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Biographie > de l'importance du triple D...

Natif de Dunedin en Nouvelle-Zélande, Die!Die!Die est un trio noise-pop/punk formé en 2003 et qui se fait rapidement remarquer par Steve Albini (Big Black, Shellac...), lequel produit alors le premier album du groupe, un disque éponyme qui paraît en 2005 dans l'hémisphère sud et qui aura droit à une sortie nord-américaine. Un an plus tard, le groupe enchaîne avec un EP (Locust weeks) puis un deuxième album qui sort entre 2007 et 2008 selon les régions du globe (Promises, promises).
S'ensuivront des mois de tournée ininterrompue et harassante mais qui n'empêchera pas pour autant le trio néo-zélandais de mettre en boîte son troisième album courant 2009. Intitulé Form, celui-ci sort dans le pays natal du groupe en 2010 avant d'avoir droit, en 2011, à une distribution européenne via l'écurie allemande Golden Antenna Records, qui gère alors les destinés des compatriotes des Die!Die!Die que sont les Kerretta. Entre-temps, le groupe en a profité pour déjà enregistrer un quatrième opus...

Die!Die!Die! / Chronique LP > Harmony

Die!Die!Die - Harmony On avait découvert les Néo-Zélandais de Die!Die!Die! en Europe au printemps 2011 avec Form, leur déjà troisième album qui s'était alors révélé une bien jolie surprise en matière de pop-noisy aux textures shoegaze et atmosphères comme projetées hors du temps, les revoici avec leur quatrième opus long-format, Harmony, sorti comme son prédécesseur par le biais du toujours très fin label Golden Antenna Records (Eathlimb, Kerretta, Maserati, Planks...). Une petite maison de disques indépendante basée outre-Rhin qui, au fil des années et des productions relevant quasiment de l'orfèvrerie artisanale, a su se constituer un catalogue des plus enviables sur le vieux continent.

Harmony, le dernier-né des albums à être débarqué de l'écurie allemande ne sera certainement pas celui qui infirmera le constat édicté plus haut. Piloté par les natifs de la nation All Black, ce nouvel opus a le bon goût d'effacer consciencieusement les reproches que l'on avait pu leur faire à l'époque de Form. Le songwriting a gagné en maturité, le chant, en constance et en naturel là où il était auparavant un peu trop trafiqué et l'on retrouve cette constance (le fougueux "Oblivious oblivion", l'éponyme "Harmony") qui semble affecter nombre d'excellents groupes évoluant en diverses cases sur la scène indie-rock/noise-pop moderne : l'explosivité d'une écriture qui se nourrit constamment d'une colère punk très actuelle ("Erase waves"), la vigueur immédiate d'une spontanéité rageuse, l'urgence crue d'une musique dont le temps semble être compté ("Trinity").

Vocaux perchés et éraillés, une frappe de batterie très sèche et des ambiances old-school à tous les étages, Die!Die!Die! est toujours aussi révolté que son patronyme lorsqu'il dévoile son jeu, en maîtrisant ses élans les plus fougueux ("Seasons revenge") ou à défaut en faisant l'étalage de toute son incandescence juvénile sur "No one owns a view". Electrisant. De l'électricité d'ailleurs, il y en a dans un "Changeman" résolument accrocheur comme sur "16 shades of blue", bien chargé en disto, toujours frondeur et bercé par des esquisses de mélodies déglinguées. Le riffing est cinglant et la hargne contaminatrice, les kiwis donnent dans l'indie-rock oui mais racé, pas du genre à se reposer sur ses lauriers pour plaire à la hype bien pensante se complaisant dans un confort critique écœurant ("Get back"). Ici le groupe envoie les décibels mais pas que ("Twitching sunshine") et surtout le fait avec une classe folle. Toujours imparfait certes mais pourtant régulièrement jouissif.

Die!Die!Die! / Chronique LP > Form

Die!Die!Die! - Form Et non, Die!Die!Die! n'est pas un mantra récité dans chaque maison de retraite de l'hexagone en période de canicule intense mais bel et bien un groupe branché indie pop-noise en provenance de la Terre du Milieu Nouvelle-Zélande. Troisième album pour les kiwis et le premier à véritablement avoir droit à une distribution digne de ce nom, via Golden Antenna Records (Airpeople, Maserati...), Form débute sur les chapeaux de roue et dès la doublette "Caseman"/"Lil ship", livre un addictif cocktail de pop-noisy très dense et survoltée, immergée dans un océan de réverb légèrement shoegaze et bercée par des mélodies hautes-perchées.
Forcément, faut aimer le côté bondissant, les teintes légèrement old-school et surtout la voix très adolescente du chanteur mais pour le reste, Die!Die!Die! est d'une jolie efficacité, même si on se dit qu'à la longue, la recette risque de perdre de sa saveur. Pourtant, "Howye" maintient la cadence et la qualité : le tempo est enlevé, les guitares, volubiles, et la densité sonique claque dans les enceintes. Le problème, c'est surtout quand il relâche la pression ("Daze") et son côté "monochromatique" a une fâcheuse tendance à faire tourner les morceaux en boucle sans jamais réellement accrocher leur cible ("Paquin"), alors que quand il lâche les chevaux, sur "We built our own oppressors" par exemple, il parvient à maintenir l'auditeur sous sa coupe pour plus facilement l'emmener où il le désire.
Par contre, si le cocktail indie-pop-noisy-punk des néo-zélandais est une évidente réussite instrumentale, la voix extrêmement juvénile et parfois un peu un peu fausse (ou tellement trafiquée que l'on devine un léger manque de justesse), est régulièrement le point faible de l'album. La tendance à ne savoir faire qu'une seule chose réellement bien également, comme si de part sa spécificité sympathique, Die!Die!Die! était dans le même temps condamné à ne pas pouvoir proposer autre chose que ce que l'on trouve sur ce Form... en forme de semi-réussite quasi définitive, avec des titres du calibre de "Shine through", "Wasted lands", toujours bien troussés, parsemés de quelques jolies trouvailles mais sans pouvoir viser plus haut. Puissent-ils nous donner tort par la suite...