danko_jones_never_too_loud.jpg Never too loud, c'est sur ce joli trait d'ironie (du moins c'est ce que l'on croit à ce moment-là) que l'on enfourne la nouvelle offrande discographique de Danko Jones. Car quiconque a déjà posé une oreille même discrète sur l'oeuvre du groupe canadien et de son furieux frontman sait que DJ, c'est rock'n roll, viril et turgescent à souhait. Sauf qu'avec ce nouvel album, les nord-américains ont considérablement allégé le propos... pire, ils se sont assagis. "Code of the road" se charge d'ouvrir le feu, un rock à la Foo Fighters, des mélodies efficaces, mais moins tendues qu'auparavant, plus radiophoniques et surtout assez déconcertantes. On se dit que c'est un petit coup de bluff et que le reste va renouer avec les grosses mandales plus classiques et que la tronçonneuse rock'n roll va recommencer à vrombir. Sauf que "City streets" donne dans une power-pop des plus classiques, sinon convenue. Même constant sur "Take me home", effarant de naïveté punk rock post-adolescente... on se croirait chez Green Day. On nage en pleine hallucination. Heureusement, "Still in high school" vient un peu donner d'énergie à l'ensemble quand "Let's get undressed" reste affreusement mollasson. Aurait-on castré musicalement le père Danko ? La question reste posée, d'autant que ni "King of magazines", ni "Forest for the trees" ne parviennent à tirer leur épingle du jeu. Rien à faire, ça reste très quelconque, sans lignes de guitares inspirés, ni mélodies enthousiasmantes à l'inverse par exemple du dernier Foo Fighters. Si "Something better" parvient à convaincre un peu plus, que dire d'un "Your tears, my smile" (déjà rien qu'à voir le titre, on a fait le tour de la question) ? Danko Jones a-t-il cédé définitivement aux sirènes du tout commercial pour passer en radio ? Etrange d'autant que le groupe est resté fidèle au label suédois Bad Taste Records, lequel n'a pas grand chose à voir avec une major. Alors on se prend à espérer, à tenter de trouver un peu plus d'intérêt sur les deux derniers titres de l'album : "Ravenous" puis l'éponyme et honorable "Never too loud", la mauvaise blague se prolonge jusqu'au bout ou presque et on s'ennuie toujours ferme. Souviens toi Danko que les meilleures sont souvent les plus courtes...