Dropkick Murphys - Going out in style Qu'on se le dise, les Dropkick Murphys sont devenus une institution, une grosse machine de guerre comptant dans ses rangs une artillerie de fans acquis à sa cause. Sa cause ? Et bien, à peu de chose près la même depuis 1996 et le premier de ses sept albums studio au compteur à savoir : satisfaire nos écoutilles d'un bon vieux (on retient son souffle) punk-rock n' roll country oï celtique folklorique et fédérateur au possible (beau pléonasme). Visiblement la recette fonctionne toujours autant, si bien que le petit nouveau, Going out in style, ne déroge pas à la règle.

Produit par le britannique Ted Hutt (Flogging Molly, MxPx, The Bouncing Souls), ce disque s'inscrit dans un "concept-album" en partie inspiré de la vie réelle du groupe - les membres sont eux-mêmes descendants d'immigrants irlandais - et relate celle d'un homme nommé Cornélius Larkin. Chaque chanson retrace et raconte le parcours de cet irlandais, marqué par ses traditions et sa culture, arrivant à l'âge de 16 ans aux Etats-Unis, embarqué dans la guerre de Corée, marié jeune et qui a travaillé dur pour nourrir sa famille nombreuse. Il se murmure même que cette histoire, pouvant paraître comme vraie avec sa vicissitude continuelle de peines et de joies, pourrait faire plus tard l'objet d'un livre plus détaillé.

Pour l'heure, Dropkick Murphys, se permet d'en tracer les grandes lignes à commencer par la naissance du personnage, ce dès le premier titre, "Hang 'em high", où la troupe s'en donne à c(h)œur joie. L'inévitable cornemuse des Bostoniens se pose sur le rouleau compresseur rythmique, le banjo apporte son folklore, pas de doute possible, les Dropkick n'ont pas changé d'un iota leur ligne artistique. Fallait-il en douter ? Inutile de vous dire qu'on en prend pour notre compte durant trois-quart d'heure, à l'image du titre éponyme où l'inénarrable Fat Mike de NoFX, accompagnés de Chris Cheney (The Living End) et de l'acteur Lenny Clarke, vient pousser la chansonnette pour une ode et une invitation à la fête. En somme, le morceau parfait pour remplacer le café ou le thé vert du matin. La troupe renoue également avec des chansons plus traditionnelles où le punk s'efface et laisse place à la mélancolie à l'image de la magnifique "Cruel" ou sur "1953", titre évoquant l'amour de Cornélius pour une femme lors de son difficile retour de la guerre de Corée.

La principale surprise de ce Going out in style vient à la fin lorsque qu'une légende du rock américain, l'immense Bruce Springsteen, vient poser son chant et participer avec ardeur sur le refrain de "Peg O'my heart". Magique ! Avec ce nouvel album, les Dropkick Murphys prennent tout doucement le chemin de ces groupes aux styles instantanément identifiables (je pense à AC/DC notamment) qui arrivent à garder leur horde de fans en ne prenant que très peu de risques artistiques. C'en est presque impertinent mais cela a le mérite d'être salué tant la sincérité du groupe est profonde. Et si vous ne me croyez pas, vous n'aurez qu'à vous déplacer les voir en live, c'est vraiment quelque chose à vivre. Let's go Murphys !!!