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Biographie > Dirty Fonzy

Dirty Fonzy est un quintet "punk rock alternatif" d'Albi. Fans de Rancid, AC/DC et The Clash, les cinq musiciens ne sont pas des novices au moment de lancer la machine Dirty Fonzy. Provenant d'anciens membres des Quatre Degrés Sept, Légitime Défonce..., les cinq emmenés enchaînent les répets dans le but de multiplier les concerts. Très vite, un premier disque sort (Playing punk songs) et Dirty Fonzy enchaîne alors pas loin de deux cents concerts avec notamment quelques dates avec La Ruda et une tournée en Europe. Adepte du "1, 2, 1, 2, 3, 4" et des rythmes diaboliquement élevés, Dirty Fonzy signe chez Enragé Prod et collabore avec Niko des Tagada Jones pour mettre en boite Here we go again, deuxième album survitaminé des Albigeois...

Dirty Fonzy / Chronique LP > The sky can fall on us / Still the worst

Dirty Fonzy - the sky can fall on us En 2004 les Dirty Fonzy jouaient des chansons punk rock (vous l'avez ?) et débutaient leur premier album ainsi, "We are the worst and we don't give a fuck", tiré du morceau "The worst". En 2020 ils clôturent leur double LP avec le morceau "Still the worst", "We're still the worst, never been the first". Ça cerne un peu le propos. Entre il s'est bien évidemment passé un paquet de trucs et par trucs j'entends de nombreux albums dont une excursion folk, des splits avec les potes Bad Chickens et Charly Fiasco dont ils partagent le même bassiste, quelques changements de line-up, des concerts, des kilomètres à gogo et vraisemblablement autant de caterings dévalisés en bières. Bref, un groupe qui compte et qui a contribué à placer Albi dans le paysage punk rock français, d'autant qu'on leur doit aussi le Xtreme Fest via leur Pollux Asso. Ils n'ont peut-être pas été les premiers mais de là à dire qu'ils sont les pires, on flirte avec la fausse modestie. C'est pas beau, ça ! Ce qui l'est en revanche, beau, c'est l'artwork réalisé par le dessinateur de BD AuréliO, qui a réussi à allier sur les pochettes un certain nombre de clichés inhérents au style et des détails propres aux membres du groupe, aisément reconnaissables.

Double LP donc, disais-je en préambule, avec à ma gauche le LP The sky can fall on us qui affiche 10 titres pour 28 minutes au compteur et à ma droite le EP Still the worst pour 7 titres et 13 minutes. Je vais être honnête, je n'ai pas complètement saisi cette dichotomie. Avant de mettre les disques dans la platine, je pensais qu'on aurait par exemple un LP avec des morceaux punk rock plutôt mélo et un EP avec d'autres plutôt HxC, deux versants musicaux auxquels nous avaient habitués les Dirty mais non, ils sont savamment et plus ou moins équitablement distillés. Une fois ce constat établi, j'ai eu envie de remettre les disques en mode repeat car ils sont vraiment très cools. Ça c'est de l'argument critique choc et pertinent ! Mais sérieusement et sincèrement, je ne pensais pas être autant agréablement surpris. Alors certes, il n'y a rien de révolutionnaire, les gars connaissent leurs classiques, du Clash à Rancid en passant par Screeching Weasel, les paroles abordent des thèmes éculés (franche camaraderie, travail aliénant, vie de groupe etc.) mais ça fonctionne, c'est efficace avec les oh-oh qui vont bien. À ce sujet, mention perso spéciale aux deux chansons éponymes, "The sky can fall on us" et son riff d'intro plus que pistolien, "Still the worst" mon titre préféré mais aussi "Sound of the underground", "You're not alone" ou "Night shift", propices aux sing-alongs et "Coming back" ou "Sick world", qui me donneraient presque envie d'aller dans le pit, le poing levé à quarante ans passés. Trop vieux pour mourir jeune de toute façon.

Dirty Fonzy / Chronique LP > Riot in the pit

Dirty Fonzy - Riot in the pit 2014 est décidemment une belle année pour le punk rock "made in France". Quelques belles galettes vont en effet faire belle figure dans les bacs, comme par exemple le quatrième album des Flying Donuts et la nouvelle production des Albigeois de Dirty Fonzy (celle-ci néanmoins sortie en toute fin d'année 2013). Mais si, tu sais, Dirty Fonzy, dix piges d'existence et toujours la même passion quand il s'agit d'envoyer des brûlots rageurs et ravageurs.

Sorti chez Delete Your Favorite Records (Happening, Not Scientists...), Riot in the pit est tout simplement le moyen de passer un excellent moment. Mis en boîte au Warm Audio (UMFM, Flying Donuts...) et mixé au studio Pole Nord par Fred Norguet (Burning Heads, Seven Hate, Second Rate), ce nouvel album (leur 5ème) sonne du feu de Dieu. Et ce son mastoc ne fait que mettre en avant les compositions simples et efficaces du quintet du sud ouest toujours influencé par The Clash, The Ramones et Rancid (entres autres, hein ?). Il faut dire que niveau punk rock abrasif, rapide et massif, Dirty Fonzy en connaît un rayon.

Tous les ingrédients pour faire de bons morceaux de punk rock sont ici présents en abondance, et le moins que l'on puisse dire, c'est que la mayonnaise prend immédiatement ! "Riot in the pit", morceau ouvrant le disque, prend déjà à la gorge, et ses 62 secondes ne laissent pas le temps à l'auditeur de reprendre sa respiration. Et ne comptez pas sur "Tell me why you dit it" pour relâcher la pression, même si ce titre se veut bien plus mélodique. La voix (et l'accent anglais !) éraillée d'Angelo Papas se marie parfaitement au punk mélodique "Gone wrong", comme quoi il n'est pas forcément nécessaire de monter dans les tours pour être efficace et puissant, même si "Another day on the road", son successeur, énergique et percutant, ne souffre d'aucun complexe. Rapide et dévastateur, le punk rock de Dirty Fonzy peut même se transformer en power pop rock sans avoir à rougir tellement ça fonctionne ("Endless birthday"), mais c'est certainement avec son punk rock sans complexe, sans fioriture et parfois débile que Dirty Fonzy est le plus à l'aise ("What the fuck", "One spirit", "Kreuzberg blackout"). Toujours est-il que les multiples couleurs apportées au punk rock des Tarnais font de ce Riot in the pit une réussite. Et ce n'est pas "Better tomorrow" et son intro hard rockesque ou le chaleureux "Comix tatoo" qui me contrediront.

À défaut d'originalité, Dirty Fonzy joue la carte de la qualité avec des compositions en béton et une production puissante. Il va falloir surveiller avec attention les dates de la tournée qui va suivre, car il serait dommage de louper l'occasion de passer du bon temps avec cet excellent groupe de scène qui défendra bec et ongles cet excellent album.

Dirty Fonzy / Chronique Split > Bad Chickens / Dirty Fonzy

Bad Chickens | Dirty Fonzy (Split) L'ami Lolo n'est jamais avare de bonne galettes. C'est ainsi qu'il a décidé, via son label Dirty Witch, de sceller sur disque les affinités liant Dirty Fonzy à Bad Chickens. Les premiers vous les connaissez bien si vous lisez attentivement nos pages. Les seconds, c'est pas dit, donc, petit topo sur le quintet tout droit venu de Valence. Formé en 2003, le groupe qui joue dans la cour "street punk" sort très vite un album autoproduit, So glad that your dead, puis un split cd partagé avec les coquins de The Rebel Assholes et c'est fin 2008 que Dirty Witch sort le deuxième album Chocolate box. Les présentations sont faites. Rapidement, je vous l'accorde, mais le principal, c'est qu'elles soient faites. Albi vs Valence, les crades contre les méchants. Le choc des titans dans une bonne humeur et un renfort de bières. C'est aux costauds de Dirty Fonzy d'envoyer en premiers le bois pour quatre titres, dont une (excellente ) reprise de Screeching Weasel. Dès "Keep your shit", premier titre, le ton est donné : ça balance du grand punk rock des familles, et première constatation, le son est énorme (merci Boule !), la batterie bénéficie pour ce coup ci d'un son digne de ce son, et le morceau est plus qu'efficace avec des riffs rapides et un refrain à la Rancid qui déboîte tout. Angelo Papas et sa troupe confirme ce départ canon avec le puissant et mélodique "White line". En deux titres, Dirty Fonzy met tout le monde d'accord. "Hey suburbia" des Screeching Weasel enfonce le clou avec un punk à roulettes russes, et c'est déjà la fin avec "Bad Chickens", hommage bublegum à leurs amis de Valence. Belle transition pour enchaîner avec la bande de Pat le nerveux qui développe dès "Drinking problem" un punk dénué de tout artifice dans la plus grande tradition ramonesque. Les riffs s'enchaînent et la voix "saturée" de Damien retentit de fort belle manière. "She was my girlfriend" résonne comme un hommage aux Ramones avec un morceau mi tempo pas si lent qu'on pourrait le croire. Un riff pour le couplet, un refrain qui bute, et voilà comment faire une bonne chanson. Bad Chickens emprunte également à sa sauce un morceau des excellents Screeching Weasel ("Slogans") pour fermer la galette avec un "All the things I've ever done" également mid tempo et tout aussi efficace que les précédents titres, peut être plus nuancé au niveau des mélodies. Et dieu sait que j'aime ça. Le son accordé à Bad Chickens avantage également énormément le groupe qui maîtrise son sujet sur le bout des badges. Dix sept minutes plus tard, c'est terminé, on remballe déjà sur le sentiment d'être tombé deux groupes frais et funs qui ont pondu un excellent disque qui risque de s'écouler comme des petits pains au vu de la qualité d'ensemble. Il va falloir faire vite car la galette a été pressée et numérotée à 500 exemplaires. Magnez vous, il en reste 499 dans la nature !

[ [fr] dirtyfonzy.com: Site officiel (101 hits)  External / [fr] badchickens.net: Site officiel (109 hits)  External / [fr] dirtywitch.free.fr: Site officiel (93 hits)  External  ]

Dirty Fonzy / Chronique LP > Here we go again

dirty_fonzy_here_we_go_again_album.jpg Le rock 'n' roll n'est pas mort. Bon, ok, ça, on le savait déjà. Mais il est toujours bon de se rassurer parfois. Et à l'écoute de Here we go again, on peut danser tranquille sur ses deux guibolles. Les guitares peuvent toujours être tranchantes, la batterie survoltée, la basse vrombissante et le chant envouté de Angelo Papas (également membre de l'Opium du Peuple). Dirty Fonzy le prouve avec son deuxième méfaits bien fait. Sorti chez Enragés Prod et mis en boite par Nico chanteur guitariste des Tagada Jones, ce disque est un hommage à la dynastie du punk rock influencé par The Clash, Rancid, Green Day, The Offspring et bien d'autres. Le format des chansons est globalement court (11 des 14 titres ne dépassent pas la barre des 3 minutes), le tout dans un soucis certain d'efficacité. Car oui, Dirty Fonzy est efficace. Diablement efficace. Des refrains entêtants ("Here we go again", "Radio n° 1",...), des riffs imparables terriblement rock 'n' roll et un chant lorgnant principalement du coté de Rancid. L'ensemble est constamment dans le rouge, même si le groupe semble relâcher la pression le temps d'un punky reggae ("Loaded Guns") agrémenté de cuivre, à la manière d'un Burning Heads, ou d'une intro composée à la guitare sèche ("Back in town") laissant rapidement place à un BPM relativement élevé, sans oublier "Bad Boy", ska reggae ensoleillé. Bref, vous l'aurez compris, Dirty Fonzy ne laisse rien au hasard, sachant user des riff rock 'n' roll cher à AC/DC tout en punkisant le tout, et en usant d'un chant particulier et toujours à la limite de la rauquerie extrême qui pourra peut être décontenancer l'auditeur l'espace d'une écoute, mais qui ensuite le confortera dans l'idée que le quintet a su magnifiquement marier ce punk rock clair et ces voices saturées. A la manière de ses modèles. On regrettera peut être l'accent anglais qui laissent parfois à désirer et un son de batterie qui aurait certainement mérité un meilleur traitement. Reste à voir l'ensemble sur scène, Dirty Fonzy jouissant d'une réputation de briseur de planches. Et on se réjouit d'avance des prochains concerts.