Die!Die!Die - Harmony On avait découvert les Néo-Zélandais de Die!Die!Die! en Europe au printemps 2011 avec Form, leur déjà troisième album qui s'était alors révélé une bien jolie surprise en matière de pop-noisy aux textures shoegaze et atmosphères comme projetées hors du temps, les revoici avec leur quatrième opus long-format, Harmony, sorti comme son prédécesseur par le biais du toujours très fin label Golden Antenna Records (Eathlimb, Kerretta, Maserati, Planks...). Une petite maison de disques indépendante basée outre-Rhin qui, au fil des années et des productions relevant quasiment de l'orfèvrerie artisanale, a su se constituer un catalogue des plus enviables sur le vieux continent.

Harmony, le dernier-né des albums à être débarqué de l'écurie allemande ne sera certainement pas celui qui infirmera le constat édicté plus haut. Piloté par les natifs de la nation All Black, ce nouvel opus a le bon goût d'effacer consciencieusement les reproches que l'on avait pu leur faire à l'époque de Form. Le songwriting a gagné en maturité, le chant, en constance et en naturel là où il était auparavant un peu trop trafiqué et l'on retrouve cette constance (le fougueux "Oblivious oblivion", l'éponyme "Harmony") qui semble affecter nombre d'excellents groupes évoluant en diverses cases sur la scène indie-rock/noise-pop moderne : l'explosivité d'une écriture qui se nourrit constamment d'une colère punk très actuelle ("Erase waves"), la vigueur immédiate d'une spontanéité rageuse, l'urgence crue d'une musique dont le temps semble être compté ("Trinity").

Vocaux perchés et éraillés, une frappe de batterie très sèche et des ambiances old-school à tous les étages, Die!Die!Die! est toujours aussi révolté que son patronyme lorsqu'il dévoile son jeu, en maîtrisant ses élans les plus fougueux ("Seasons revenge") ou à défaut en faisant l'étalage de toute son incandescence juvénile sur "No one owns a view". Electrisant. De l'électricité d'ailleurs, il y en a dans un "Changeman" résolument accrocheur comme sur "16 shades of blue", bien chargé en disto, toujours frondeur et bercé par des esquisses de mélodies déglinguées. Le riffing est cinglant et la hargne contaminatrice, les kiwis donnent dans l'indie-rock oui mais racé, pas du genre à se reposer sur ses lauriers pour plaire à la hype bien pensante se complaisant dans un confort critique écœurant ("Get back"). Ici le groupe envoie les décibels mais pas que ("Twitching sunshine") et surtout le fait avec une classe folle. Toujours imparfait certes mais pourtant régulièrement jouissif.