Don Caballero : Punkgasm Punkgasm est un album complexe, démentiel et chargé. Don Caballero redéfinit la notion d'utilisation d'une guitare comme machine à produire des sons, des harmonies, des mélodies. Les guitares de Don Caballero sont tout celà à la fois et bien plus. "Loudest shop vac in the world" est un déluge calme et restreint de guitares sulfureuses qui s'embrasent à mi-chemin, riffs hypnotiques, cris électriques, basse insistante, un morceau en deux parties, grand silence, et un redémarrage des mêmes idées de façon plus désarticulée, basse métallique, guitare qui joue sur les harmoniques, riff qui s'emballe après presque 9 minutes d'exploration d'une idée simple. Entre ces titres dantesques, Don Caballero glissent des interludes qui n'ont l'air de rien mais sont partie intégrante de l'ensemble, donnant le ton pour le titre suivant et finalisant l'atmosphère précédente, une façon de concevoir ce Punkgasm comme un acte musical homogène.
"Bulk Eye" tourne en boucle sur un riff abrasif, envoûtant et indélébile, les riffs se répètent sans cesse, mais avec une palette extensive de variations; Contrairement à bon nombre de groupe instrumental, qui pourrait faire avec un chanteur pour combler leur lacune ou inhabilités, Don Caballero se suffit à lui-même.
Punkgasm reprend des idées explorées précédemment par Damon Che avec son groupe Speaking Canaries. Le groupe joue également des chaises musicales, avec Gene Doyle chantant sur un des titres, Damon Che chantant sur "Dirty Looks", et sur le lyrique "Punkgasm" c'est Gene derrière les fûts et Damon à la guitare! Parmi les petites perles de Don Caballero, citons le très pop et introspectif "Celestial Dusty Groove" avec sa basse très ronde et son chant presque aérien, les guitares sont toujours autant envoutantes, accompagné par un chant qui se transforme en un choeur. Au rayon des harmoniques artificielles, "Lord Krepelka" se place en tête de gondole, toujours avec attrait pour les signatures rythmiques particulières.
Afin de donner le change à la première formation de Don Caballero, "Challenge jets" s'épanouit tout en tapping, un clin d'oeil particulier où tout le monde participe, y compris la basse. "Slaughbaughs' ought not own dog data" trébuche, son creusé, guitare alpine, quant à lui "Awe man that's jive skip" déraille en pas chasseur, guitare claire, guitare étouffée, chaque titre surgit comme l'exploration intense d'une poignée de nouvelle idées. Cet album a un karma envoûtant et ne perd en rien de son attrait même après un nombre d'écoutes important.