dolly "Je ne veux pas rester sage" clame Manu, appuyée par de solides guitares parfois indolantes, souvent percutantes. C'est tout en haut des cimes que cet album éponyme emmène les Nantais qui ont su trouver leur style, quelque part entre le grunge, la power-pop et le rock noisy. "Quand l'herbe nous dévore", que nous reste-t-il à faire ? Même une armée de soldats playmobil ne pourrait nous aider... Mieux vaut alors attendre cette "Fin d'époque" que différents bruits annoncent, bruits entendus et attendus par David, le leader de Silmarils qui prête ses talents d'auteur sur quelques titres. Mais rien ne presse... "Les mots" se glissent et nous promènent sous des cieux distordus et traversés par des batteries d'orages qui se succèdent calmement. "Joe" s'est tanqué au vert, maintenant lui son truc c'est l'enfer, un accident, rien qu'un accident, bing, bing, les guitares comme son crâne se fendent, un accés de rage et puis plus rien. La mort encore, cette fois ci, mu par une volonté incompréhensible pour les autres, pour les amis qu'il nous reste toujours, oui pourquoi "Partir seule" ? Une fuite en avant pour oublier les heurts ? Non, un acte égoïste. Il est préférable de seulement tuer le temps, "Killing time" et une vie supplémentaire apparaît comme pour un nouveau départ. Une structure grunge classique pour une demande, "Garde moi", que personne ne saurait refuser à une Manu enchanteresse. C'est une déclaration d'amour qui suit cette requête, "Si nous déposions les armes", une bonne idée sussurée par la voix de Manu, douce et docile au milieu de ce "Monde sauvage". Un monde volage qui vacille au loin, une balade inquiète que l'on garde en tête. Les ombres me dévorent et "J'attends" la nuit, sombre programme alors que Dolly brille comme l'or. Le sursaut vient en anglais, une révolte contre ceux qui rêvent "Love and money", un combat qui prend une incroyable dimension lors des concerts. Dolly a pris sa chance, a travaillé dur et a affronté ses peurs pour nous donner un album humain, bien écrit et efficace. Bon vent.