dionysos : monsters in love Si l'admiration de Dionysos pour l'univers de Tim Burton était jusque là sous-jacente, avec Monsters in love, ils ne s'en cachent plus du tout. Un des premiers héros de leur album riche en couleur est en effet "Giant Jack", il trimballe son ombre en anglais et s'il ne passera pas un étrange Noël, le choix du prénom n'est pas un qu'un clin d'oeil anodin. Extraordinairement riches d'instruments divers (cuivres, violons, percussions...), ce nouvel album sonne comme la BO d'un conte où les histoires se croisent. Tous les personnages sont attachants même "Miss Acacia" car dans le monde onirique des Dionysos, il ne peut rien nous arriver, les sorcières comme les chats noirs sont mêmes les bienvenus. Parmi le fourmillement d'invités, on trouve des monstres amoureux, des musiciens talentueux et un dessinateur en phase avec le groupe, Joann Sfar (l'auteur de BD totalement "in", pote avec Trondheim et Pennac, ayant explosé aux yeux du public avec Le Chat du rabbin) mettant en images les textes des Valentinois. Au rayon "guest star" on trouve aussi le duo The Kills sur "Old child" (les mêmes qui ont été invité par Placebo sur "Meds"...).
Les écrits sont plus que des historiettes puisqu'ils sont chargés de poésie et d'humour, voire les deux en même temps ("Tes lacets sont des fées"), les mots s'entrechoquent comme les pensées (Oussama où sommes nous saddamisés bouche à Bush dans "Le retour de Bloody Betty"), Babet et Mathias s'en donne à coeur joie pour dynamiser certaines parties, qu'ils s'emparent des personnages ("La métamorphose de mister chat") ou qu'ils discutent gaiement ("Tes lacets sont des fées"), en anglais comme en français, c'est toujours un régal (Happy death day to you Mister President) et quand ça explose dans tous les sens, on se languit de les revoir sur scène ("Lips story in a chocolate river").
Histoires, musiques, dessins ... Monsters in love nous fait aimer les monstres imaginés par Dionysos plus que jamais maître de son univers. Encore un must...