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Biographie > Le rock sportif


Amis depuis leur plus jeune âge, les Deportivo sont avant tout des passionnés de foot, originaires de la région parisienne (si, il y en a...) qui ont un beau jour décidé de faire de la musique. Rendant hommage au sport roi en Espagne (parce qu'à Paris, ce n'était pas franchement très sérieux, sic), ils ont pris un patronyme faisant directement référence au nom d'un club de football, en l'occurence celui de La Corogne. Musicalement influencés par Noir Désir, Jérôme Coudane (chant, guitare), Richard Magnac (basse) et Julien Bonnet (batterie), sortent aux premières lueurs de l'année 2004 un premier EP baptisé avec humour La salade. Un détour par la Fête de l'Humanité, un arrêt par les Transmusicales de Rennes et le groupe se fait la main sur scène nourrissant par la même occasion sa réputation naissante. Au printemps 2004, Parmi eux, premier album studio des Deportivo sort dans les bacs. Des titres courts et explosifs, une énergie aussi insouciante que communicatrice et des mélodies immédiates, le succès est au rendez-vous et les trois franciliens ont l'occasion de le mesurer lors d'une tournée qui les verra partager la scène avec Luke. En 2006, le groupe retourne en studio mettre en boîte son deuxième effort, sobrement baptisé Deportivo et enregistré sous la houlette du producteur des The Strokes, qui sort dans les bacs à l'automne 2007.

Review Concert : Deportivo, Un peu de sport et de rock à Rennes (mars 2008)

Deportivo / Chronique LP > Domino

Deportivo - Domino
Vous allez me trouver cynique, mais il y a ceux qui consultent la rubrique nécrologique des journaux pour savoir qui est parti trop tôt. Et bien moi, je relève ma boîte aux lettres pour constater qu'au contraire, des groupes que je croyais morts et enterrés sont toujours de ce monde. C'est ainsi que Domino de Deportivo m'a été remis par mon facteur pour une chronique dans ces pages. Et mine de rien, c'est une bonne surprise.
Après dix ans sur une major, 2013 voit Deportivo s'autoproduire et créer son propre label. Back to the basics. Ce qui est sûr, ce que ce nouveau départ n'aura pas altéré le talent de composition du trio. Bien au contraire. La pop développée par Deportivo frise le sublime, les morceaux en français écrasant les tentatives dans la langue de Shakespeare. Les guitares se veulent tantôt délicates, parfois rentre dedans, et le talent de composition des Parisiens est incontestable. Les émotions sont présentes, et d'agréables sensations m'envahissent même si l'orgue très présent sonne un peu po(m)peux. En 30 minutes, Deportivo m'a rappelé à mes bons souvenirs de cette scène lo-fi qui, finalement, n'est par morte. Tant mieux.

Deportivo / Chronique LP > Parmi eux


deportivo_parmi_eux.jpg Bien avant les inénarrables Naast, BB Brunes et autres Plasticines, le rock français (le vrai) était notamment incarné par un trio du nom de Deportivo, référence à peine voilée à leur sport fétiche (c.f: la biographie du groupe). Passe en profondeur, centre en retrait, petit crochet du droit et frappe pleine lucarne, la trentaine de minutes de Parmi eux marque à tous les coups. Et tant pis pour la toile d'araignée... Footeux comme pas deux, les Déportivo diffusent un réel esprit d'équipe dans cet album, alliant accords saturés, batterie lourde et basse mélodique, le tout pour le plaisir des oreilles. Larsen, suite d'accords saturés sur fond de batterie, le ton est donné dès les premières notes de l'album, "1000 moi-même" met tout le monde d'accord. Pas le temps de souffler, "Parmi eux" et "Queen of the universe" se suivent dans un déluge de riffs qui fait immédiatement penser à des illustres groupes comme Nirvana ou Fugazi. Efficacité, le mot d'ordre est toujours présent même sur les trois titres acoustiques ("A l'avance", "Alambiqué" et "Sur le moment"), qui emmènent l'auditeur vers des horizons différents, plus mélancoliques. Les paroles, parfois difficilement compréhensibles mais faisant la preuve d'une forte influence de Brassens, donnent encore une autre dimension à la musique de Déportivo, définitivement pas réductible à du rock "trois accords". Au milieu du périple de l'album, "La salade" et "Wait a little while", à grand renfort de choeurs et de cris rageurs, sont une débauche d'énergie telle que la pause acoustique de "À l'avance" n'est pas de trop pour aborder la dernière ligne droite de l'album. Car "Roma" et "Paratonnerre" sont comme les deux derniers buts de l'équipe de France lors de la finale de la coupe du monde en 1998, une manière d'enfoncer le clou et se s'assurer avec classe et maîtrise technique de l'issue du match. La victoire est ici incontestable.

Deportivo / Chronique LP > Deportivo


deportivo.jpg Sûr que l'attente autour du deuxième album du trio parisien Déportivo était grande. Il y a deux ans, Parmi eux les avait entraînés sur les routes pendant près d'un an et demi, bouclant cette montée en puissance en compagnie de leurs compères de Luke. Jérôme (guitare/chant), Richard (basse) et Julien (batterie) se sont cette fois isolés pour un enregistrement à la compagne du côté d'Angers, ont pris leur temps et se sont entourés de Gordon Raphaël notamment, l'artisan du son des Strokes. On est en droit de s'attendre à une tuerie d'album, conjuguant l'énergie que Parmi eux déclenchait en concert et quelques nouveautés du coté mélodique, pourquoi pas. Et là, c'est le drame. La surprise est de taille dans les enceintes, tant les titres sont mous du genou. Pas que les compositions ne soient pas rock'n'roll ("Exorde barraté", "En ouvrant la porte"), parfois noisy ("La Colline") ou souvent champêtres, à l'instar de "I might be late" ; mais la trentaine de minute que dure le périple auditif fait voir de sérieux défauts de fabrication. Simplistes en anglais, les textes sont pourtant toujours aussi lettrés dans l'idiome maternel et le chant, largement mis en avant, se risque au calme sur la majorité des titres. Exit donc les cris rageurs du premier album, mais Jérôme se frotte à des phrasés plus recherchés, notamment sur "Ne le dis à personne et personne ne le saura". Pourtant on regrettera l'absence de choeurs, laissant le chant livré à lui-même. La basse quant à elle se paie une place de premier choix, faisant la preuve que cet instrument, rythmique à la base, n'est pas privé de mélodies. Finalement cet album est un pied de nez. Les titres s'arrêtent quand on voudrait qu'ils continuent, la basse supplante une guitare reléguée au rang de rythmique et les arrangements s'éloignent franchement de ce que l'on a pu voir sur la tournée de Parmi eux, à voir notamment "Les bières aujourd'hui s'ouvrent manuellement", reprise de Miossec. Le tout pour notre plus grand plaisir ? Pas sûr, mais Déportivo met tout de même la barre plus haut que les ploucs à frange.