Dropkick Murphys - The meanest of times Une sonnerie qui retentit et annonce le début de la récré, on pointe le nez dans la cour et nous voilà embarqué dans un étrange périple folk punk rock en 16 étapes musicales dans les contrées celtiques des bostoniens (LA ville d'Amérique du Nord qui porte haut et fort les couleurs irlandaises) de ces fous des Red Sox que sont les Dropkick Murphys. Un "irish coffee" rock punkisant fortement alcoolisé, un peu foutraque et bercé par une cornemuse pour faire couleur locale. 16 titres donc, parmi lesquels, des morceaux comme "God willing" ou "Vices or vitues", rageurs, pas inventifs pour deux pennys, mais foutrement énergiques.
Des titres courts, grossièrement envoyés dans les enceintes mais déballés avec une véritable intégrité celto-punk rock qui avoine. The meanest of times est donc un album qui s'écoute passablement éméché dans son salon avec sa bande de potes généralement dans le même état (parce qu'en voiture, c'est quand même bien risqué...), une compilation de titres globalement primaires, gorgés de punk pur jus et d'instruments plus traditionnels (flûte, mandoline, cornemuse etc...), pour un cocktail qui a de quoi exploser l'éthylotest mais qui a également le bon goût de ne pas faire travailler l'intellect... (sic). Prod bien grasse, compos décérébrées mais joyeusement bordéliques ("I'll begin again", "Loyal to no one"), la cuvée Dropkick Murphys sent bon le bottage de cul généralisé à la sortie d'un pub anglo-saxon un soir de derby footbalistique, celui-ci s'éloignant peu à peu des prés verts pour donner dans le pugilistique.
Des guitares affutées qui crachent les décibels, des choeurs taillés pour faire vibrer les travées de Landsdowne Road (temple du rugby irlandais pour les allergiques à l'ovalie) et quelques morceaux plus calmes, fédérateurs, en forme d'hymne rock faisant appel à la fierté du peuple celtique ("Shattered", "Johnny, I hardly knew ya"...), Dropkick Murphys ne surprend plus mais se fait plaisir et fait plaisir aux amateurs d'un punk basique, mais immédiat, viril et fédérateur. Après une belle pile d'albums (The meanest of times étant rien moins que le dixième en onze ans d'existence), le gang de Boston n'a plus rien à prouver. Désormais, les Dropkick Murphys se font tout simplement bruyamment plaisir et c'est bien là l'essentiel...