Ed Wood Jr - Silence Difficile de ne pas jubiler à la réception de Silence d'Ed Wood Jr tant Ruban de Möbius a été une claque énorme pour nos petites oreilles : un brassage des genres (noise, math, hardcore) poussé à un niveau de qualité et d'alchimie rarement atteint dans le genre. D'ailleurs, je l'avais pas encore entendu ce nouvel album que je l'aimais déjà parce qu'on a envie de leur faire une confiance aveugle à ces petits lillois bourrés de talents... Et à raison, Silence est excellentissime de bout en bout. Ou comment maintenir la qualité de Ruban de Möbius en faisant évoluer la formule. On appelle ça la classe ou la maestria si on veut se donner des airs d'étudiant Erasmus dans le métier de chroniqueur.
Dès le premier titre "Maila Nurmi", l'impression d'un virage aperçu en live se confirme : une boucle éléctro, un batteur qui se manifeste vigoureusement, un riff, et c'est parti : le morceau est une entame d'album excellente et on attendait pas moins... La référence à Battles, auquel j'avais pensé en les voyant live, me paraît finalement bien trop facile et paresseuse : Ed Wood Jr ajoute des tentations éléctros à son gloubi-glouba tout en paressant singulièrement éloigné du groupe de John Stanier. Dès le second morceau, c'est Thibault qui se distingue en côtoyant la force de frappe de l'ex-batteur d'Helmet pour un morceau tout bonnement excellent : des scintillements sonores, la voix si caractéristique d'Olivier et la maitrise du duo quand il s'agit d'écrire des titres au dessus du lot. Prends ça dans tes dents camarades... La suite est du calibre des deux premières plages : "Babtrip" figure déjà parmi mon peloton de têtes de mes titres préférés d'Ed Wood Jr, "Themeo" me donnerait presque envie de danser si j'avais pas été déjà trop vieux pour ça, "IVCV" est toujours un morceau diablement bandant que l'on a hate de voir en live. Ed Wood Jr nous tient en haleine durant les dix titres finger in ze nose, on te recommande vivement d'aller écouter les titres disponibles sur bandcamp à l'écoute.
Bref, un petit bijou de plus dans leur discographie. Ah et la pochette est méga-classe aussi, très "Lynchéene" (une route, le fantôme d'un cervidé, un accident ? un continuum espace-temps ? une femme à poil va t'elle apparaitre sur le siège passager de la voiture ?). Là aussi, totalement imparable. Vivement l'édition vinyle qui va déboiter quelques épaules. J'en pleure de joie tellement tout est comme je veux dans le monde d'Ed Wood Jr.