deportivo.jpg Sûr que l'attente autour du deuxième album du trio parisien Déportivo était grande. Il y a deux ans, Parmi eux les avait entraînés sur les routes pendant près d'un an et demi, bouclant cette montée en puissance en compagnie de leurs compères de Luke. Jérôme (guitare/chant), Richard (basse) et Julien (batterie) se sont cette fois isolés pour un enregistrement à la compagne du côté d'Angers, ont pris leur temps et se sont entourés de Gordon Raphaël notamment, l'artisan du son des Strokes. On est en droit de s'attendre à une tuerie d'album, conjuguant l'énergie que Parmi eux déclenchait en concert et quelques nouveautés du coté mélodique, pourquoi pas. Et là, c'est le drame. La surprise est de taille dans les enceintes, tant les titres sont mous du genou. Pas que les compositions ne soient pas rock'n'roll ("Exorde barraté", "En ouvrant la porte"), parfois noisy ("La Colline") ou souvent champêtres, à l'instar de "I might be late" ; mais la trentaine de minute que dure le périple auditif fait voir de sérieux défauts de fabrication. Simplistes en anglais, les textes sont pourtant toujours aussi lettrés dans l'idiome maternel et le chant, largement mis en avant, se risque au calme sur la majorité des titres. Exit donc les cris rageurs du premier album, mais Jérôme se frotte à des phrasés plus recherchés, notamment sur "Ne le dis à personne et personne ne le saura". Pourtant on regrettera l'absence de choeurs, laissant le chant livré à lui-même. La basse quant à elle se paie une place de premier choix, faisant la preuve que cet instrument, rythmique à la base, n'est pas privé de mélodies. Finalement cet album est un pied de nez. Les titres s'arrêtent quand on voudrait qu'ils continuent, la basse supplante une guitare reléguée au rang de rythmique et les arrangements s'éloignent franchement de ce que l'on a pu voir sur la tournée de Parmi eux, à voir notamment "Les bières aujourd'hui s'ouvrent manuellement", reprise de Miossec. Le tout pour notre plus grand plaisir ? Pas sûr, mais Déportivo met tout de même la barre plus haut que les ploucs à frange.