La Danse du Chien - Monsters And Mermaids La Danse Du Chien fête ses 20 ans ! Pour l'occasion, la bande - composée de Eric Letinier-Simoni (chant), Sébastien Teulié (guitares), Bruno Lebris (contrebasse), Paul Melnotte (batterie/percussions) et de Guillaume Christophel (saxophone) - a sorti le 3 mars un quatrième album blues rock : Monsters & mermaids.

Le disque commence par le titre "Rise". Il ne faut pas longtemps d'écoute pour s'apercevoir que la voix du chanteur fait dans le registre du vieux mais talentueux Tom Waits. C'est certainement cette teinte rocailleuse qui donne cette impression et cela semble parfait pour exorciser quelques démons. "Strange Fruit" prend la suite. Tiré d'un poème de Abel Meeropol datant de 1937, la chanson fût la première fois interprétée par Billie Holiday (1939 - Fine and mellow). Un texte particulièrement contestataire vis à vis du racisme présent aux États Unis à cette époque. Des textes pas vraiment taillés dans la dentelle pour évoquer une réalité crue : celle des hommes noirs pendus ou brûlés par un monde blanc. De quoi faire monter la fièvre au saxo de Guillaume Christophel. Son jeu n'est pas sans rappeler celui du quartet franco-hollandais Cannibales & Vahinés. Une formation qui s'était d'ailleurs également donnée à cet exercice de reprise (2012 - N.O.W.H.E.R.E). Pour sortir un peu du blues des pistes précédentes, "Disposophobia" pointe sur le bout de son nez. Le dissonant se met alors à hurler juste avant que "Still waters" nous plonge dans les vapeurs fumeuses d'un bar à whisky. Nouvelle tempête avec "Lie to me" qui met au devant le côté free de La Danse du Chien. Passant d'un truc à l'autre sans ciller, le groupe bascule avec "Gone" sur un rock assez classique dans la structure. Pour s'offrir un dernier délice, La Danse du Chien s'expose sur "I wanna be your dog" (1969 - The Stooges). Un titre qui a en lui suffisamment de glauque et de sale pour que l'on puisse expulser la rage de ses tripes. Mais comment l'interpréter sans être l'Iguane ou même Sonic Youth ? Il faut changer l'univers ! C'est ce que la formation réalise avec brio avant de baisser l'intensité sur "San't Antonino's trigger (Under the sea)". Le morceau nous ramène en délicatesse dans une ambiance discrète voir tamisée. On souffle sur la bougie...