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Eno est un duo helvétique, un pays qui a décidément une culture musicale étonnante, ce qui lui permet de posséder une scène aussi foisonnante que la notre (malgré une population neuf fois inférieure), composé du batteur Ivo Münger (Mr. Willis Of Ohio) et de son compère guitariste Christian Mikolasek. A deux, les suisses pratiquent une musique qu'il qualifie eux-même de "postrock" instrumental basé sur des éléments indie rock dynamiques Entre Sigur Ros et Envy, le groupe sort en 2008 son premier effort, un EP intitulé Stea.alto paru sur le label Synalgie Records.

Eno / Chronique EP > Must correspond in pattern

Must correspond in pattern Après Stea.alto, EP inaugural avec lequel les Suisses d'Eno avaient su se révéler auprès des amoureux du genre, voici assurément l'une des très belles surprises de la compilation Falling down sous les feux de la rampe avec un deuxième mini-album : Must correspond in pattern. Quatre titres, soit quatre nouvelles pépites indie (post)-rock où le groupe démontre son goût pour les crescendo languissants ("Intro"), la mise en place d'une mécanique harmonique rare et sa maîtrise des progressions mélodiques qui veillent à plonger l'auditeur dans un état assez difficile à décrire avec des mots : comme un mélange de coma semi-conscient où certains sens seraient décuplés ("Archaic pattern"). Eno a mis trois jours pour enregistrer les quatre pistes composant cet EP et pourtant on a l'impression d'avoir devant nous un groupe qui a passé des mois à polir ses compositions, à en affiner les plus infimes détails afin d'en décupler l'amplitude émotionnelle. En quelques heures, les Suisses sont parvenus à faire naître quelques moments de grâce qui semble, au fil des écoutes, définitivement intemporelle. Pour donner plus de caractère à sa musique, Eno incorpore quelques cris lointains qui parsèment le sentiment d'apaisement absolu qui ressort du disque d'un soupçon de violence très contenue. Mais la tonalité général et propice à admirer des panoramas que le groupe esquisse en titillant notre imaginaire. Une montée des guitares portée par une trame mélodique d'une rare élégance, toujours mesuré, parfois dense, d'autres fois plus minimaliste, le groupe transforme tout ce qu'il touche en or ("Evolve, unfold"). Cercles vertueux enivrants, emprise technique absolue, le groupe ne se contente pas d'une vague "Outro" pour conclure ce Must correspond in pattern, il livre là sans doute le meilleur morceau de l'EP. Un titre de post-rock assez court (5 minutes et des poussières) mais à l'intensité salvatrice domptée par une écriture finement ciselée.
Euphorisant.

Eno / Chronique EP > Stea.alto

Eno - Stea.alto Stea.alto, premier effort dégainé par le duo suisse Eno a mis tous les atouts de son côté pour nous convaincre. Un mini-album présenté dans un élégant digipack cartonné, une cover esquissée avec classe, un disque que l'on pose soigneusement dans le mange-disque et surtout l'essentiel, une musique, qui de "Ser roen" à "Aalto" épouse idéalement les lignes de démarcations d'un (post) rock hybride, raffiné et nourri d'une myriade de nuances et autres subtilités évanescentes. Eno n'a que cinq titres devant lui et pourtant, le duo prend le temps de dévoiler des compositions à l'écritude lumineuse et ravissante, portées par des mélodies enjôleuses qui viennent caresser la platine, des instrumentations qui s'envolent dans les cieux, quelques mélopées stratosphériques qui viennent nous renvoyer aux Mogwai et autres Mono tout en développant une écriture personnelle qui transparaît à l'écoute de "Ser roen", titre inaugural de l'EP.
Ce Stea.alto, le duo helvétique l'a vraisemblablement poli des semaines durant avec d'en dévoiler le contenu, tant chaque mesure instille ce soin particulier apporté aux arrangements cristallins et mélodies ténues de "Kelar". On pense alors au post-rock luminescent de Sigur Ros et les membres d'Eno s'envolent inexorablement vers les sphères céleste d'une musique rêveuse et méditative. Un petit bijou du genre, au crescendo libérateur et enivrant. Quelques mots déposés en introduction, un spoken words en forme de gimmick introductif et le duo dévoile une ode pastorale au genre. Douceur et légèreté sont les maîtres-mots de ce titre qui préfigure l'autre pépite de ce Stea.alto, le merveilleux "Ne treer" où le groupe, comme touché par la grâce des dieux du post-rock livre une pièce d'orfèvrerie musicale, finement ouvragée et littéralement absorbée par une mélodie ravissante. On se dit alors qu'après 4 titres, le cas Eno vire au petit miracle et là, le groupe choisi d'en remettre une couche avec "Aalto". Dans certains moments, les mots ne suffisent plus, il suffit juste de poser son crayon, s'asseoir et se laisser transporter par la musique d'un duo qui livre ici un mini-album d'une qualité rare...