Dominic - Nord Quand on ne sait pas comment baptiser son album, autant faire simple. Avec Nord, les Nor(d)végiens de Dominic se contentent d'évoquer vaguement leur origine géographique et laissent la surprise quant au contenu dudit disque, du moins pour ceux qui ne les connaissent pas encore. Et pour ceux-là, la surprise est plutôt réjouissante, car les scandinaves pratiquent ici un rock ultra-nerveux, noisy et soumis à un très puissant bombardement de screamo éruptif. Alors fatalement, ça racle le sol, ça fait fumer les amplis et surtout, ça se laisse envahir par une énergie brute sauvagement communicatrice. Les Lack et autres Kaospilot peuvent aller se rhabiller... L'inaugural "End of man" ne laisse aucun doute, ça va envoyer du gros son façon. Et effectivement, ça envoie plutôt pas mal. La batterie est en retrait, les guitares font le métier pendant que l'aboyeur en chef met tout ce qu'il a dans les chaussettes pour faire vibrer des compos plutôt efficaces ("Farewell welfare"). Un son âpre qui sied parfaitement au registre musical dans lequel évolue le gang norvégiens, des titres qui oscillent entre rock tendu et noise agressive, le tout baignant dans les effluves hardcore d'un screamo épidermique et sauvage ("Idiocracy", "Incorporated desert fields"). Breaks flirtant avec les contrées du post-rock (si si...), basse rampante, des torrents de riffs qui grimpent le long de notre colonne vertébrale, un vocaliste qui s'époumone jusqu'à plus soif, le son made in Dominic se veut à la fois rampant et compact, intense et fulgurant ("Deep, deep and forever"). Et c'est dans cet esprit que Nord impose sa marque sans jouer sur les clichés éculés du genre, sans pour autant révolutionner le genre non plus (paradoxe quand tu nous tiens), le groupe parvient à se faufiler entre les figures imposées du style, les poncifs déjà vus et revus pour distiller un cocktail musical à la fois acide, primal et élégant ("Get rich and die trying", "Railroad of attraction"). On aurait pu croire que les Dominic seraient tentés de se placer dans l'ombre de la référence JR Ewing, mais finalement, les Norvégiens parviennent à se défaire de l'héritage un brin encombrant de leurs illustres aînés pour parfaire leur son et imposer leur griffe musicale. Mission accomplie.