DangerMouse Affilié au mouvement hip-hop indé, le new-yorkais Brian Burton, plus connu sous le pseudo de DangerMouse, a commencé par travailler avec quelques grands noms du genre (Jay-Z notamment) avant de s'ouvrir à d'autres horizons et de collaborer d'abord avec Damon Albarn pour Gorillaz puis des groupes de rock pur et dur tels que les Black Keys avant d'entamer une fructueuse collaboration avec Mark Linkous aka Sparklehorse, un peu à l'image de l'association artistique que constitue le duo Mike Patton / Dan the Automator (Lovage, Peeping Tom, Crudo...).

DJ à ses débuts, DangerMouse sort l'album Ghetto pop life avec le rappeur Jemini, mais se fait notamment connaître en étant au centre d'une polémique l'opposant à EMI lorsqu'il produit en 2004 The Grey Album. Son tort ? Le disque est un "mashup" (procédé qui consiste en l'association, dans un même morceau, de deux ou plusieurs titres existants) du White Album des Beatles et du Black Album du rappeur Jay-Z, ce sans l'autorisation de la major. Les représentants de la multinationale exigent alors le retrait pur et simple du disque... qui se retrouve sur le net. Le résultat est sans équivoque puisque, provocation ultime, le disque est téléchargé illégalement des centaines de milliers de fois et permet au producteur d'être repéré par Damon Albarn (Blur). Ce-dernier après s'être offert les services de Dan the Automator pour le premier album de Gorillaz veut confier le second (Demon Days) à l'ennemi intime d'EMI. Résultat : comme prévu, le disque est un carton. Par la suite, DangerMouse forme DangerDoom avec MF Doom. Le duo hip-hop alternatif sort l'album The Mouse And The Mask en 2005 puis le maxi Occult hymn l'année suivante, mais Brian Burton enchaîne déjà avec le projet Gnarls Barkley (avec le rappeur Cee-Lo Green). A deux, ils composent notamment le tube planétaire "Crazy" qui inondera les ondes radio et fait exploser les ventes de l'album St Elsewhere (2006, Atlantic/Downtown Records). Deux ans plus tard, la paire récidivera avec The odd couple sans pour autant connaître le même succès.

Au fil des productions, DangerMouse façonne sa griffe musicale, très percussive et marqué par un son assez brut qui trouve son écho autant dans un registre rock que hip-hop. En 2006, alors que beaucoup s'attendent à le voir creuser le sillon des productions hip-hop toujours plus grand public (suite au succès de Gnarls Barkley notamment), Burton surprend son monde en débutant une collaboration a priori assez incongrue avec Mark Linkous, le songwriter un peu autiste de Sparklehorse. Le producteur s'occupe alors de quelques uns des titres qui composent Dreamt for light years in the belly of a mountain avant de produire l'album Pieces of the people we love de The Rapture et d'enchaîner avec le nouveau bébé de Damon Albarn (The Good, The Bad and The Queen). Si le succès n'est pas réellement au rendez-vous, les travaux de DangerMouse avec des groupes plus rock attestent de sa capacité à s'adapter à tous les styles. Toujours insaisissable, le producteur new-yorkais collabore en 2008 avec la chanteuse soul/trip-hop/electro Martina Topley-Bird sur son album The blue God avant de se retrouver aux manettes du Attack & Release de The Black Keys. La même année, il produit le nouveau cru de Beck (Modern guilt) avant de retrouver Mark Linkous sur un projet qui dépasse le simple cadre de la musique : Dark night of the soul (conçu et produit avec le concours du cinéaste David Lynch). Quelques semaines plus tard, il sort l'album Joker's daughter enregistré pour et avec l'a chanteuse folk Helena Costas (avec le concours de Mark Linkous, encore lui) avant de s'atteler au nouvel album de The Shins. Septembre 2009, il lance officiellement Broken Bells en duo avec James Mercer de The Shins alors même qu'un premier album est déjà dans la boîte. Celui-ci sort au mois de mars de l'année suivante. [ [us] dangerdoom: MySpace (13 hits)External ]