjà sympathisé avec un bon paquet de zicos que j'ai pu rencontrer à force de les voir en live. Dans le cas de Not Scientists, c'est peut-être la première fois que je tombe autant amoureux d'un groupe formé par des copains. Ça peut paraître étrange d'être fan d'un groupe de potes. Je n'ai jamais réclamé un médiator à Ed (même si j'en ai une série avec le logo du groupe !) et je n'ai jamais fait dédicacer mes disques. Clairement, ça serait bizarre. Par contre, quand je vais les voir en concert ou quand je suis amené à les croiser dans la vraie vie, ils savent. Ils savent que j'aime leur groupe avec passion. Je n'ai pas besoin de leur redire, je les ai assez bassinés avec ça. Cet article n'est pas signé, mais si par hasard ils tombent dessus, ils reconnaîtront qui en est l'auteur (toi aussi peut être).

Je suis fan de Not Scientists. Et je me porte bien, merci. Le groupe est confidentiel à l'échelle du grand public et quand j'en parle à des amis ou des collègues qui ne suivent pas l'actualité de la scène indépendante rock française, j'ai parfois l'impression de parler dans le vide. Peu importe (même si ça peut être un peu frustrant). Je suis fan de ce groupe dont je ne pense pas pouvoir me lasser un jour.

Fan Attic / Chronique LP > Valérie, fan d'Alex Henry Foster

fan attic Alex Henry Foster Je m'appelle Valérie, j'ai 34 ans et aujourd'hui je viens vous parler d'un artiste que j'affectionne énormément à en être devenue "fan" et parler de cette passion et de cette addiction de sa musique et surtout de tous les supports créés autour de cette musique. Mais avant de vous parler de cette passion et addiction dans laquelle beaucoup de fans tombent lorsqu'un artiste entre dans leur vie, je dois vous parler de ce moment où pour la première fois j'ai entendu cette voix, celle de Alex Henry Foster.

C'était pendant cette période de confinement, un soir, enfin plutôt une nuit, pendant laquelle je discutais avec mon amie québécoise, elle m'a parlé de Alex Henry Foster et m'a raconté l'histoire de cet album sorti quelque temps auparavant, un album intime écrit en hommage pour une personne très chère disparue quelque temps auparavant. Je me suis prise au jeu de la découverte pendant cette discussion et je lui avais demandé de m'envoyer un lien pour que je puisse écouter.

Ce moment, lorsque la musique vient effleurer mes oreilles, restera gravé dans ma mémoire, l'émotion que j'ai ressentie ce jour là était tellement intense, j'ai su qu'à partir de ce jour que la musique d'Alex Henry Foster ne me quitterait jamais, et au fil de la découverte de son univers je me suis retrouvé dans ses chansons... J'ai d'ailleurs terminé cette nuit-là par écouter entièrement l'album Windows in the sky. Après cela, j'ai voulu connaître entièrement l'univers d'Alex Henry Foster, j'ai découvert un artiste mais aussi un groupe. Un groupe constitué d'amis d'enfance et lancé depuis plusieurs années entre albums et tournées. Je découvrais aussi que, n'étant pas fan de la première heure, j'allais avoir beaucoup de choses à découvrir...

Je me suis plongée dans les supports, étant une fan de vinyles, j'ai voulu avoir celui de cet album, c'est alors que je suis tombée non pas sur cette petite galette de plastique noir mais sur des œuvres d'art fabriquées sur place dans leur studio basé au Québec. J'ai commencé par commander un vinyle mais impossible de ne pas craquer devant toutes ces magnifiques œuvres et là, oui, l'addiction venait de me gagner. Après des mois d'écoutes, entre l'album Windows in the sky mais surtout après avoir découvert l'album live Standing under brights lights, l'annonce de la tournée européenne me fit découvrir le partage avec les autres fans et la rencontre avec le groupe.

Mon premier concert... Comment mettre des mots sur l'émotion ressentie ce jour-là ? J'ai eu la chance de pouvoir faire énormément de concert de beaucoup d'artistes depuis quelques années, ressentir des émotions au fil des spectacles, avoir les yeux émerveillés devant des scènes gigantesques, mais ce soir-là à Paris dans cette petite salle, j'ai ressenti une émotion encore inconnue, un lâcher prise, une connexion avec le groupe. Encore maintenant, je n'ai pas les mots exacts pour décrire mes ressentis ce soir-là. Après le concert, j'ai eu la chance de pouvoir rencontrer Alex et le reste du groupe, une rencontre que je ne pourrais oublier, même si j'avais déjà eu la chance de pouvoir partager quelques mots sur le net avec lui. J'ai découvert une personne humble, généreuse, sincère, à l'écoute de ses fans. J'ai envie de vous dire qu'un concert et une rencontre, ça ne s'explique pas, ça se vit.

Aujourd'hui, Alex Henry Foster & the Long Shadows occupe une place entière dans ma vie. Je peux dire que j'ai été touchée par la grâce de sa voix d'ange et sa musique s'enracine dans mon âme et mon cœur.

Fan Attic / Chronique LP > Flockos fan de NoFx

fan attic : flockos no fx Je m'appelle Fabien Lefloch, né en 1983 à Nantes. On me connaît peut-être sous le blaze pourri de Flockos, guitariste d'Ultra Vomit ou comme bassiste de Justin(e), mais je suis avant tout un gros fan. Un gros fan qui subit son addiction par une collectionnite aiguë. Un gros fan de Metallica et de NOFX, deux groupes pourtant assez antagonistes dans l'absolu. Mais pour cet article, on m'a demandé de parler de mon amour pour NOFX.

J'ai découvert ce groupe relativement tard (fin 99). J'ai totalement loupé leur période 94 et le buzz de Punk in drublic. J'ai pourtant poncé Smash et Dookie à leurs sorties quand j'étais en 5ème, mais n'étant pas curieux, n'écoutant pas la radio, NOFX était visiblement un groupe trop pointu pour que ça tombe dans mes oreilles. Quand un jour, au lycée, un camarade me demande de faire un échange d'album, je suis très fier de lui filer ma belle K7 (achetée) d'Insomniac de Green Day en lui disant que c'était le haut du panier niveau punk rock. Lui me file un CD gravé pourri de NOFX avec Punk in drublic et So Long sur le même support. Et là, c'est la grosse branlée. Le truc de malade. C'est quoi cette vitesse ? C'est quoi ce son ? C'est quoi cette basse ? Avec mon grand frère, on n'avait jamais entendu une prod' qui mettait aussi bien en valeur ce genre de tempo. Même les Damage Inc et consorts de Metallica n'avaient pas cet impact et cette fulgurance. Et en plus, la légende dit que le batteur n'a pas de double kick ?? On était sidérés par absolument tous les aspects de NOFX. Le chant hyper touchant, les mélodies incroyables, la technique et la vitesse. C'est parti, il nous faut l'intégrale de NOFX. Green Day et The Offspring peuvent aller faire dodo.

Le coup de foudre a pourtant failli s'arrêter là. Dès le lendemain, je cours à la Fnac et je vide le rayon. Il y a donc Punk in drublic, So Long, et deux CDs que je vais avoir le plaisir de découvrir : Liberal animation et Maximum rocknroll. Pwahhhh la douche froide ! C'est vraiment le même groupe ??? C'est dégueulasse. Je pige rien. Je n'ai pas Internet, pas d'ordinateur, je n'arrive pas à savoir à quoi ressemblent les membres du groupe, à comprendre leur parcours. Finalement, je squatte le PC d'un pote et je comprends mieux : Il y a un avant et un après l'arrivée du guitariste El Hefe. Je décide donc de tout choper de leur discographie à partir de 91. Je découvre que ces gars ont une teneur politique qui me fascine. Le tout enrobé d'humour et d'autodérision, c'est encore mieux. Et avec l'admiration sans condition, j'en arrive finalement à trouver la période pré-91 géniale. Je comprends même qu'il y a de l'actu dans l'air : ils passent à Paris pour promouvoir un nouvel album !!! C'est donc le 31 mai 2000 à l'Élysée Montmartre que je les vois pour la première fois en concert. J'avais 17 ans. C'était fou, débile, pas cher, plein de parlotte, des slams et des pogos non-stop, du public tout du long sur la scène, le tout dans une salle pas trop grande : incroyable. Comparé au Bercy de Metallica l'année précédente, j'ai l'impression que la distance « groupe/fan » n'existe pas. C'est un autre univers. Je veux en être d'une manière ou d'une autre. Je n'aurais jamais été dans Justin(e) sans mon amour pour NOFX.

Pump up the valuum sorti en juin 2000 est donc l'album le plus important pour moi. Déjà car il est mortel. Mais aussi car j'avais enfin rattrapé mon retard et je vivais à partir de ce moment l'actu de NOFX en même temps que les autres fans. Cet album marque le début d'une collection assidue. C'est assez simple, j'ai acheté tout ce que le groupe a proposé depuis. Pas forcément tous les t-shirts souvent bien moches, mais tous les EP, les LP, les CD, les DVD, et ce n'est pas peu dire. On peut y voir chez eux une façon de faire du fric, mais je trouve que le groupe bichonne ses fans. Entre les abonnements annuels de vinyle 7 pouces, les versions alternatives entre CD et LP pour les albums, les vinyles colorés, etc. Le tout à tarif peinard, et bah c'est génial.

J'ai dû les voir une quinzaine de fois. C'est fou comme leurs performances sont aléatoires : ils ne rendent de compte à personne. La plupart seront dégoûtés d'avoir trop de speech/vannes et pas assez de musique mais c'est tout l'intérêt de NOFX pour moi. J'ai d'ailleurs rencontré Fat Mike en 2008 car on jouait avec eux au Hellfest. J'étais paralysé de fascination, et lui s'en contrefoutait. C'était assez nul comme rencontre mais j'ai quand même eu ma photo. Depuis, je les ai croisés sur des festoches, notamment au Download où on a fait une petite partie de ping-pong, mais rien de profond. Les gars ne savent pas qui je suis et ce n'est pas grave. De mon côté, j'ai vécu plein de trucs dans le monde des concerts, j'ai grandi et j'ai réussi à soigner mon côté fanatique.

En 2009, quand l'incroyable Coaster/Frisbee est sorti, je les ai suivis sur les dates françaises de Lyon et Toulouse. Je suis retombé amoureux, alors que je me sentais toujours amoureux, et je me suis dit : « Allez, si je dois me faire tatouer, c'est leur logo, c'est sûr ». J'ai alors décidé de faire de ma peau une espèce de mur de chambre d'ado. Les posters de tout ce que j'idolâtre dans cette chambre seront tatoués au fur et à mesure. Ça a donc commencé par NOFX. Depuis, j'ai eu quelques déceptions artistiques mineures, et je prends plus de recul sur les contradictions de Fat Mike. Sa fixette et son encouragement pour les drogues dures sont très critiquables, surtout avec un ex junkie derrière les fûts. Mais c'est très intéressant de le voir se remettre en question au cours des derniers albums. Je crois que ses convictions vacillent. Grâce à leur incroyable autobiographie, la fragilité des egos du groupe n'est pas cachée et ça le rend encore plus cool. Donc même si Single album n'est pas une grosse branlée, je continuerai de choper tout ce qu'ils sortiront, par respect pour tout ce que ce groupe m'a apporté.

J'ai pompé tout mon jeu de basse dans Justin(e) sur celui de Fat Mike, et avec Ultra Vomit, on essaie toujours scéniquement d'être le bon mix entre Gojira et NOFX. Sans parler de leur indépendance et de l'exemple parfait qu'ils font pour choisir le DIY en général. Sans NOFX, mes groupes n'existeraient surement pas tels qu'il sont et ma vie serait radicalement différente.

Fan Attic / Chronique LP > Bou Maji, fan de Mass Hysteria

fan attic : mass hysteria bou Je m'appelle Bou Majin. J'ai 38 ans et j'habite du coté de Colmar. Ma passion pour Mass Hysteria a débuté le jour où j'ai entendu leur deuxième album Contraddiction en février 1999. Ça a fait tilt tout de suite. Le premier concert du groupe auquel j'ai assisté remonte au 27 novembre 1999 au Noumatrouff de Mulhouse. A la fin du show, je me suis dit : "je veux faire pareil !". C'est à partir de là que je suis devenu fan du groupe.

Grâce à Mass Hysteria, la musique est devenue une véritable passion. Je suis d'ailleurs chanteur dans un groupe. J'ai une cinquantaine de pièces de "collection" dont un exemplaire K7 de Contraddiction et la première démo distribuée à l'époque dans les bars. Pendant de nombreuses années, je suis resté un fan "lambda", achetant les disques et assistant à de nombreux concerts. A la fin d'un show en 2012, un show assez rocambolesque et au cours duquel mon fils est monté sur scène et a pris un coup de basse de Vince au moment de la photo finale, je leur ai demandé l'autorisation de créer un groupe sur le réseau social Facebook. Un "groupe sur le groupe" sur lequel les fans partageraient leurs vidéos ou leurs photos et discuteraient de leur intérêt ou leur passion pour MH, avec un seul mot d'ordre : ne parler que de Mass Hysteria. C'est ainsi que le 4 avril 2013 est créée L'Armée des Ombres. Tout a commencé avec une centaine de membres ... dont beaucoup de mes potes ! Je parlais de L'Armée des Ombres à chaque fois que j'allais à un concert. Par le bouche à oreille, nous nous sommes retrouvés 400, puis MH a publié un post à propos de l'Armée sur sa page Facebook officielle. Ça a clairement boosté l'audience et j'ai passé des jours à accepter de nouveaux membres sur la page de L'Armée. Nous nous sommes vite retrouvés plus de 1000 ! J'avais du mal à le croire. De plus en plus de membres s'abonnaient à la page et j'avais clairement besoin d'aide pour la gérer. Nico, Mikl, Celine, Valou, Maude, Laure, Julien sont depuis à mes côtés pour gérer le groupe avec ses 4.600 membres. Sans eux, ça n'aurait pas été possible et je profite de cette tribune pour les remercier. Je remercie également les membres actifs de la page : c'est grâce à eux qu'elle vit !

Mass Hysteria et Mehdi, manager et boss du label Verycord, nous soutiennent beaucoup. Ils passent de temps en temps "incognito" sur le groupe, et répondent présents à nos sollicitations. Il est même arrivé qu'avec leur collaboration, des rencontres avant concert (au cours desquelles des chanceux triés sur le volet pouvaient assister aux balances) puissent être organisées.
Grâce à L'Armée des Ombres, j'ai pu rencontrer énormément de personnes lors des concerts qui aimaient Mass autant que moi. Dans toute la France, des membres se rencontrent avant les concerts au cours d'apéros organisés et partagent leur passion commune. J'en garde de magnifiques souvenirs, et en particulier la date du Zénith de Paris. La page permet également de se refiler des bons plans comme pour la recherche de disques et de fringues. Et aux dires du groupe, l'Armée des Ombres lui a permis de prendre conscience, hors concerts, de l'intérêt d'un nombreux public .. on peut même dire un public nombreux !

Difficile pour moi de choisir un seul souvenir parmi tous ceux que j'ai pu partager "intimement" avec Mass Hysteria, alors en voici trois ! Des souvenirs de concerts déjà, quand Mouss a fait sauter mon fils Joan dans le public pour faire son premier slam à cinq ans et demi, et quand, pour la première fois, je me suis retrouvé sur scène pour chanter "Furia" avec eux. Souvenir discographique également, quand j'ai vu mon nom ainsi que la mention de l'Armée des Ombres dans les remerciements de l'album Maniac. J'en ai plein d'autres ... ça prendrait des heures.

Si j'avais un souhait à faire à propos du groupe, ce serait de pouvoir faire sa première partie avec mon groupe Core Poration. Un jour peut-être...
Je terminerai cette tribune avec un extrait d'un texte de MH : "Soudez-vous un bloc amical, dense, solide et sans égal". Et n'oubliez pas "C'est plus que du métal".

[fr] Armée des ombres: Facebook (140 hits)  External  ]

Fan Attic / Chronique LP > Fan Attic : Kiss

Kiss fan Je m'appelle Alain Fahrni et on me surnomme Kissman. j'ai 54 ans et j'habite en Suisse. Je suis fan et collectionneur du groupe américain KISS.

J'ai découvert ce groupe en 1977 sur une chaîne de télévision française qui avait diffusé la bande annonce de l'album Alive II et je suis directement aller acheter mon premier album 'Love gun'. Depuis ce jour, je vis avec KISS.
Le membre du groupe que je préfère est Gene Simmons. Mon plus grand rêve est qu'il puisse venir un jour chez moi. Je suis conscient que c'est utopique, mais il faut toujours avoir des rêves dans la vie, n'est-ce pas ?
Mon album préféré est Destroyer, ma chanson préférée est quant à elle ''I love it loud'', et j'adore l'ambiance que ça donne en concert. Le 18 juillet 2018 lors d'un concert de Gene Simmons à Luxembourg le bassiste m'a invité sur scène à essayer de la chanter avec lui.
J'ai une collection de plus de 13.000 objets tous styles confondus, allant disques aux livres en passant par les jouets, etc... J'ai la chance de pouvoir exposer ma collection dans deux grandes pièces de mon appartement : tout y est bien présenté et visible dans des vitrines.
L'objet le plus cher à mon cœur est la basse Kramer de 1980 de Gene. A l'époque, je l'avais vue dans le magazine allemand Bravo où on pouvait la commander, sachant qu'il existait 1.000 exemplaires portant la signature de Gene ! Comme elle était passablement onéreuse, sa fabrication a été stoppée à 175 copies. J'ai réussi à l'obtenir en 2002 par un ami américain.
J'ai vu 30 concerts dans le monde et participé à une croisière en 2014 (KISS Cruise IV ou comment passer une semaine de folie sans dormir !).
J'ai plusieurs tatouages dont deux de KISS et j'ai rencontré plusieurs fois les membres du groupe. J'ai notamment eu la chance d'avoir la visite du batteur Eric Singer chez moi, ainsi que celle de Bruce Kulick, guitariste de 1984 à 1996, et ce à cinq reprises !
J'ai énormément d'anecdotes concernant KISS, mais ma préférée est assurément celle où quand, en 2013, Gene Simmons m'a contacté pour m'acheter des livres qu'il n'avait pas en sa possession. Du coup, il m'a invité au concert de Zürich avec Meet and Greet au cours duquel je les lui ai offerts. En retour, il m'a été offert une cymbale signée par le groupe.
KISS est le seul groupe qui, jusqu'à maintenant, ne m'a jamais déçu musicalement. C'est un groupe innovant et intelligent, qui a réussi à toucher tout le monde avec des styles de musique différents et qui suit les modes : pour preuve, KISS est toujours là, parmi les cinq plus grands groupes actuels en ayant vendu plus de 150 millions d'albums dans le monde.
Autrement, j'organise des événements et des concerts dans ma ville. J'ai créé un site sur ma vie (kissman.ch). J'aime le Hard Rock et le Heavy Metal, et je vais voir le plus possible de concerts, j'en ai bientôt 2000 au compteur). Je collectionne également les guitar picks (médiators de musiciens) et je suis aussi un chasseur de célébrités (je collectione selfies et dédicaces). Grâce à toutes ces passions, j'ai des connaissances dans le monde entier, et certaines d'entre elles sont même devenues des amis.

Alain Fahrni, fan de KISS.

[ch] kissman.ch: sa vie, son oeuvre (173 hits)  External  ]