rock Rock > Daturah

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Evoluant dans des sphères ambient/post-rock aux effluves métalliques depuis 2003, Daturah sort son premier album autoproduit en 2005. Rapidement repéré aux détours de quelques performances live de haute volée, le groupe est réédité l'année suivante via le label nord-américain Graveface Records et tourne notamment aux côtés des grands noms de la catégorie : Mono, Do Make Say Think et Gregor Samsa en tête. En 2007, la formation allemande décide de délaisser la scène pour se consacrer à son deuxième album studio. Signé entre-temps chez le jeune label Golden Antenna Records (le label des talentueux Maserati), le groupe enregistre une poignée de titres composant Reverie, un album long-format qui voit le jour aux premières lueurs du printemps 2008, profitant notamment des circuits de distribution de Conspiracy Records (Shora, Boris, Knut, Fear Falls Burning, Nadja, Growing...).

Daturah / Chronique LP > Reverie

daturah_reverie.jpg Cinq titres, quasiment soixante minutes d'une musique à couper le souffle, Reverie est une pépite post-rock/ambient/metal qui donne ses lettres de noblesse à un genre fourmillant de groupes aux talents plus ou moins inégaux, parfois décriés, tantôt révérés. Mais dès "Ghost track" et ses douze minutes trente d'une symphonie post-rock mélangeant avec une délicatesse infinie, les harmonies éthérées d'une poésie lunaire intimiste avec les fractures telluriques d'un rock lourd qui semble prendre conscience de ses fêlures, de ses profondes cicatrices pour ne plus chercher qu'à s'emparer de notre psychée. Passant en quelques secondes de l'infinie douceur contemplative à un tsunami émotionnel qui nous submerge de ces crescendo tempétueux, Daturah livre une oeuvre d'une rare intensité où les vagues post-rock déferlent sur nous avec la puissance brute du désespoir. Des instants de grâce épurée qui survolent l'océan, avant d'y replonger, explorant ses récifs instrumentaux bercés par des mélodies enivrantes. A aucun moment ne regrette-t-on l'absence de chant, tant la musique des allemands transpire l'émotion à l'état sauvage. Dans des formats ambient/post-rock assez proches de ceux de Mogwai, Mono ou Explosions in the Sky, Daturah parvient à repousser les limites du genre... jusqu'à en saisir la quintessence. Rarement aura-t-on été autant troublé par une oeuvre qui revendique pourtant pleinement son classicisme. Comme quoi, il est parfois inutile de chercher l'originalité à outrance pour accoucher d'un chef-d'oeuvre. Lourd, puissant, envoûtant, majestueux, les superlatifs s'entrechoquent alors même que les sentiments entrent en collision, le groupe livrant une Reverie éminemment sensorielle et organique à la beauté déconcertante. Plus orienté ambient/rock, bercé par un spoken word habité mais qui sait parfaitement se mettre en retrait lorsque les guitares font parler les décibels, "Hybrisma" poursuit le voyage dans les entrailles de la Terre. Initiatique, il dévoile l'essence d'une musique aux mille possibilités, aux harmonies épiques et crescendo éruptifs savamment orchestrés. "9" et ses envoûtantes plages fantasmagoriques enveloppant des panoramas oniriques à souhait, comme si les fées qui ont donné naissance Sigur Ros s'étaient un temps penchées sur son berceau, Daturah nous démontre qu'il ne semble décidément connaître aucune limite. Guettant l'horizon en mettant en place, pièce après pièce, la mécanique électrique de son grand huit musical ("Deep b flat"), la formation allemande livre un disque précieux et feutré. On ferme alors les yeux, désireux de se laisser emporter... Pris dans un véritable ouragan émotionnel ("Vertex"), on est délicatement plongé par le groupe dans un coma musical artificiel, avant d'être happé par les bourrasques orchestrales d'un final extatique à la puissance démentielle. Cinq titres, cinq pépites, cinq pièces d'orfèvrerie musicales qui une fois enchêvetrées les unes aux autres composent le chef d'oeuvre qu'est Reverie. A découvrir, à écouter, à ressentir...

Version anglo-saxonne
Five tracks, almost sixty minutes of a music to cut the breath, Reverie is a jewel post-rock/ambient/metal which gives its noble letters to a kind swarming with groups to the more or less unequal talents, sometimes décriés, sometimes révérés. But as of " Ghost track" and its twelve minutes thirty of a symphony post-rock'n'roll mixing with an infinite delicacy, ethereal harmonies of a lunar poetry intimist with the telluric fractures of a heavy rock'n'roll which seems to become aware of its cracks, of its deep scars not to more seek but to seize our psychée. Passing in a few seconds of infinite contemplative softness to an emotional tsunami which submerges us of these crescendo tempestuous, Daturah delivers a work of a rare intensity where vague the post-rock'n'roll break on us with the installed capacity of despair. Moments of grace purified which fly over the ocean, before there replonger, exploring its instrumental reefs rocked by melodies enivrantes. No moment regrets one the absence of song, so much the music of German perspires the emotion in a wild state. In formats ambient/post-rock'n'roll rather close to those of Mogwai, Mono or Explosions in the Sky, Daturah manages to push back the limits of the kind. until seizing quintessence of it. Seldom one will have been disturbed as much by a work which however asserts fully its classicism. Like what, it is sometimes useless to seek the originality with excess to be confined of a masterpiece. Heavy, powerful, envoûtant, majestic, superlatives are entrechoquent while at the same time the feelings enter in collision, the group delivering an eminently sensory and organic daydream to the disconcerting beauty. More directed ambient/rock'n'roll, rocked by spoken Word inhabited but which can be put perfectly in withdrawal when the guitars make speak the decibels, "Hybrisma" the travel in the entrails of the Earth continues. Initiatory, it reveals the gasoline of a music to the thousand possibilities, the epic harmonies and eruptive crescendo learnedly orchestrated. " 9" and its envoûtantes phantasmagoric beaches wrapping of the oneiric panoramas with wish, as if the fairies which gave birth Sigur Ros were a time leaning on its cradle, Daturah shows us that it definitely does not seem to know any limit. Watching for the horizon while creating, part after part, the electric mechanics of its large eight musical ("Deep B flat"), the German formation delivers an invaluable and felted disc. One then closes the eyes, eager to be let carry. Taken in a true emotional hurricane ("Vertex"), one is delicately plunged by the group in an artificial musical coma, before being grabbed by the orchestral gusts of wind of final extatique with the irrational power. Five titles, five jewels, five musical parts of goldsmithery which once enchêvetrées the ones with the others compose the chief of work which is Reverie. To discover, listen, feel.