Edgar Deception - Ption J'ai reçu Ption, le dernier (et deuxième) LP du trio parisien edgar déception (ouais, ils ne veulent pas de majucules). Le nom m'a fait sourire, un peu comme quand j'ai découvert les Johnny Mafia ou Fun Fun Funeral la première fois. J'ai mis le disque en route pour voir ce qu'il en retournait, et puis je me suis rendu compte assez vite que leur musique aussi me faisait tout autant sourire. Tout en l'appréciant de si bon cœur. J'adore par moment leur côté casse-gueule et leur prise de risques, ca n'a pas l'air toujours très juste-juste, la prononciation anglaise est approximative, mais ça passe vraiment nickel. Ouais, je pense qu'on peut parler de personnes effrontées, musicalement. Je ne les connaissais pas du tout, et pourtant ils existent depuis 2017, discographiquement parlant, avec Décès, un premier LP indie-pop-folk/college alt-rock intéressant, mais pas autant que Ption. Tu viens de capter le lien entre les deux, non ? Drôle, hein ? Ben voilà, ça résume bien la musique d'edgar déception.

Le groupe confesse que Ption a fait l'objet d'années de travail acharné, que ce fut un dur labeur. On les croit sans trop de difficulté, tant il est vrai qu'entre les deux œuvres, on constate amplement que le petit dernier est davantage travaillé, varié et plein d'audace. Plus singulier, on va dire. Mais surtout aventureux ! Même leur EP Clown clown dead, datant de fin 2022, semble encore trop proche du premier en termes de style. Il faut dire que pour Ption, Eva, Tessa et Valentin ont décidé de se faire un petit kiff musical, de dépasser leurs limites habituelles, en mélangeant par exemple des airs punks véloces à leur style lo-fi tout en l'habillant d'une trompette ("Do you love me Leo and Sandy"), ou bien de faire appel à l'organetto et à la vielle à archet du compositeur Variéras (Le Radeau Consort) sur la décontractée "Animals", mais également d'incorporer avec succès un entrelacement de textes chantés en français (une première je crois) sur "Le voisin et le serpent". La matière indie-pop d'edgar déception, souvent proche de l'intrépidité d'un Of Montreal avec des touches 90's à la Weezer et Pavement, bénéficie considérablement de la cohésion de ses musiciens et de leur variété de chants alternant masculin/féminin. Et puis surtout de leurs phases calmes/nerveuses bien diffuses dans le disque qui tuent la morosité et stimulent nos sens.

On sort réellement rafraichis de l'écoute de ce Ption, notamment grâce à de petites pépites tels que "Tchou tchou I love you" ou "Swimmie", un peu comme une bonne douche froide lors d'une grosse canicule. Un album qui sans hésitation permettra au groupe de se faire (re)connaître davantage sur la scène indie française. Car il le mérite terriblement.