deportivo_parmi_eux.jpg Bien avant les inénarrables Naast, BB Brunes et autres Plasticines, le rock français (le vrai) était notamment incarné par un trio du nom de Deportivo, référence à peine voilée à leur sport fétiche (c.f: la biographie du groupe). Passe en profondeur, centre en retrait, petit crochet du droit et frappe pleine lucarne, la trentaine de minutes de Parmi eux marque à tous les coups. Et tant pis pour la toile d'araignée... Footeux comme pas deux, les Déportivo diffusent un réel esprit d'équipe dans cet album, alliant accords saturés, batterie lourde et basse mélodique, le tout pour le plaisir des oreilles. Larsen, suite d'accords saturés sur fond de batterie, le ton est donné dès les premières notes de l'album, "1000 moi-même" met tout le monde d'accord. Pas le temps de souffler, "Parmi eux" et "Queen of the universe" se suivent dans un déluge de riffs qui fait immédiatement penser à des illustres groupes comme Nirvana ou Fugazi. Efficacité, le mot d'ordre est toujours présent même sur les trois titres acoustiques ("A l'avance", "Alambiqué" et "Sur le moment"), qui emmènent l'auditeur vers des horizons différents, plus mélancoliques. Les paroles, parfois difficilement compréhensibles mais faisant la preuve d'une forte influence de Brassens, donnent encore une autre dimension à la musique de Déportivo, définitivement pas réductible à du rock "trois accords". Au milieu du périple de l'album, "La salade" et "Wait a little while", à grand renfort de choeurs et de cris rageurs, sont une débauche d'énergie telle que la pause acoustique de "À l'avance" n'est pas de trop pour aborder la dernière ligne droite de l'album. Car "Roma" et "Paratonnerre" sont comme les deux derniers buts de l'équipe de France lors de la finale de la coupe du monde en 1998, une manière d'enfoncer le clou et se s'assurer avec classe et maîtrise technique de l'issue du match. La victoire est ici incontestable.