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Biographie > TDW

Nashville, début 2009, Jack White, musicien hyperractif connu pour être la moitié de The White Stripes et la tête pensante de The Raconteurs décide de se lancer dans un nouveau projet musical. Il propose alors à Alison Mosshart (la voix de The Kills c'est elle) de le rejoindre puis à Dean Fertita, guitariste des Queens of the Stone Age et Jack Lawrence (bassiste de The Raconteurs) de compléter le line-up du projet. The Dead Weather est né. Rapidement, il apparaît pourtant que White n'est pas là pour phagocyter le groupe et que chaque membre a voix au chapitre. Le quartet compose ensemble et met rapidement en boîte un premier album, Horehoud, qui voit le jour le 14 juillet 2009, soit quelques six mois après la naissance du groupe, via Third Man Records/Sony Music Entertainment.

The Dead Weather / Chronique LP > Sea of cowards

The Dead Weather - Sea of Cowards Après un album inaugural qui est sans doute ce qui est arrivé de mieux au rock depuis pas mal de temps, The Dead Weather, assumant définitivement son statut de all-stars band de luxe mais burné enchaîne directement avec une séquelle à Horehound. Son titre : Sea of cowards. Et là, même pas le temps de se poser la question quant à la légitimité d'un deuxième album qui pourrait être la copie carbone du premier essai, le groupe emmené par le duo Alison Mosshart/Jack White enflamme les enceintes et annonce la couleur. Dès "Blue blood blues", on comprend que ce nouvel opus sera plus blues, plus noir, plus sauvage que son prédécesseur. Le premier avait cyniquement le sale rôle de mettre la mécanique sur orbite, lui offrant une surexposition médiatique largement mise à profit pour cartonner et assurer la pérénité d'un projet au passage distribué par une major. La suite permettra donc à The Dead Weather d'exprimer toute la noirceur d'un rock dur à la fois volubile et racé, chargé en électricité mais drapé d'une tension latente ne demandant qu'à exploser ("Hustle and cuss"). Et ça pour exploser, ça va envoyer...
Un groove diabolique, des arrangements subtils ("I can't hear you"), des riffs posés sur des charbons ardents et derrière un écran de fumée, le timbre si caractéristique d'une Alison qui cannibalise l'attention ("The difference between us", "Gasoline"). Des guitares qui crachent le feu, rythmiques percutantes nappées d'essence et soli de cramés lestés de plomb, Sea of cowards est un sulfurique cocktail de rock lourd et de blues incandescent exécuté par quatre musiciens en roue libre, la fièvre au corps, habités par l'esprit d'un rock agressif et salvateur. Mélodies addictives empreinte d'une sensualité exacerbée ("Die by the drop", "Jawbreaker"), ambiances 70's un peu déviantes, un "No horse" tout en énergie brute et rugosité primale, le quartet délivre ici un rock "diesel" massif où le cool se dispute à la luxure, où la corrosion harmonique entre en collision charnelle avec le calibré pour faire mâl(e). Une fusion assez unique en son genre dans son approche résolument casse-gueule mais assumée, une prise de risque constante mais blindée par quelques tubes absolus histoire de mettre tout le monde d'accord ("Looking at the invisible man"). Parce que Sea of cowards est un disque incroyablement abrasif et puissant, prolongement sauvage, provocant, mais naturel d'un Horehound déjà chargé en testostérone. Et dire que The Dead Weather semble en avoir encore dans le réservoir ("Old Mary")... Implacable.

The Dead Weather / Chronique LP > Horehound

The Dead Weather - Horehound Alors que The Dead Weather débarque dans les bacs avec sous le bras un Horehoud pressenti comme très rock, brut et salvateur, on se remet en tête la fameuse logique du mélomane toujours prompt à bondir sur le premier (supposé) super-groupe venu pour finalement reconnaître qu'une fois encore, la montagne annoncée a accouché d'une minuscule souris. Flop retentissant ou blockbuster bien troussé TDW ? Le prestigieux quartet a-t-il été frappé par la malédiction qui a enterré avant lui les Army of Anyone, Angel and Airwaves et autres The Good, The Bad and The Queen (qui a dit Audioslave ?) ou à l'inverse a-t-il réussi a imposer sa griffe à la manière d'un A Perfect Circle, un Tomahawk ou dans une moindre mesure un Velvet Revolver.
La réponse est sans appel. Un titre, un seul et The Dead Weather fait déjà sauter la banque et démontre qu'il en a sous le capot. Section rythmique tout en ruptures (ici c'est Jack White qui fait mumuse derrière les fûts...), du coffre, des riffs particulièrement affutés, du charisme par pack de douze, "60 feet tall" introduit l'album avec classe... nous, on est déjà conquis. Guitares cinglantes, refrains hargneux et grâce féline, une énergie incroyablement communicatrice ("Hang you from the Heavens", le tube "Treat me like your mother"), Horehound sonne comme l'exact crossover The White Stripes x The Kills x QOTSA. Et si ce constat est finalement logique étant données les composantes du projet, encore fallait-il réussir à trouver l'alchimie entre ses quatre membres. En l'état, cet album est gorgée de pépites. Qu'elles soient électriques et foudroyantes, ou plus suaves et feutrées ("So far from your weapon"). A préciser que dans le deuxième cas, c'est Alison qui fait des merveilles avec son timbre grave et enivrant.
De par son groove incandescent, le son made in The Dead Weather semble par instants se laisser imprégner par les atmosphères des immensités désertiques nord-américaines dont il hérite quelques effluves de psychédélisme enfumé ("I cut like a buffalo"), ce, jusqu'à flirter avec les frontières embrumées du western rock ("Rocking horse", "3 Birds") avant de revenir aux codes plus traditionnels du tube qui cartonne les charts ("New pony"). On l'a dit, niveau chant, Alison Mosshart assure, en même temps, l'inverse eut été surprenant ; au rayon instrumental, Dan (Fertito) et les deux Jack (White et Lawrence) ne sont pas en reste et font le métier comme on dit. Horehoud a beau être un disque distribué sur une major (Sony Music), il évite le mainstream sirupeux pour s'engager sur les sentiers d'une efficacité directe et compacte à souhait (excellentissime "Bone house"). Après neuf titres, on se dit que The Dead Weather a jusque là aligné les morceaux de haute volée sans la moindre faute de goût et que l'on est donc en droit d'attendre à un final à la hauteur. Le quartet répond avec le séducteur "No hassle night" et un "Will there be enough water ?" à la nonchalance psychée littéralement hypnotisante. Verdict de ce disque : 11 titres et pas l'ombre d'une erreur de parcours, des titres qui pulsent dans les éprouvettes et un premier album 4 étoiles pour un super-groupe qui a du coup, sur le papier comme dans les faits, carrément la classe...