Dolly live Dolly live D'où est venu l'idée de faire un duo avec le chanteur des Stereophonics ?
Manu : Alors la petite histoire, c'est Clive Martin, notre réalisateur artistique, qui est super-pote avec le manager des Stereophonics. Et donc il a fait écouter à John Brand les groupes qu'il a fait en France. Il y avait Dolly dedans. John a vachement flasher dessus, il a embarqué le disque. Il l'a fait écouter aux Stereophonics, et donc il paraîtrait qu'ils ont flashé dessus aussi et ils ont proposé de faire un duo. Ce qui est génial, c'est qu'il proposait de faire ça sur un morceau de Dolly. C'est rare pour un groupe anglais de s'ouvrir comme ça.
Tu l'as forcé à chanter en français ?
Manu : Ouais un refrain, mais on l'as pas forcé. C'est vrai qu'au départ, il était réticent parce qu'il ne voulait pas avoir l'impression de ne pas faire ça sincèrement. Il voulait vraiment le faire bien afin que les gens ressentent qu'il comprenait ce qu'il était en train de chanter. Mais en même temps c'était en phonétique, alors c'était assez.. c'était mignon. Mais il est énorme, il est excellent ce mec !
Si l'occasion se présente, vous recommencerez cette expérience ?
Manu : bah.. tant que ça se passe bien.
Nico : ça s'est bien passé
Micka : Ouais, Ouais, c'est terrible !
Manu : et puis on le faisait déjà souvent avant avec Dolly and Co. On invitait les gens à venir sur scène avec nous. On est assez friand de ce genre d'expériences et de mélange, de collaboration.

Louise Attaque qui pulvérise des records de ventes avec un rock acoustique, des groupes comme Apocalyptica ou Rasputina jouent du métal sur des violoncelles ; lors d'un concert au New-Morning vous avez joué avec 3 violons sur "Partir seule" et enregistré ce titre en acoustique sur le single du même nom. D'après vous, y a-t'il un renouveau de l'acoustique dans le monde du rock ?
Thierry : Les violons ça fonctionnent bien en général, de tout temps. Plus particulièrement, peut-être, en ce moment, parce qu'il y a un côté festif la-dedans, il y a un côté traditionnel, ca fait un peu parti de la conscience collective, de la mémoire collective quoi... Le côté festif ça favorise sûrement l'explosion de cette vague. Les petites ritournelles, les petits machins. Il y a aussi un côté celte dans l'histoire.
Les fest-noz ?
Thierry : Ouais, tu vois, les bretons.. un groupe qui fait du tran en Bretagne, ça cartonne... comme le groupe Matmatah qui fait un énorme carton en ce moment. Nous on préfère les orchestrations de violons, un peu ou carrément classique, comme ça a été fait sur " partir seule ". Ou a ce moment là des trucs comme sur le premier album de PJ Harvey.
Manu : C'est une orchestration de violoncelles carrément tordu.
Thierry : Ce qu'on fait des gens comme nos potes de Nantes, Orange Blossom, ça c'est vachement bien.
Avez-vous l'impression, qu'avec d'autres groupes qui chante en français somme Louise Attaque ou Noir Désir, vous incarnez un renouveau de la langue française dans le rock ?
Manu : Bah...disons que dire oui c'est un peu prétentieux, mais c'est vrai que nous si on a attendu longtemps pour mélanger la musique qu'on aimait faire et écouter, au français, c'est parce qu'on avait pas de référence sur lesquelles s'appuyer. Tout ce qui nous faisait flashé, Toutes nos influences étaient plutôt anglo-saxonnes. A part Noir Désir et certains autres groupes. Il y avaient beaucoup de groupes français qu'on aimait, mais ils ne chantaient pas forcément en français. Donc, c'est vrai qu'on invente rien, mais c'est vrai qu'il y a pas eu assez de groupes qui chantaient en langue française, ou alors c'était tout de suite un peu de la pop, dans le genre les vélomoteurs. Ou alors genre, il y avaient Trust ou Téléphone quand même... Mais c'est pas pareil. Dans notre genre de zique, c'est de la Power Pop un peu, mélanger avec du français, on n'est pas très nombreux pour l'instant.. ça va venir !
J'espère... Qu'est-ce que vous pensez des scènes locales françaises, que vous avez eu l'occasion de côtoyer lors de vos nombreux concerts ?
Thierry : Bah.. c'est super, ça fait plein de potes sur la route, il y a des bons groupes partout, c'est super !
Manu : Il y a plein de bons groupes, voilà. Et beaucoup plus qu'on ne croit. Ca va chauffer !
Thierry : Des groupes qu'arrachent vraiment et qui méritent d'un petit peu de production, d'un peu de moyens. Non, mais c'est par rapport aux signatures en France, qui sont encore vachement fébriles. Il y a des majors qui ont signé quelque groupes... qui ont signé des trucs..comme le rap, il y a quelques années, ça leur coûte pas cher en prod...
Manu : Y'a de plus en plus de groupes qui signent, comme Dionysos par exemple, qui vient de signer. C'est un bon exemple que les majors, les maisons de disque s'ouvre un peu à ce qui se passe en France, mais surtout en province aussi. Aux groupes de province, qu'ils soient amenés à faire quelque chose.

Après avoir vendu 100.000 albums, vous vous sentez toujours aussi proche du Dolly des débuts ?
Manu : Musicalement, Non ! Du Dolly des débuts... ça me fait rire quand j'écoute les K7, mais au niveau humain et personnage, personnalité, je pense pas qu'on aie beaucoup bouger, non. J'espère...
Micka : Si, j'ai un peu grossi, c'est tout...
Manu : Mais justement, d'avoir tourné beaucoup, ça aide à garder les pieds sur terre, puis on sait très bien qu'il n'y a rien de plus infidèle que le public de toute manière. Donc on est lucide par rapport à ça aussi, mais ça nous empêche pas que quoiqu'il arrive, de toute manière on fait de la musique par passion. Donc si ça marche plus ou moins bien, ça ne nous empêchera pas de continuer à faire de la musique.
Avez-vous l'impression d'avoir gagner quelque chose avec votre succès ?
Thierry : Ce qu'on a gagné, c'est de bonnes conditions maintenant pour tourner, on tourne dans un petit camion, on a une bonne équipe technique, c'est ça en fait, d'avoir plus de moyens, sinon...
Manu : Puis pourvoir faire un autre album tranquille, avec les gens avec qui on veut, ou on veut... sans pour ça avoir des moyens énormes. Ca a beaucoup d'avantages, évidemment, et puis faire connaître pleins d'autre gens, pleins de groupes, voilà...
Autrement, le prochain album s'annonce bien ?
Nico : Bien.
Manu : Ouais ça se présente bien, il sera enregistré en décembre et janvier et il devrait sortir en avril, mai. Et on a déjà, quelques morceaux. Ca devrait aller...

Pourquoi faire des versions anglaises de vos chansons ?
Manu : Parce qu'il y a des pays qui ont demandé l'album, mais en anglais.
Thierry : c'est a dire que nous on a une culture aussi de départ : on écoute des trucs anglo-saxons. Si tu veux, en fait on s'est mis au français, c'était presque un challenge, Tu vois ? ça serait bien quand même d'essayer, de taper du rock'n'roll, en français, sachant que c'est hyper dur. C'est plutôt rigolo, parce que qu'il y a des gens qui en bavent pour faire du français et puis...
Manu : C'est pas des traductions, c'est de versions originales.C'es pas la même chose. Parce que ça marche pas les traductions.
"Sans Arrêt, la délicatesse acoustique est zébrée de plomb ; la fraîcheur vocale de Manu s'imprègne de nostalgie ; un tempo lascif se couvre d'un ciel d'orage "... Alors ?
Manu : c'est très beau, c'est Stéphane Davey qui a écrit ça, en fait il a écrit notre bio en nous faisant notre interview, mais il a pas voulu signer. C'est un journaliste du monde. Il a fait une très belle phrase pour résumé, un peu pompeuse, mais très jolie.
Pour finir, Quels sont les groupes que vous écoutez actuellement ?
Nico : ... les derniers disques achetés ... Les Smashing Pumpkins.
Manu : ouais y'en a d'autres...
Nico : Sloy et Belle and Sebastien, ... ouais très pop
Manu : le dernier Cat Power, le dernier PJ Harvey.
Nico : Le dernier Eels.
Manu : on n'a pas eu le temps de tout écouter...
Thierry : PJ..., ouais c'est bien...
Manu : Puis, dans le camion, on a écouté le dernier Zebda qui est super !
Tous : Super !!!