Emily Barker - A dark murmuration of words Emily Barker aura 40 ans en décembre de cette année, cela fait presque 20 ans qu'elle se promène sur la planète et fait de la musique mais ses albums "solo" sont plutôt rares, celui-ci n'est que le quatrième. Elle porte en elle un spleen (la situation de la planète quant au réchauffement climatique, au sexisme ou au racisme n'est pas idéale pour quelqu'un d'engagé) qu'elle fait vivre à travers sa guitare, son chant et quelques instruments qui viennent habiller les morceaux. Dans les constructions et le savant mélange entre intimité ("Return me", "Strange weather") et orchestrations ("Geography", "When stars cannot be found", "Ordinary"), on peut la rapprocher de Matt Costa, autre amateur de folk bercé par le soleil et nourri par la musique des plus grands (Bob Dylan, Joni Mitchell, Neil Young...). Elle a quitté l'Australie pour l'Angleterre (où elle côtoie Frank Turner) mais c'est bien la musique venue des États-Unis qui l'inspire, un americana qui ne se contente pas de mélodies simples mais cherche à toucher l'auditeur. De toute façon, comment rester insensible à "Where have the sparrows Gone?" ou ne pas être touché(e) par la puissance de "Machine" qui va puiser sa force dans un blues hargneux. C'est aussi ce qui est bluffant avec Emily Barker, la capacité pour cette voix si douce de changer de tonalité et de transformer sa finesse en rugosité le temps d'une composition. Mais c'est bien la légèreté de son timbre sur des sujets graves que l'on retient de cet opus bien plus lumineux que l'artwork ou cette chronique ne peut le laisser croire.