Earth - Angels of Darkness, Demons of Light I Trois ans après le très honorable The bees made honey in the lion's skull, Dylan Carlson, seul membre fondateur du groupe encore actif, inaugure un diptyque discographique de Earth en s'entourant cette fois de Karl Blau (basse) en lieu et place de Don McGreevy et de Lori Goldston (violoncelle) en remplacement de Steve Moore. Quant à sa compagne depuis plusieurs années, Adrienne Davies, elle est répond toujours présent derrière les fûts pour apporter sa contribution à cet Angels of darkness, demons of light I enregistré en même temps que sa "sequel" immédiate sortie un an plus tard. Sous ce nouveau line-up, la figure tutélaire du drone/doom poursuit son cheminement créatif, labourant toujours un peu plus son terreau musical rock expérimental en explorant encore plus profondément ses atmosphères old-school, pesantes et hypnotiques... tout en gardant une

Produit par Stuart Hallerman (entre autres aux manettes sur des albums de Mudhoney ou Soundgarden), ce nouvel opus de Earth laisse entrevoir un groupe dont l'écriture suit la maturité acquise au fil des aventures musicales et extra-musicales de Dylan Carson, lequel laisse désormais son écriture toujours plus ouverte à l'improvisation, aux textures folk-rock désenchantées et aux variations progressives de ses précédents travaux. L'éloge de la lenteur et de la répétitivité dont l'amplitude et le minimalisme font frissonner, une certaine idée de la musique qui mêle tout naturellement drone/doom et rock expérimental organique... Paradoxalement, le résultat est aussi fugitivement fascinant que régulièrement... ennuyeux (aussi) et si les ambiances sont toujours aussi familières ("Old black"), que les morceaux de ce nouvel album n'auraient pas forcément dépareillé sur les autres opus de la discographie du groupe ("Father midnight"), on note que le Earth nouveau aime se faire l'écho d'une musique particulièrement aride, méditative et rapeuse ("Hell's winter").

Musique qui au delà de ses atmosphères d'un autre-temps, perdues le long des immensités désertiques d'Amérique du Nord, se fait aussi l'écho de nouvelles aspirations musicales chez le maître d'oeuvre du projet Earth. Un Dylan Carson qui, vingt-deux ans après ses premières pérégrinations musicales avec son groupe de toujours, a encore des choses à dire, mais plus de la même manière, le temps, les fantômes du passé et les envies d'autre choses étant depuis passées par là. Pour le meilleur d'un diptyque discographique qui marque l'évolution du groupe sur son premier volet comme sur sa suite...