demago : hopital Il y a 3 ans, les plus attentifs avaient découverts Demago avec Gare de l'Est, aujourd'hui, Demago passe à Hôpital et à la vitesse supérieure, ce premier album très abouti devrait pouvoir bénéficier du buzz et de la qualité des compositions. On retrouve d'ailleurs les quatre plus intéressantes de l'EP ("Mes mains", "Des fantasmes", "Le mégalo", "Hey doc !") dans des versions encore plus accrocheuses et c'est à la valeur sûre "Des fantasmes" que revient le droit de donner le ton et le rythme : les mots et les riffs s'entrechoquent, les mélodies venimeuses portées par la voix de Maün font mouche, c'est bien simple, Demago redonne du sens à l'expression "rock français". Les thèmes puisés dans le quotidien (à l'instar de Mickey 3D) sont traités avec la causticité d'un Philippe Prohom, et si certains textes sont simples et directs ("Le mégalo", "100.000 mots", le seul qui soit en partie en anglais) et attaquent certains sujets sans détour ("Porn"), d'autres sont nettement plus travaillés et sans perdre de leur intérêt mélodique apporte une vraie réflexion, c'est le cas par exemple du très bien écrit "Hôpital" dont voici un extrait : Y a un putain d'état de terreur / Qui vous prend aux tripes, des cris à l'intérieur / De la froideur clinique, des élites narcissiques / Qui la tiennent, leur victoire, / Et qui seront dans l'Histoire / Tous ces équarrisseurs, qui ont le sens du bétail / Qui ont droit aux honneurs, / Se voient remettre des médailles.. Démago nous touche aussi quand il se fait plus grave souvent avec l'aide de délicates notes de piano ("L'oeil", "Joe") ou d'orgue ("100.000 mots"), des touches qui donnent de l'ampleur au spectre sonore qui s'élargit également grâce à quelques samples (des bruitages comme sur "Hey doc") et des boucles électro qui font tourner "Porn" à l'industriel.

Hôpital est une réussite de bout en bout et il n'est pas évident de choisir un meilleur single que "Respirez", ce titre mixant assez bien toutes les qualités de Demago : guitares et rythmes vont de l'avant et bien que sombre le texte contient une bonne dose d'ironie et donne le sourire à celui qui reprend en choeur Respirez ! Respirez !.
Si tu t'es laissé embarquer par "Respirez", continue la route vers Hôpital, désormais c'est sur scène que j'attends Demago et ce, non sans une certaine impatience...