electric_magma_coconut_bangers_ball.jpg Celle-là, il fallait s'y attendre... Après 3 albums d'un stoner massif exclusivement instrumental et semi improvisé (dont Snail the wah était en quelque sorte l'aboutissement), Electric Magma a embauché ou plutôt débauché un vocaliste/ hurleur (un certain Paolo Rizzo) à l'occasion de son quatrième opus sobrement baptisé : Coconut bangers ball (là, il n'y a pas à dire, c'est du titre qui en jette...). N'y allons pas inutilement par quatre chemins, hommage avoué au mouvement sludge, ce disque est une claque monumentale. Là où leur précédent opus se révélait assez aventureux et largement improvisé, ici seuls les titres des morceaux ont été improvisés (sic). Car Coconut bangers ball est une sorte de mur de son bétonné façon anti-atomique et à la rythmique carrément dantesque. Déjà deux batteries, en général ça calme, mais là, comme si ça ne suffisait pas, elles se juxtaposent aux nombreuses décharges de riffs qui parsèment l'album et aux éclairs de rage vocale qui viennent propulser l'ensemble vers les sommets du sludge rock. Plutôt cool non ?
Riffs incandescent, groove caniculaire et fuzz étourdissant qui en met partout (mais alors... partout), le tout (oui, on fait aussi des rimes au W-Fenec) savamment enduit dans un son particulièrement dense, l'album ne dure qu'une grosse demi-heure, mais on en prend dans les tympans. Ce n'est plus un disque, ni le catalogue des 3 Suisses façon Monkey3 (riez par pitié...) mais un véritable arsenal stoner/ sludge. Certes, jamais Electric Magma n'aura aussi bien porté son nom, mais c'est avec cet album que le groupe prend une nouvelle dimension. Le groupe pilonne ses compos, en fait des tonnes tout en faisant preuve d'une maîtrise presque surhumaine. Explorant sans cesse, repoussant ses propres limites avec une foi inébranlable dans son oeuvre, le trio américain a largement densifié sa musique, coulant son alliage encore brûlant dans des rythmiques telluriques hallucinantes et quelques hurlements en forme de fulgurances hardcore. Ni plus ni moins qu'un hymne au headbang. Chirurgical et terriblement efficace. Les Electric Magma croient en eux et le problème, c'est qu'on ne peut pas les taxer d'arrogants, ils peuvent largement se le permettre. Du coup, il faut être honnête, on est pas peu fiers d'être les seuls (sauf erreur ou omission de notre part), à parler de ce groupe dans nos contrées. Curieux quand même, car Coconut bangers ball, c'est véritablement de l'or en barres... et en plus, contrairement à son prédécesseur, l'artwork est plutôt sympa. Que demander de plus ?...