En Declin-photocall En Declin n'est pas réellement connu en France. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous et comment décrieriez-vous votre musique ?
Le projet est né en 1996 sous le nom My End lorsque Andrea Aschi (guitare), Fabrizio Casuccio (chant), Carmelo Paci (basse) and Cristiano Loddo (batterie) ont joint leurs efforts et leur passion pour créer de la musique sombre et lugubre. En 2000, et après avoir changé notre nom de groupe, nous sommes rentrés dans le studio de Giuseppe Orlando pour enregistrer notre première démo Amaranth dont les influences penchaient vers du death mélodique assez sombre. Ce premier essai a été bien accueilli par les médias. Puis dans l'année 2002, Cristiano et Fabrizio sont partis et ont été remplacé assez rapidement par Marco Campioni (batterie) et Maurizio Tavani (chant). Tous ces changements se sont déroulés sans problème. Les nouveaux membres ont apporté du sang neuf et une nouvelle énergie au groupe.
C'est à partir de cette période que nous avons commencé à incorporer des ambiances plus mélancoliques, plus profondes avec des éléments de rock progressif à notre musique. 2003 a été l'année de l'étape finale de cette évolution et maturité artistique. En Declin est retourné en studio avec l'arrivée d'un nouveau guitariste (NDR : Daniele Carfagna) afin de préparer un EP intitulé Trama. Au final, cette production a eu tellement de bons retours dans les médias et par le public que My Kingdom Music nous a offert la possibilité de faire un vrai premier album. Après avoir signé, nous avons donc enregistré et sorti Trama (qui porte donc le même titre que l'EP précèdent) à la fin de l'année 2005. En 2006, nous avons à nouveau procédé à un petit changement dans la formation : Massimo Ciaccia a pris la place de Carmelo à la basse. Ensuite, nous avons effectué une série de concerts en Italie et à Rome d'où nous sommes originaires.
L'année 2008 a été essentiellement consacrée à la réalisation de Domino / Consequence où je pense que nous avons fait preuve d'une réelle inspiration et d'une certaine innovation comparés aux anciens. Le nouveau travail fait sur cet album montre à quel point nous n'avons pas hésité à mixer les guitares acoustiques et la grosse distortion metal. C'était quelque chose de vraiment nouveau pour nous.
Pour répondre à ta question sur notre style. C'est toujours très difficile pour un groupe de répondre à ça. Les magazines parlent de Tool, A Perfect Circle, Jeff Buckley ou même The Cure. Toutes ces formations qui ont apporté leur part d'innovation dans la musique font parti de notre background musical, c'est certain. Nous sommes juste une bande de potes qui essayent de jouer avec nos propres émotions. C'est tout !

En Declin, ça sonne plutôt français. Pourquoi ce nom ?
En Declin a été choisi par rapport à une période qui nous fascine beaucoup. L'opium de Beaudelaire, les prostitués, la peinture "Déjeuner sur l'herbe" de Manet, l'absinthe. Tous ces éléments réunis avec intelligence, cette façon d'observer et de décrire le monde, en ces temps là, semble remplis de cynisme et de désillusion avec un charme que l'on ne trouve plus de nos jours. La France est un endroit où toutes ces images sont nées. Choisir ce nom, c'était pour nous un moyen de faire rappeler toutes ces atmosphères.

Domino / Consequence vient de sortir. Je suppose que vos attentes sont importantes. Allez-vous sortir un peu de l'Italie pour promouvoir cet album ?
Oui, bien sûr. Nous prévoyons de jouer ailleurs et nous en serions tellement ravis. Mais pour l'instant, rien n'est encore planifié. Nous travaillons effectivement dessus en ce moment.

Et une sortie de l'album hors de vos frontières ?
Oui, cela fait aussi partie des prévisions.

Quel signification se cache derrière le titre de votre dernier album ?
Domino / Consequence sont deux mots extrêmement proches l'un de l'autre. En faisant abstraction des théories du chaos, nous nous sommes plutôt référé à des choses plus subjectives, moins universelles disons. Les conséquences des bons souvenirs, la conscience que rien n'est éternel, les difficultés de communication, le besoin de ne pas être toujours soi-même sont des éléments qui ont alimenté notre réflexion. Il y a toujours un objectif derrière la découverte des choses. D'une certaine manière, cet album peut être considéré comme un essai d'introspection pour définir les causes et les effets de tout ça. Peut-être avons-nous plus retenu notre attention sur comment les choses se passent dans notre fort intérieur quand nous faisons face à de nouvelles expériences de la vie : Que reste-il en nous ? Une nouvelle conscience ? Pourquoi cette soudaine saute d'humeur ? Avons-nous bien évolué ? Ou serait-ce juste sur un moment avant que nous commettions à nouveau les mêmes erreurs ? Toutes ces questions pêle-mêle, c'est le cœur de Domino / Consequence.

Les textes reflètent-ils donc cet état d'esprit ?
Oui, ce sont nos propres expériences. Nous voulions nous arrêter sur des petites choses de la vie qui nous interpelle. Jamais nous n'avons eu en tête de livrer dans nos paroles des exemples concrets mais plutôt de les utiliser pour nous-mêmes. Comme je le soulignais auparavant, c'est en réalité une sorte d'introspection. Nos textes sont une propre traduction de comment nous vivons et ressentons les choses au quotidien. Si quelqu'un s'identifie à nos paroles, ce que nous pouvons totalement comprendre, alors cela voudra dire qu'au final nous vivons bien tous dans le même monde et que nous faisons face aux problèmes de la même manière. en DECLIN - Domino / Consequence

Je vous ai découvert avec ce nouvel album. Pouvez-vous me donner les principales différences entre votre premier, Trama, et celui-ci ?
Et bien, une chose est certaine, c'est que notre dernier évolue dans la continuité de Trama. Les deux ont le point commun de dessiner le portrait de nos humeurs. Par contre, le premier le fait d'une manière plus contrastée avec des mélodies douces et des riffs brutaux. Le changement est plus fort entre les deux ambiances. Trama est un album qui peut être considéré comme instinctif. La vividité de l'image et la chaleur des couleurs de la couverture le confirment d'ailleurs. Domino / Consequence est surement plus équilibré, les choses se sont faites avec plus d'assurance. La façon de nous exprimer autant musicale que scripturale est plus mature. Nous avons par exemple gardé les éléments acoustiques de Trama mais ils sont plus réfléchis et variés sur ce dernier. Cela étant, nous aimons le fait que ces deux albums aient le même dénominateur commun, c'est à dire, le rêve ou plus exactement l'onirisme.

Parlez moi un peu des conditions de cet enregistrement ?
Le travail sur cet album a été très très long, un peu stressant mais payant.
La difficulté mais également le challenge de faire quelque chose de nouveau a été d'autant plus excitant que nous avons utilisé notre propre son en prenant le soin d'éviter tout un tas d'effets à la post production. L'idée était d'avoir un son qui correspond à peu de chose près à celui du live. C'est la raison pour laquelle nous avons passé beaucoup plus de temps au studio qu'à l'accoutumé. Nous espérons que le résultat est à la hauteur. Pour nous, cela ne fait aucun doute car Giuseppe, notre producteur, nous connaît depuis si longtemps. Cela facilite les choses car il connaît bien notre musique et ses précieux conseils nous font grandement avancer. L'enregistrement de Domino / Consequence a été une expérience intense et profonde qui nous a beaucoup apporté en tant que musiciens.

Est-ce que l'idée de chanter en italien sur un disque entier vous a traversé l'esprit ?
Plus d'une fois ! L'italien est une langue tellement riche et plus simple à écrire car c'est notre langue natale. Mais d'un autre côté, il est assez difficile de l'utiliser pour chanter. Nous pensons que des artistes comme Franco Battiato, qui ont décidé de chanter dans leur langue, sont capables de faire des choses bien plus intéressantes comparées à nous. En utilisant différents arrangements, instruments et sons, ils trouvent souvent le son qui sied le mieux avec le texte. Beaucoup de formations rock italiennes utilisent également leur langue comme Verdena ou Subsonica. Pour nous, ce n'est pas encore naturel puisque l'on chante en anglais depuis le début, mais on y pense. Peut-être que l'expérience se fera un jour.

D'où vous est venu l'idée de reprendre "While my guitar gently weeps" des Beatles ?
Depuis que nous jouons de la musique, nous nous sommes toujours essayé aux reprises mais jamais nous n'avons réussi à les terminer. L'idée de refaire cette chanson était dans nos têtes depuis longtemps déjà. Alors, nous avons décidé de nous y mettre un bon coup et de lui faire un lifting à notre manière sans motivation de défi ou quoique ce soit. Nous nous sommes accaparé cette chanson et cette version, c'est comme si c'était un peu la notre, comme si nous l'avions composée. Nous avons débuté la création de cette reprise par la ligne vocale et les guitares. Le reste de la chanson est totalement une approche "En Declin". C'était la seule manière pour nous de triompher sur ce Goliath que sont les Beatles.

La scène rock italienne est finalement assez peu connue en France à l'exception de Lacuna Coil, Rhapsody et quelques autres formations. Quels groupes originaires de votre pays méritent le coup d'oreille selon vous ?
Les gens qui parlent de la scène métal ou rock en Italie, passent leur temps à mettre en évidence celle de Rome dont nous sommes supposés faire partie. Cela ne nous dérange pas mais il faut savoir que chaque groupe a son propre style, même si les influences sont communes. Ça va de la scène métal Scandinave au pop-rock des années 80. Et puis en Italie, il y a une admiration et un respect mutuel entre les groupes. Indubitablement nous pensons qu'un groupe comme Novembre, qui est une icône de la scène gothic-death-metal en Italie, vaut l'écoute. Klimt1918, qui a eu un large succès à travers l'Europe, est également une valeur sûre de notre paysage rock. Enfin, nous recommandons Room with a view, qui malheureusement a splitté après deux supers albums et The Sun of Weakness qui a sorti un excellent premier album il y a deux ans chez My Kingdom Music.

Pour terminer, avez-vous un message à faire passer aux français ?
On ne peut que les conseiller d'aller écouter En Declin. Après tout, ne dit-on pas que les français et les italiens sont cousins ? Alors, pourquoi ne pas s'intéresser à ce qu'il se passe dans la famille, hein ? Rendez-vous sur notre myspace (myspace.com/endeclin), laissez un commentaire ou une opinion, nous en serions plus que ravis.